Lors du référendum sur la destitution du président organisé le 29 juillet dernier, 88 % des voix se sont révélées en faveur de la destitution du président, mais le taux de participation n'a pas atteint le seuil de 50 % requis par la Cour constitutionnelle.
L'Union sociale-libérale (USL) de M. Ponta avait alors fait pression sur la Cour constitutionnelle pour qu'elle affirme que les listes électorales n'avaient pas été mises à jour et que le seuil avait été atteint. Les juges ont décidé, à six contre trois, d'invalider le référendum.
Seuls 46 % des électeurs enregistrés se sont en réalité présentés aux urnes.
Le président de la Cour, Augustin Zegrean, a déclaré, en réponse à une question, que M. Băsescu devrait à présent reprendre ses fonctions.
M. Ponta, dont la coalition contrôle le parlement, a déclaré qu'il respecterait la décision de la Cour.
La cohabitation entre le président de centre-droit et l'USL pourrait toutefois attiser les tensions en amont des élections législatives de novembre qui seront sans doute remportées par la coalition du premier ministre. M. Băsescu a le pouvoir de nommer le premier ministre.
Le pays doit se concentrer sur ses mesures d'austérité pour continuer à bénéficier d'un programme de 5 milliards d'euros accordé par le Fonds monétaire international, a précisé Reuters.
Les experts ont expliqué que la bataille entre MM. Ponta et Băsescu reflétait une lutte plus âpre pour le pouvoir et le contrôle du système judiciaire dans ce pays secoué par la corruption. Dix-neuf membres de la coalition parlementaire de l'USL font d'ailleurs l'objet d'une enquête.
Le Parti populaire européen de centre-droit au Parlement européen a demandé aux autorités roumaines de respecter la décision de la Cour constitutionnelle.
« Le peuple roumain a besoin d'un pouvoir politique responsable qui se concentre sur les réformes et le développement du pays et non pas sur les agendas politiques personnels des leaders socialistes et libéraux », a déclaré Joseph Daul, le président du groupe PPE.
Crin Antonescu, qui dirige le Parti libéral roumain (PNL) et fait partie de la coalition au pouvoir, occupait le poste de président intérimaire en attendant la décision de la Cour et devrait donc démissionner.
M. Antonescu a toutefois tenu des propos quelque peu déroutants.
« Pour nous, Traian Băsescu n'est plus président. Il est le président de la Roumanie sur le plan juridique. Mais la décision de la Cour constitutionnelle n'est pas juste », a-t-il déclaré.




