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La France du « non » au ministère des affaires étrangères

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Publié 18 mai 2012

Jean-Marc Ayrault, le nouveau premier ministre français, a nommé Laurent Fabius, l'homme qui a mené l'opposition socialiste contre la constitution européenne, à la tête du ministère des affaires étrangères. Bernard Cazeneuve sera quant à lui en charge des affaires européennes. Un reportage d'EurActiv France.

Laurent Fabius était l'opposant principal de François Hollande en 2005 lors du référendum sur le projet de constitution européenne. Il sera secondé par l'un de ses proches, le député-maire de Cherbourg, Bernard Cazeneuve, nommé ministre délégué aux affaires européennes.

Outre la constitution, les deux hommes ont voté contre le traité de Lisbonne de réforme des institutions européennes en 2007. De nombreuses rumeurs ont circulé sur le futur locataire du Quai d'Orsay.

L'idée, émise par l'ancien ministre des affaires européennes, ami proche de François Hollande, Jean-Pierre Jouyet, de créer un grand pôle des affaires européennes piloté par Martine Aubry, directement sous la houlette du premier ministre, a un temps été évoquée. Cette option n'a toutefois pas été retenue.

M. Fabius est un vétéran de la politique française. Elu pour la première fois député de Seine-Maritime en 1978, il a été ministre du budget et de la recherche puis le plus jeune premier ministre de la Ve République de 1986 à 1988.

« Une Europe plus solidaire »

Ancien président de l'Assemblée nationale, il a fait au même moment un bref passage au Parlement européen. Dans le gouvernement Jospin, il a géré l'économie et les finances lors du passage de la France à l'euro.

Lors de la campagne référendaire sur le projet de constitution européenne, il a provoqué une crise interne au PS en refusant de suivre la ligne du parti définie par François Hollande suite au vote des militants en faveur du oui. Il réclamait à l'époque une « constitution plus sociale, plus humaine » et la mise en place d'une « Europe puissante et solidaire ».

Cela ne l'empêchera toutefois pas, au cours de ses différents mandats ministériels, d'engager des réformes d'inspiration libérale, comme la privatisation des autoroutes ou l'ouverture de la concurrence des services postaux. En 2005, 55 % des Français s'étaient opposés au projet de constitution européenne. Moins d'un mois plus tard, les Pays-Bas avaient emboîté le pas à la France en rejetant le texte à 61,5 %.

Après le succès du non, Laurent Fabius a affiché ses ambitions présidentielles et s'est présenté aux primaires socialistes de 2007, où il a échoué.

L'Europe à l'Elysée ?

En pleine crise de la zone euro, nombreux sont ceux qui pensent que l'élection d'un socialiste dans la seconde économie de la zone euro pourrait changer la donne dans l'UE. Les socialistes ont cependant défendu la décision de M. Hollande de nommer un ministre des affaires étrangères aux relations ambiguës avec l'Europe.

« Personne ne doute que Laurent Fabius est un homme d'Etat. Un élu de cette envergure saura défendre la France et les intérêts de l'Europe dans le monde. Il ne faut pas caricaturer la position du « non ». Les motivations qui ont conduit à ce vote se sont révélées vraies à l'usage », a déclaré l'eurodéputée socialiste Estelle Grelier, également proche de M. Fabius.

Les deux nouveaux ministres ne seront pas les seuls à piloter les affaires européennes. L'essentiel de la politique européenne de la France se décide aujourd'hui à l'Elysée, où Philippe Léglise-Costa, pro-européen et rompu aux négociations bruxelloises, occupe le poste de Monsieur Europe.

Ce polytechnicien de formation a jonglé entre Paris et Bruxelles tout au long de sa carrière. En charge des affaires extérieures à la représentation de la France à Bruxelles en 1995, il est entré en 1999 au cabinet d'Hubert Védrine, le ministre des affaires étrangères de l'époque.

Après un passage à New York, il a travaillé comme directeur adjoint des affaires économiques et financières du Quai d'Orsay en 2006. L'année suivante, il a été nommé directeur de cabinet de Jean-Pierre Jouyet, alors secrétaire d'Etat aux affaires européennes. Après avoir recruté les conseillers du nouveau ministre, il a quitté le Quai en 2008 pour devenir numéro deux de la représentation permanente de la France à Bruxelles.

Pendant la présidence française de l'UE, il a manœuvré avec énergie pour trouver un compromis sur le paquet énergie-climat défendu par la France. Il est arrivé à ses fins, puisque l'accord a été arraché après une ultime négociation avec les Polonais.

Alexis Dutertre, ancien conseiller d'Alain Juppé, remplacera M. Léglise-Costa à la représentation française à Bruxelles.

EurActiv.com avec EurActiv France
Contexte : 

Le nouveau gouvernement français de gauche a commencé à travailler mardi en promettant de combattre les mesures d'austérité excessives et de mieux gérer les finances publiques, en commençant par réduire de 30 % le salaire du président, François Hollande, et de tous les ministres.

Cette réduction salariale a été approuvée lors de la première réunion des 34 ministres, un jour après que le gouvernement allemand a accordé une hausse de salaire à ses ministres et à la chancelière, Angela Merkel, dont la paie dépassera celle de M. Hollande.

Pierre Moscovici, le nouveau ministre français des finances, a donné le ton : il a rappelé que M. Hollande souhaitait que Berlin et les autres capitales de la zone euro retravaillent le pacte budgétaire conclu en mars, dans le but d'y ajouter des mesures axées sur la croissance en plus des engagements envers la réduction du déficit.

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