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La Lituanie bascule à gauche et abandonne le projet de centrale nucléaire

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Publié 15 octobre 2012

Le Parti du travail de Victor Uspaskich, un millionnaire d’origine russe, a remporté les élections législatives en Lituanie. Son parti se prépare à former un gouvernement avec le parti social démocrate d’Algirdas Butkevicius, deuxième d’une élection durant laquelle les électeurs ont rejeté un projet d’une centrale nucléaire.

Les premiers résultats du premier tour de l'élection de dimanche ont indiqué que le Parti du travail a remporté 19,8 % et le parti social-démocrate de centre gauche 17,8 %. Le parti conservateur Homeland du premier ministre sortant, Andrius Kubilius, a obtenu 16,7 % et son allié, le Mouvement libéral, 8,5 %.

Les sondages ont révélé que M. Kubilius était sur le point de perdre les élections. Son gouvernement est entré en fonction à la fin de l'année 2008. Il a été contraint d'augmenter les impôts et de réduire les dépenses pour éviter que le petit État balte ne se retrouve en cessation de paiement.

Viktor Uspaskich est un personnage controversé. Il a déjà fait l’objet d’enquêtes judiciaires, ce qui compromet fortement ses chances de devenir premier ministre. En 2004, il a remporté les élections législatives dans son pays et il est devenu ministre de l'économie. Son parti a également obtenu le plus de voix lors des élections européennes en 2004, remportant 5 des 13 sièges accordés à la Lituanie.

M. Uspaskich est actuellement député du Parlement européen (Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe). Il a donc ainsi évité l'extradition demandée par le gouvernement.

Selon des experts cités dans la Lithuania Tribune, il est probable que le futur gouvernement de coalition comprenne le Parti du travail, le Parti social-démocrate et le Parti Ordre et justice, un groupe de centre droit dirigé par Rolandas Paksas qui a remporté 9,74 % des votes.

M. Butkevicius est donc largement pressenti pour devenir premier ministre après le second tour des élections législatives le 28 octobre et après la finalisation des discussions pour un gouvernement de coalition.

En Lituanie, le parlement compte 141 membres, dont 71 sont élus dans des circonscriptions uninominales et 70 par représentation proportionnelle.

Contre Visaginas ?

Le taux de participation était de 50,1 % avant la fermeture des bureaux de vote, juste au-dessus du seuil minimal de 50 % pour que les élections soient valides. Il reste à déterminer si le seuil des 50 % a été atteint pour le référendum consultatif sur la construction d'une nouvelle centrale nucléaire, organisé en même temps que les élections législatives. Il est toutefois certain qu'une majorité des participants a rejeté la construction de Visaginas, une nouvelle centrale nucléaire, pour remplacer Ignalina, la centrale soviétique fermée en 2009. Quelque 62,7 % des électeurs étaient contre la construction de la centrale nucléaire, selon Reuters.

Ce matin, les dirigeants des deux partis en tête des élections ont toutefois tenu des déclarations nuancées quant à l'avenir de Visaginas (voir « réactions »).

Le gouvernement de centre droit sortant avait des projets ambitieux pour réduire la dépendance énergétique du pays envers la Russie. En parallèle avec la construction de Visaginas, une nouvelle centrale nucléaire sur le site d'Ignalina, le gouvernement a prévu la construction d'un terminal GNL flottant lorsque le contrat actuel à long terme entre la Lituanie et Gazprom expirera. Un accord a récemment été signé avec l'autorité portuaire de Klaipeda et les gazoducs de transmission devraient être opérationnels d'ici fin 2013.

Les sociaux-démocrates, qui s'opposent à Visaginas, n'ont pas d'objection majeure quant au terminal GNL. Ils soutiennent toutefois qu'il devrait être construit comme projet régional avec la Lettonie et l'Estonie.

Conséquences pour la présidence du Conseil de l'UE

Le 14 octobre 2011, les partis représentés au parlement avaient signé un pacte, garantissant une certaine continuité dans la préparation de la présidence lituanienne du Conseil de l'UE au second semestre de 2013.

Il s'agit de la première présidence du Conseil pour la Lituanie qui a rejoint l'UE en 2004.

Les partis politiques ont accepté d'adhérer à un programme d'action interinstitutionnel pour la préparation de la présidence, préparé par le gouvernement sortant. Ils ont également consenti à coopérer avec les autres membres de la troïka présidentielle : l'Irlande au premier semestre de 2013 et la Grèce au premier semestre de 2014.

Réactions : 

Algirdas Butkevicius, le dirigeant du Parti social-démocrate de la Lituanie a déclaré aujourd'hui (15 octobre) qu'il n'avait pas l'intention de prendre des décisions précipitées sur le projet de la centrale nucléaire Visaginas, promettant de poursuivre les négociations avec les partenaires du projet. « Nous sommes en effet des personnes rationnelles et nous discuterons sans prendre de décision précipitée », a-t-il déclaré aux journalistes, cité par Reuters.

M. Butkevicius a déclaré que les trois partis participant à la formation d’un gouvernement de coalition n'avaient pas encore discuté du destin du projet Visaginas. Butkevicius a en outre promis personnellement de poursuivre les consultations avec la Lettonie, l'Estonie et l'investisseur stratégique du Japon, Hitachi.

Pour sa part, Viktor Uspaskich, le dirigeant du Parti du travail, qui remporte les élections législatives jusqu'à présent, a déclaré que la Lituanie sera en mesure d'organiser un autre référendum sur la nouvelle centrale nucléaire dans quelques années, lorsque le prix de la construction d'une nouvelle installation nucléaire sera connu. « Lorsqu'il y a un projet et que de nombreuses questions auront trouvé une réponse, nous pourrons redemander l'avis de la population dans quelques années », a déclaré aujourd'hui (15 octobre) le dirigeant du Parti du travail lors d'une conférence de presse.

Conjointement avec les élections législatives de dimanche, la Lituanie a organisé un référendum non contraignant sur la centrale nucléaire Visaginas. Quelque 62,7 % des électeurs étaient contre la construction de la centrale nucléaire, selon Reuters.

Prochaines étapes : 
  • 28 oct. : second tour des élections présidentielles.
  • 4 nov. : les résultats officiels devraient être annoncés.
EurActiv.com - Article traduit de l'anglais
Contexte : 

La Lituanie dépend de la Russie pour 80 % de son approvisionnement énergétique depuis la fermeture de la centrale nucléaire d'Ignalina en 2009. Cette ancienne république soviétique se considère comme vulnérable en raison de cette dépendance.

En 1992, lors d'un sommet du G7, il a été décidé que la centrale d'Ignalina, quatre unités de la centrale nucléaire de Kozloduy en Bulgarie et la centrale de Bohunice en Slovaquie devraient être fermées en raison du danger qu'elles représentaient. Toutes ces unités nucléaires sont aujourd'hui fermées, la dernière ayant été la seconde unité de la centrale d'Ignalina en décembre 2009.

La fermeture de ces centrales nucléaires a été négociée dans le cadre des traités d'adhésion de ces trois pays. Étant donné que cette fermeture prématurée représente un fardeau important, l'Union européenne leur apporte une aide financière. 

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