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Le résultat des élections aux Pays-Bas demeure incertain

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Publié 12 septembre 2012

Le premier ministre intérimaire Mark Rutte, du parti libéral VVD, et le leader du Parti du travail (PvdA), Diederik Samsom, sont au coude à coude en amont du scrutin qui se tiendra aujourd'hui. C'est du moins ce que révèlent les derniers sondages.

Les sondages prévoient que le VVD et le PvdA obtiendront environ 35 sièges au parlement qui en compte 150, ce qui rendrait inévitable une coalition rassemblant les deux partis.

MM. Rutte et Samsom ont tous deux affirmé qu'il leur serait difficile de travailler ensemble à l'issue du scrutin, mais d'autres partis ont laissé entendre que les deux leaders avaient déjà conclu un accord.

« Nous n'avons pas conclu d'accord, il existe de nombreuses autres options pour lesquelles nous ne devrions pas cohabiter au sein du gouvernement », a déclaré M. Samsom lors d'un débat télévisé avec M. Rutte lundi soir.

M. Rutte a lui aussi qualifié ces rumeurs d'infondées.

MM. Samsom et Rutte ont trouvé un terrain d'entente sur l'euro et les affaires internationales, par exemple, mais ils demeurent divisés sur l'immigration, l'aide sociale et le marché du logement.

En amont du jour du scrutin, les débats télévisés se sont concentrés sur l'économie, les affaires européennes, l'euro et les soins de santé.

Lors de ces débats, M. Rutte n'a pas hésité à se prononcer contre un troisième renflouement de la Grèce. M. Samsom a quant à lui insisté sur le fait que la Grèce pourrait avoir besoin de plus de temps et d'argent pour mener à bien ses réformes.

Les débats électoraux en direct sur les chaînes néerlandaises ont rassemblé plus d'un million de téléspectateurs, ce qui les propulse en haut de la liste des programmes les plus populaires.

Les électeurs dans le doute

A la veille des élections, 27 % des électeurs néerlandais se disaient indécis, ce qui pourrait laisser présager un résultat-surprise.

Selon l'un de ces électeurs indécis, une représentante commerciale de 25 ans, Rosalie Koerts, ces élections devront sortir le pays de la débâcle économique. Pour le moment, elle hésite entre quatre ou cinq partis et elle utilise un outil en ligne pour comparer leur programme.

Un autre électeur néerlandais qui travaille à Keesing, Paul Mulder, a expliqué que malgré l'accent placé sur les campagnes électorales, il n'était pas satisfait de la manière dont les médias néerlandais couvraient le scrutin. Il s'est dit particulièrement déçu des débats télévisés.

« Les émissions recherchent des déclarations-chocs, des débats brefs et animés, des points de rupture, ce qui laisse peu de place à la profondeur et aux détails », a-t-il affirmé à EurActiv.

Il a indiqué qu'il voterait pour un parti qui proposerait des solutions pour la croissance économique européenne et néerlandaise, l'intégration européenne, les lacunes financières et les questions d'ordre national, comme le marché du logement, l'enseignement, l'environnement et les soins de santé.

Depuis la Seconde Guerre mondiale, la formation d'un gouvernement aux Pays-Bas peut prendre plus de trois mois. Cela ne signifie toutefois pas que le pays n'est pas capable d'aller de l'avant, a expliqué un analyste.

« La presse étrangère se borne à penser que les Pays-Bas ont besoin d'un gouvernement qui agisse sur le plan européen », a affirmé à EurActiv Hans Vollaard, professeur assistant à l'institut des sciences politiques de l'université de Leyde.

« Un nouveau gouvernement aura plus de facilité à le faire, mais ces deux dernières années ont montré que les partis de la coalition pouvaient conclure des accords, notamment sur les questions européennes, dont il existe une certaine flexibilité sur les affaires européennes au parlement néerlandais », a-t-il ajouté.

Réactions : 

Gladys Coenen, étudiante et électrice néerlandaise, a déclaré :

« En tant qu'étudiante, il me semble important que l'enseignement ne fasse pas les frais de leurs politiques. Aux Pays-Bas, nous bénéficions d'un financement mensuel pour payer nos études. Mais ils veulent transformer ce programme en un système de prêts. Cela signifierait que la plupart des étudiants ne pourraient plus payer leurs études et que seule l'élite pourrait continuer à bénéficier de l'enseignement. Je lis que la plupart des partis souhaitent transformer le système de bourses, inclus dans notre financement étudiant actuel, en un prêt. »

« Les étudiants avec des parents à faibles revenus pourraient toujours bénéficier d'une bourse supplémentaire incluse dans le financement étudiant. C'est possible, mais j'ai bien peur que ce ne soit que le début. Ils continueront de s'en prendre à l'enseignement après le scrutin jusqu'à ce qu'on ne puisse plus se permettre d'étudier », a-t-elle ajouté.

Le groupe de réflexion britannique eurosceptique Open Europe, proche du Parti conservateur, a déclaré dans un communiqué :

« Le résultat le plus probable demeure une coalition centriste, pragmatique, ce qui constitue l'option favorisée par Bruxelles et Berlin. Les élections néerlandaises ne devraient donc pas modifier radicalement la dynamique politique de la crise de la zone euro. Le pays continuera sans doute à s'opposer à des renflouements supplémentaires pour la Grèce ou au renforcement des fonds de sauvetage de la zone euro, tout en restant un fervent partisan de l'austérité dans les économies en difficulté de la zone euro. »

« Sur le moyen et le long terme, cependant, les Pays-Bas pourraient bien se révéler un partenaire européen plus sûr de lui et complexe. Alors que des décisions sont à venir sur la mutualisation de la dette et le renforcement des pouvoirs de l'UE sur les budgets nationaux (y compris celui des Pays-Bas), l'opinion publique néerlandaise et les partis plus ou moins critiques envers l'Union, comme les socialistes et le PVV, pourraient placer le pays sur la voie du scepticisme. »

Prochaines étapes : 
  • 12 septembre 2012 : élections aux Pays-Bas.
Henriette Jacobsen - traduit de l'anglais par Amandine Gillet
Le leader travailliste Diederik Samsom et le premier ministre néerlandais Mark Rutte
Contexte : 

Le gouvernement de coalition du premier ministre, Mark Rutte, s'est effondré en avril dernier suite à des propositions de coupes budgétaires.

La controverse concernait surtout une réduction du déficit de l'ordre de 1,6 % du PIB exigée par l'UE qui aurait entraîné de réductions substantielles des dépenses pour la santé et les retraites.

En récession depuis juillet 2011, les Pays-Bas sont devenus l'un des plus mauvais élèves de la zone euro. Leur économie devrait se contracter de 0,9 % cette année, tandis que les autres pays jouissant d'une note triple A (Allemagne, Finlande et Luxembourg) devraient continuer de croître modérément.

Des élections anticipées auront lieu le 12 septembre.

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