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Le résultat des élections en Pologne, une « bonne nouvelle » pour la présidence de l'UE

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Publié 10 octobre 2011

Donald Tusk a remporté les élections législatives hier (9 octobre) dans son pays. Il devrait devenir le premier ministre polonais à enchaîner deux mandats depuis la chute du communisme en 1989. Le résultat de ces élections est une « bonne nouvelle » pour la présidence polonaise de l'UE, ont affirmé des analystes à EurActiv.

Selon les premiers résultats, le parti de centre-droit de M. Tusk, Plateforme civique (PO), a remporté près de 40 % des suffrages, un résultat qui le place loin devant son principal concurrent, Jarosław Kaczyński et son parti Droit et justice (PiS) qui n'a obtenu qu'un peu plus de 30 %.

Les projections fondées sur ces résultats préliminaires ont montré que le PO et son partenaire de coalition favori, le Parti paysan polonais (PSL) pourraient disposer de suffisamment de sièges pour remporter la majorité à la chambre basse du parlement, la Sejm.

Le dirigeant du PSL, Waldemar Pawlak, qui a remporté 8,2 % des suffrages, a fait savoir qu'il était prêt à créer une nouvelle coalition avec M. Tusk. M. Pawlak occupe le poste de vice-premier ministre et de ministre de l'économie dans l'actuel gouvernement.

L'agence de presse nationale PAP a cité un éminent homme politique du PO, qui affirme que M. Tusk et M. Pawlak pourraient manquer de sièges pour former une majorité au parlement et que le PO pourrait donc inviter l'Alliance de la gauche démocratique (SLD) dans cette nouvelle coalition. Le parti social-démocrate SLD a remporté 7,7 % des suffrages selon les sondages menés à la sortie des urnes, un score étonnamment peu élevé.

Les analystes affirment que la plus grosse surprise a été la montée d'un nouveau parti, le Mouvement Palikot (Ruch Palikota), qui a fait campagne contre le dogme de l'Eglise catholique. Son fondateur, Janusz Palikot, un riche homme d'affaires, soutient des causes telles que les droits des homosexuels et la légalisation des drogues douces, touchant ainsi une corde sensible chez les jeunes. Le Mouvement Palikot, qui s'est enregistré en tant que parti le 1er juin, a fait un score de 10,1 % et sera représenté au parlement.

Le taux de participation au scrutin a été particulièrement bas, avec 47 %, soit 20 % de moins que lors des élections de 2007.

Anna Pacześniak, politologue au Polish institute for International Relations à l'université de Varsovie, a déclaré à EurActiv qu'elle ne pensait pas que le PO chercherait à former une coalition avec les socio-démocrates. Elle a qualifié la défaite du SLD de « catastrophique » et a souligné que de nombreux électeurs de gauche avaient accordé leur voix à M. Palikot.

Elle a affirmé que M. Palikot ne souhaitait pas former une coalition avec le PO, mais qu'il avait déclaré que si une coalition menée par le PO avait besoin d'aide au parlement, il lui apporterait son soutien.

Selon Mme Pacześniak, la défaite du PiS est moins catastrophique, dans la mesure où le parti n'a perdu que 1 % par rapport à son résultat lors des élections de 2007. Elle a affirmé que le PiS eurosceptique avait atteint son principal objectif en montrant à la société polonaise qu'un tiers des citoyens souhaitait un avenir différent pour la Pologne.

Le président polonais, Bronisław Komorowski, ancien président de la chambre basse du parlement dans les rangs du PO, devrait demander à M. Tusk de former un gouvernement. Il doit toutefois d'abord attendre les résultats officiels des élections, prévus pour mardi soir.

« J'espère qu'il sera possible de réduire au maximum le temps nécessaire pour la formation du gouvernement », a déclaré M. Komorowski dimanche soir, cité par Reuters.

Selon Mme Pacześniak, M. Tusk gardera sans doute la plupart des ministres du gouvernement sortant, ce qui serait également très bénéfique pour l'actuelle présidence polonaise de l'UE.

« Ces élections sont une bonne nouvelle pour la présidence polonaise, elles montrent que tout continuera à fonctionner normalement », a-t-elle avancé.

Le résultat de ces élections est un triomphe personnel pour M. Tusk, un conservateur libéral pragmatique originaire des environs de Gdansk, sur la côte polonaise de la mer baltique. Il est connu comme un fervent défenseur de la méthode communautaire dans les affaires européennes et se bat contre ce qu'il appelle la « nouvelle vague d'euroscepticisme » dans l'Union.

Réactions : 

L'eurodéputé français et leader du Parti populaire européen, Joseph Daul, a déclaré dans un communiqué de presse : « J'adresse mes sincères félicitations au Premier Ministre Donald Tusk ainsi qu'aux deux partis de la coalition au pouvoir - la Plateforme civique et le Parti populaire polonais, pour leur succès historique aux élections législatives et leur reconduction pour un second mandat ».

« Pour la première fois dans l'histoire démocratique de la Pologne, le parti au pouvoir a remporté une nouvelle fois les élections législatives. Les électeurs polonais ont choisi de récompenser le gouvernement pour ses réalisations. Ce succès est particulièrement important en ces temps difficiles de crise économique en Europe », a-t-il ajouté.

EurActiv.com - Article traduit de l'anglais par Amandine Gillet
Contexte : 

La Pologne a pris les rênes de la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne le 1er juillet 2011. Il s'agit de la première présidence polonaise, le pays ayant rejoint l'UE en 2004 en tant que plus grand pays de cette vague d'élargissement. La Pologne fait à présent partie des « six grands » pays de l'UE.

La présidence tournante polonaise relève le défi « enthousiasmant » de contrer une nouvelle vague d’euroscepticisme et de convaincre les autres membres de l’Union que l'Europe est un très beau projet, a affirmé Donald Tusk, le premier ministre du pays lors du premier jour de sa présidence.

L'« euro-optimisme » polonais semble alimenté par un développement économique stable et un taux de croissance du PIB proche des 3,5 %. Cette croissance a donné lieu à une augmentation du pouvoir d'achat et à des salaires mensuels moyens de 1 000 euros, un montant bien plus élevé qu'avant l'adhésion du pays à l'UE en 2004.Quatre-vingts pour cent des Polonais ont une opinion positive sur l'adhésion de leur pays à l’UE, ce qui est « un record absolu », a déclaré M. Tusk.

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