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Les responsables politiques belges entament la « bataille pour Bruxelles »

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Publié 05 avril 2011

En l'absence de solution pour réformer l'Etat belge et instaurer un nouveau gouvernement, les politiciens francophones semblent se tourner vers un plan B : préparer le terrain pour une future « fédération » qui regrouperait la Wallonie et Bruxelles. Les nationalistes flamands ont immédiatement dénoncé une « provocation ».

La communauté française de Belgique adoptera l'appellation « Fédération Wallonie-Bruxelles ». C'est ce qui a résulté d'un débat qui s'est tenu au parlement wallon à Namur. 

Cette décision, qui n'a pas été promulguée au niveau fédéral, a été annoncée hier (4 avril) par Rudy Demotte, ministre-président des Gouvernements de la Communauté française et de Wallonie, et par les représentants des quatre plus grands partis francophones du pays, à savoir les socialistes (PS), les libéraux (MR), le centre-droit (CDH) et les verts (Ecolo).

« Par ce biais, les quatre partis francophones affirment haut et fort que pour eux la Région de Bruxelles-Capitale n’est et ne sera jamais aliénable à une autre entité », a déclaré M. Demotte.

M. Demotte a ainsi signifié que la décision, qui était dans l’air depuis un moment, avait été prise au moment où le ministre-président flamand Kris Peeters voulait maintenir Bruxelles dans un statut de sous-Région.

L'Etat belge fédéral comprend trois régions : la région flamande au nord, la région wallonne au sud et la région de Bruxelles-Capitale au centre qui se trouve sur le territoire flamand. 

Bruxelles, cependant, est une ville majoritairement francophone et les conflits sur la réforme de l'Etat concernent surtout le statut de cette région qui est aujourd'hui officiellement bilingue mais dirigée dans les faits par les deux autres grandes régions.

La Communauté française Wallonie-Bruxelles existe déjà. Mais une « Fédération Wallonie-Bruxelles » signifierait que la Wallonie refuse que Bruxelles soit cogérée par la Flandre, écrit un journaliste de la RTBF, une chaîne télévisée publique.

Réaction flamande contradictoire

La réaction flamande semble contradictoire. Kris Peeters, ministre-président de la Flandre qui vient du parti de centre-droit CD&V, a déclaré que le changement de nom de « communauté » à « fédération » était une décision que le parlement de la communauté française avait le droit de prendre.

Cependant, Ben Weyts, député flamand de la N-VA, un parti séparatiste, a qualifié ce projet de « provocation », et a prévenu que son parti politique ne tomberait « pas dans le piège ».

M. Wayts a également affirmé qu'il s'agissait d'une « étrange » façon d'agir quand on veutconvaincre les Flamands de s'asseoir à la table des négociations pour sortir le pays de l'impasse.

Il y a quelques jours, Olivier Maingain, le nationaliste francophone le plus connu qui fait parti du MR, un parti libéral, a dévoilé un projet intitulé « L'avenir commun de la Wallonie et de Bruxelles ».

Selon ce projet, un parlement commun serait mis en place pour les deux entités, avec un gouvernement composé de 12 ministres : huit wallons, deux bruxellois, un germanophone et un néerlandophone sans droit de veto.

Contexte : 

La Nouvelle Alliance Flamande (N-VA), un parti nationaliste, s'est assurée une victoire écrasante dans la partie néerlandophone de la Belgique lors des élections nationales du 13 juin, ouvrant la voie à une délégation de pouvoirs supplémentaire aux régions, dans le pays où se trouvent les institutions européennes.

La montée des nationalistes flamands a été de pair avec une large victoire pour le parti socialiste wallon. Ces partis devront maintenant mener les discussions sur la formation d’un gouvernement de coalition.

Des élections anticipées ont eu lieuaprès que le parti libéral flamand Open-VLD a décidé de quitter le gouvernement, à la suite de désaccords opposant les partis flamands et francophones sur les circonscriptions électorales entourant la capitale, Bruxelles. (EurActiv 27/04/10).

Le Roi Albert II a demandé au premier ministre Yves Leterme de rester en fonction jusqu’à ce qu’un nouveau gouvernement soit formé.

Malgré cette crise politique majeure, la Belgique a plutôt bien assumé la présidence tournante de l'UE au cours du second semestre de 2010.

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