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La limousine du SPD s’invite dans la campagne électorale allemande [FR]

Publié 31 juillet 2009
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La campagne pour les élections nationales de septembre en Allemagne n’a pas encore commencé officiellement, mais l’indignation publique qui fait rage depuis le vol de la limousine d’une ministre en vacances en Espagne a déjà causé des dommages conséquents au Parti Social Démocrate. Un reportage d’EurActiv Allemagne. 

Ce sont des criminels inconnus en Espagne qui ont eu jusqu’ici l’impact le plus important sur la bataille préélectorale en Allemagne.

Cela n’est pas le fait d’un complot astucieux des stratèges des partis conservateur ou libéral. Et ce n’est pas non plus le résultat d’un plan d’ensemble des Verts ou du parti Die Linke d’extrême gauche.

La grosse surprise fut la révélation que la ministre sociale démocrate de la Santé Ulla Schmidt avait pris sa limousine gouvernementale officielle et son chauffeur pour ses vacances en Espagne.

Le SPD a par la suite décidé d’exclure Ulla Schmidt de leur campagne électorale, même si elle était en théorie autorisée à utiliser la voiture et le chauffeur pour à la fois ses affaires officielles et ses voyages personnels.

Mais d’un point de vue moral, les Allemands estiment qu’il était inapproprié pour la ministre d’aller en avion en Espagne tout en envoyant séparément une Mercedes à 5 000 kilomètres au sud et de garder le chauffeur au travail pour deux semaines, qui ont été payées en heures supplémentaires.

De plus, Mme Schmidt n’a réussi à convaincre personne que les deux rendez vous officiels qu’elle avait en Espagne lors de ses vacances  - qui étaient apparemment d’importance toute relative – pouvaient servir d’excuse pour l’utilisation de sa voiture officielle.

« Ulla Classe-S »

Les journaux ont surnommé Mme Schmidt « Ulla Classe-S » en référence au modèle de Mercedes qui a disparu en Espagne. La nouvelle a embarrassé les sociaux démocrates, qui se sont efforcés de se présenter comme un meilleur choix pour sortir le pays des crises économique et financière.

Alors qu’il reste deux mois avant les élections, le SPD est crédité d’un petit 23 % d’intentions de vote dans des récents sondages d’opinion.

Pour leur part, les conservateurs de la CDU/CSU font la course en tête, avec 38 %. Les libéraux du FDP obtiendraient 13 %, les Verts 12 % et Die Linke d’extrême gauche 9 %.

Un autre problème pour le SPD est que son dirigeant, Frank-Walter Steinmeier, obtient de faibles taux d’opinion favorable en tant que potentiel chancelier – seulement 17 % des Allemands pensent qu’il est capable de gouverner la nation, selon des sondages. Le même sondage crédite Angela Merkel de 58 % d’Allemands souhaitant la voir rester à son poste.

Si ces chiffres sont confirmés aux élections de septembre, les conservateurs et les libéraux pourraient en théorie exclure les socialistes du gouvernement et former une coalition à eux seuls, puisqu’ils recueilleraient 51 % des votes.

Mais la plupart des observateurs politiques estiment que les Conservateurs et les Sociaux Démocrates préféreront continuer leur coopération et former un gouvernement pour quatre ans supplémentaires.

Guttenberg : l’étoile montante de la CSU

D’autre part, le SPD assiste non sans anxiété à l’éclosion d’une nouvelle étoile conservatrice : Karl-Theodor zu Guttenberg, le jeune et nouveau ministre fédéral pour les Affaires économiques.

Au départ, le manque d’expérience de M. Guttenberg semblait offrir une cible parfaite pour les attaques du SPD sur la coalition conservatrice. EN effet, M. Guttenberg a tout juste 37 ans, il est aristocrate et membre du parti très conservateur CSU de Bavière.

Toutefois, au grand dam du SPD, M. Guttenberg est devenu l’homme politique préféré de la grande coalition en seulement quelques mois, dépassant même la chancelière Angela Merkel.

Les positions audacieuses de M.Guttenberg sur les questions actuelles – la crise financière, le paquet de relance économique et le soutien au groupe automobile Opel – lui ont valu des louanges pour leur honnêteté, mais si cela a conduit à certains clashs avec d’autres membres du gouvernement.

Depuis lors, de nombreux observateurs politiques ont admiré son assurance.

Loin de lui offrir des munitions, le facteur Guttenberg pourrait représenter une perturbation de plus dans la stratégie de campagne du SPD. M. Steinmeier a été dans l’obligation de stopper ses attaques politiques agressives contre le jeune homme.

 M. Steinmeier voulait ouvrir sa campagne électorale en avance, afin de prendre le parti de Mme Merkel par surprise. Mais c’est lui qui a été pris par surprise par les développements récents, ont indiqué des analystes.

Entre temps, les voleurs espagnols, examinant peut être l’étendue des dommages qu’ils ont causés, ont décidé de rendre la voiture de manière anonyme. Mais cela pourrait être trop tard pour le parti SPD assiégé.

Réactions : 

Selon Manfred Guellner, PDG de Forsa, un institut d’opinion, les sombres perspectives électorales du SPD ne sont pas temporaires mais bien de long terme. M. Guellner, qui fait lui-même partie du SPD, qualifie la situation de son parti de catastrophique.

S’exprimant auprès de journalistes à Berlin, M. Gueller a déclaré que son parti avait échoué à comprendre le sérieux de la situation politique dans laquelle il se trouve. Il a ajouté que le SPD n’avait pas de réserve de jeunes talents ou de dirigeants charismatiques, et qu’il avait perdu sa tradition d’avoir une base dans les régions urbaines. Dans beaucoup des principales villes, le SPD était à la troisième place, derrière les conservateurs et les verts, a déclaré M. Gueller.

L’analyste a également souligné un problème peut être commun à beaucoup de partis de centre gauche : malgré les crises financières et économiques, les sociaux démocrates bataillent pour trouver des sujets de campagne qui les feraient gagner.

Ils ne peuvent pas profiter du tout de la chute du capitalisme. Les électeurs ne considèrent pas le SPD capable d’avoir de meilleures politiques économiques, a déclaré M. Gueller.

Contexte : 

Le parti de centre gauche SPD peut être considéré comme le perdant des élections européennes du 7 juin en Allemagne. Le parti a obtenu 20,8 % des votes, comparé aux 30,7 % de la CDU de la chancelière Angela Merkel, avec l’autre parti de centre droit CSU à 7,2 %. Les Verts ont obtenu 12,1 %, Die Linke d’extrême gauche 7,5 % et le parti Libéral libre démocratique 11 %.

En comparaison, le SPD avait obtenu 38,5 % des voix aux élections fédérales de 2005, alors que la CDU avait gagné 32,6 %, la CSU 8,2 %, les Verts 5,4 %, le parti de gauche 8 % et le parti libre démocratique 4,7 %. Depuis lors, l’Allemagne a été gouvernée par une grande coalition regroupant la CDU, la CSU et le SPD, qui est dirigée par Mme Merkel.

Lors des élections européennes de cette année, le challenger de Mme Merkel, le ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier (SPD), a fait face à un dilemme : il avait besoin de souligner les différences politiques avec Mme Merkel sans attaquer ses politiques trop ouvertement, puisqu’il fait partie du même gouvernement (EurActiv 26/05/09).

Lors de la campagne pour les élections européennes, les conservateurs de Mme Merkel ont souligné leur opposition à l’adhésion de la Turquie à l’UE (EurActiv 11/05/09), mais ils ont aussi promis un allégement fiscal et souligné leur fiabilité en matière économique. 

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