« La révolution arabe n’est pas contre nous, mais contre les dinosaures arabes, la corruption, l’autoritarisme et les inégalités dans les sociétés arabes » a affirmé Massimo D’Alema en enjoignant à l’UE de ne pas hésiter à prendre une position forte et d’éviter de graves dérives dans soulèvements arabes.
Selon l’homme d’État, également président de la Fondation européenne d’études progressistes (FEPS), l’UE doit explicitement soutenir le processus de démocratisation des pays arabes et établir une politique européenne envers ses voisins méditerranéens, dans « un véritable partenariat pour le développement et la démocratie ».
Il a également insisté sur le fait que Bruxelles devait intervenir dans le conflit israélo-palestinien.
« On ne peut plus accepter la politique aveugle du gouvernement israélien, qui est contre les intérêts d’Israël, mais aussi contre les intérêts de l’Europe », a affirmé l’homme politique italien.
Massimo D’Alema, candidat à la première représentation de l’Union pour les affaires étrangères avant que le poste ne soit attribué à la baronne Ashton, a critiqué le manque d’ambition de l’UE dans la mise en œuvre d’une politique approfondie d’immigration et d’intégration.
« En créant des obstacles à l'immigration légale, le résultat, c’est qu’on a plus de clandestins », a-t-il déclaré, plaidant pour des politiques plus fortes visant à attirer des immigrants plus qualifiés.
Pointant du doigt le manque de cohérence du débat sur l’immigration, Massimo D’Alema a fait remarquer que cette question serait un vrai test pour l’Union européenne, dont il pense qu’elle doit renforcer sa dimension sociale.
« Sur ce point, on mène une politique tout à fait hypocrite : tout le monde reconnaît que nous avons besoin des immigrés, et de l'autre côté, on pousse sur l'opinion publique, pour exciter le racisme », a-t-il déclaré, faisant référence à la position avancée par la Ligue du Nord, membre de la coalition gouvernementale de Silvio Berlusconi, le premier ministre italien.
Évoquant la querelle franco-italienne au sujet de l’arrivée de 25 000 immigrés illégaux tunisiens, Massimo D’Alema a critiqué le gouvernement italien pour sa réaction populiste, ce qui a exacerbé le discours politique et électoral nationaliste dans le pays.
Selon lui, les gouvernements en Europe se sont repliés sur eux-mêmes en réaction à la crise économique et financière, dont ils se remettent encore.
« La difficulté de tout gouvernement européen vis-à-vis de la crise tient aussi à mon avis à l’absence d'une politique européenne » a-t-il ajouté.
« L'Europe c’est seulement des limites, des règles, la stabilité monétaire, le budget, et cela ne suffit pas. Il n’y a pas une stratégie de développement, de croissance, une stratégie européenne d’investissement, ça c’est la faiblesse de la droite », a-t-il affirmé.
Le président du FEPS pressent que les sociaux-démocrates devraient mettre l’accent sur l’UE lors des prochaines élections nationales, qui devrait selon lui être de plus en plus au centre des stratégies politiques de la nouvelle gauche européenne.
Tandis que les gouvernements de droite tentent de revenir à l’État nation, la gauche est restée fidèle à son européanisme et devrait en faire davantage pour le mettre en avant dans ses programmes électoraux à travers le continent, a dit Massimo D’Alema, soutenant que la gauche était entrée dans une nouvelle ère politique.
Pour lire cet entretien dans son intégralité en français, veuillez cliquer ici.




