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Mme Merkel perd du terrain au profit de la gauche [FR]

Publié 31 août 2009
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Le parti de la chancelière allemande Angela Merkel a enregistré des pertes lors des élections régionales allemandes de dimanche (30 août), un revers qui pourrait diminuer ses chances de former le gouvernement de centre droit qu’elle désire, après les élections fédérales du mois prochain.

Dans les Länder de Sarre, à la frontière française, et de Thuringe, dans l’est anciennement communiste, les dirigeants de la CDU au pouvoir depuis une décennie ont vu l’adhésion à leur partie fondre de plus de 10 points par rapport à 2004 et ils pourraient être évincés par des coalitions de gauche.

Les Sociaux-Démocrates ont désormais une aura de gagnant, quelque chose dont ils auront besoin dans les semaines à venir, a expliqué Karl-Rudolf Korte, un analyste politique à l’Université de Duisburg-Essen. Voilà qui pourrait être un tournant dans la campagne électorale.

Les résultats des élections régionales de trois des Länder allemands n’ont pas tous été négatifs pour Mme Merkel.

Lors d’un troisième vote qui s’est déroulé dans l’Etat de Saxe à l’est, la CDU paraît assurée de conserver le pouvoir, probablement dans une coalition avec les Démocrates libres (FDP) pro-entreprises – le même parti avec lequel elle espère former une coalition après le vote fédéral.

Les gains pour le FDP dans ces trois Länder a été un signal positif pour les conservateurs et le manque de soutien appuyé pour le SPD un vrai réconfort. Mais les risques qu’affronte Mme Merkel lors des quatre dernières semaines de campagne sont plus importants.

L’agenda politique en jeu

Toute érosion des niveaux de soutien pourrait mettre en danger ses espoirs de former un gouvernement avec le FPD et pourrait la forcer à réitérer la mise en place d’une grande coalition avec le SPD – le délicat partenariat entre gauche et droite qu’elle dirige depuis 2005.

Cela l’empêcherait de mettre en œuvre certains aspects clefs de son programme politique, notamment des baises d’impôts et l’extension de la durée de vie des centrales nucléaires allemandes.

Dans la Sarre, un petit Etat d’un million de personnes situé dans le coin ouest de l’Allemagne, le SPD semble bien positionné pour prendre le pouvoir dans une coalition à trois avec le parti d’extrême gauche Die Linke (« La Gauche »), et les écologistes Verts, dans ce qui serait le premier partenariat du SPD et de la gauche dans l’ouest du pays.

En Thuringe, une coalition de gauche similaire pourrait être en position pour déboulonner Dieter Althaus, l’un des alliés les plus important de Mme Merkel dans l’Allemagne de l’est, si le SPD et la gauche peuvent résoudre l’épineuse question de savoir qui dirigera le gouvernement d’Etat.

M. Althaus a vu sa popularité chuter après qu’il ait été reconnu coupable d’homicide involontaire : il avait percuté et tué une femme de 41 ans sur une piste de ski en Autriche, le jour de l’An.

Le challenger de Mme Merkel lors des élections fédérales, Frank-Walter Steinmeier, a contre attaqué face à ses critiques et a appelé à un combat acharné lors des dernières semaines de campagne.

J’ai plusieurs fois entendu ces dernières semaines que les élections fédérales étaient terminées. Cette soirée montre que c’est faux, a-t-il dit sous les applaudissements de ses collègues de parti à Berlin.

Toutefois, M. Steinmeier fait face à un défi de taille pour affaiblir la popularité de Mme Merkel. Ses conservateurs devraient saisir toutes les occasions pour mettre en garde les électeurs contre une dangereuse « vague rouge » partout où le SPD et la Gauche entendent s’allier.

La Gauche, menée par le populiste et ancien chef du SPD Oskar Lafontaine, est le descendant direct de l’ancien parti communiste au pouvoir en Allemagne de l’est, qui avait construit le Mur de Berlin.

(EurActiv avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EurActiv).

Réactions : 

Ces résultats montrent qu’il n’existe pas dans le pays de soutien pour une coalition entre les Chrétiens démocrates et les Démocrates libres, a déclaré Frank Walter Steinmeier, le dirigeant des Sociaux démocrates de centre gauche, les principaux rivaux de Mme Merkel.

Ils montrent également que les sondages d’opinions sont devenus des indicateurs peu fiables. Nous allons nous battre pour une victoire sans réserve le 27 septembre, a ajouté M. Steinmeier.

Le dirigeant du Parti des Démocrates libres (FDP) Guido Westerwelle a déclaré que de possibles coalitions ancrées à gauche entre le SPD et le parti de Gauche en Thuringe et en Sarre étaient un coup de semonce pour l’Allemagne.

Ceux qui refusent que les socialistes et les communistes aient encore une fois leur mot à dire doivent se rendre aux urnes au moment des élections fédérales et choisir la classe moyenne en votant pour un FDP fort, a-t-il déclaré dans un communiqué.

Dans l’ensemble, les élections sont un résultat mitigé de différents messages, selon Jan Techau, analyste au Conseil allemand pour les relations extérieures à Berlin.

D’un point de vue psychologique, c’est un mauvais résultat pour Mme Merkel, à peine quatre semaines avant les élections fédérales mais il s’agit juste d’une normalisation après une forte démonstration de force lors des derniers votes dans les Länder. Mais le SPD ne peut pas dire que leur soirée électorale fut fantastique non plus, a déclaré M. Techau, cité par Bloomberg.

Contexte : 

Les élections fédérales en Allemagne pour le renouvellement du Parlement, le Bundestag, se tiendront le 27 septembre, couronnant ce que les Allemands appellent une « superwahljahr » (une super année électorale) avec plus d’une douzaine de scrutins locaux, régionaux et fédéraux.

Plus de 60 millions de personnes seront admises à voter, le plus grand électorat en Europe. 

La moitié des sièges du Parlement sont directement élus, le reste via les listes de parti au moyen de la représentation proportionnelle. 

Le parti ou la coalition de partis avec le plus de sièges élit le chancelier, pour un mandat de quatre ans. 

Les partis politiques doivent obtenir au moins 5  % des votes depuis une loi d’après-guerre, afin d’empêcher les extrémistes d’arriver au pouvoir. 

Les conservateurs de Mme Merkel mènent avec une avance confortable de 12-15 points dans les élections nationales devant leurs principaux adversaires, les sociaux-démocrates de centre gauche (SPD), et une enquête d’opinion de ce week-end a montré que 87 % des Allemands s’attendaient à la voir réaliser un second mandat comme chancelière. 

Mais ses Démocrates Chrétiens (CDU) ont connu un importante baisse de popularité dans les dernières semaines des campagnes de 2002 et de 2005, et les résultats régionaux de dimanche pourraient faire craindre un nouvel effondrement d’avant-élection. 

La participation aux élections générales est traditionnellement élevée. Aux élections du Bundestag de 2005, 77,7 % de l’électorat s'est présenté aux urnes

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