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La nette victoire de Nicolas Sarkozy aux élections présidentielles a rassuré ceux qui espéraient une solution rapide à l'impasse institutionnelle dans laquelle se trouve l'UE. Le nouveau président élu a cependant conjuré l'UE de prêter attention à l'appel des électeurs pour une plus grande protection contre la mondialisation.
Le dirigeant conservateur, Nicolas Sarkozy, a affronté sa rivale socialiste, Ségolène Royal, au deuxième tour des élections présidentielles le 6 mai 2007.
Le premier tour a été marqué par une défaite de l'extrême droite de Jean-Marie Le Pen et l'émergence du centriste François Bayrou, dont les partisans étaient perçus comme les détenteurs de la clé du résultat final.
Nicolas Sarkozy a remporté une large victoire aux élections présidentielles françaises le 6 mai 2007 avec 53% des voix contre 47% pour son adversaire socialiste, Ségolène Royal. Ce deuxième tour a été marqué par un taux de participation record de 85%.
Lors d'un discours prononcé à la suite de la publication officielle des résultats finaux, N. Sarkozy a cherché à se positionner en tant que président de tous les Français, et a adressé ses premiers mots aux "partenaires européens" de la France.
N. Sarkozy a déclaré : "Je veux lancer un appel à nos partenaires européens...pour leur dire...que ce soir la France est de retour en Europe". Mais il a également fait comprendre qu'il se montrerait ferme dans les négociations européennes.
Il a indiqué : "Je conjure nos partenaires européens d’entendre la voix des peuples qui veulent être protégés". "Je les conjure de ne pas rester sourds à la colère des peuples qui perçoivent l'Union Européenne non comme une protection mais comme le cheval de Troie de toutes les menaces que portent en elles les transformations du monde".
Souvent accusé d'atlantisme par ses adversaires, N. Sarkozy a également lancé un appel à ses "amis américains" pour leur faire savoir qu'"ils pouvaient compter sur l'amitié [de la France]". Mais il a ajouté que l'amitié, c’était également accepter que ses amis puissent penser différemment, et qu'une "grande nation comme les Etats-Unis a le devoir de ne pas faire obstacle à la lutte contre le réchauffement climatique".
Le président de la Commission, José Mannuel Barroso a transmis ses félicitations à Nicolas Sarkozy, lui offrant ses voeux de succès dans ses nouvelles fonctions : "Je salue le formidable élan démocratique du peuple français qui s'est porté massivement aux urnes". Ses félicitations se sont également portées vers Ségolène Royal, vaincue, soulignant sa "remarquable campagne" et son "engagement européen".
J. M. Barroso a ajouté : "Cette élection a été très suivie en Europe, parce que la France compte en Europe".
Il a exprimé "toute sa confiance en Nicolas Sarkozy pour qu'il exerce un rôle moteur dans la résolution de la question institutionnelle".
Nicolas Sarkozy est considéré par Bruxelles comme le meilleur candidat capable de conclure rapidement un accord sur la question d'un "mini-traité" faisant suite à la Constitution européenne aujourd'hui dans l'impasse et rejetée par les électeurs français en 2005. Lors d'une réunion à Bruxelles en 2006, Nicolas Sarkozy a déclaré que ce traité soit adopté sous la présidence allemande et ratifié sans recourir au référendum lors de la présidence française de 2008.
Selon un diplomate français de Bruxelles, "c'est un soulagement sur la question du référendum", soulignant que le sommet européen de juin "attendrait beaucoup de la France". Nicolas Sarkozy soutenant probablement de rapides changements institutionnels, ce diplomate souligne que c'est au tour de la Pologne et de la République tchèque de se concentrer à résoudre l'impasse constitutionnelle européenne.
Il a toutefois relevé des inquiétudes vis-à-vis des déclarations claires à l'encontre de la demande d'adhésion de la Turquie à l'UE au moment où ce pays s'engage dans une "période électorale cruciale" : "Nous risquons de devoir porter la responsabilité de la détérioration des relations entre l'Europe et la Turquie".
François Hollande, leader du parti socialiste et partenaire de Ségolène Royal, a déclaré que l'élection de Nicolas Sarkozy n'engageait pas une rupture avec le passé mais une "prolongation" et une "amplification" des politiques actuelles. Il appelle à une "refondation de la gauche" pour qu'elle s'élargisse afin de remporter les prochaines élections législatives, qui se tiendront les 10 et 17 juin prochains.
Le 9 mai, EurActiv lancera sa version française depuis Paris,
www.euractiv.fr
, qui publiera une information sur les actualités et politiques européennes localisées dans le contexte français. Pour en savoir plus, lisez l'entretien de la directrice de la publication,
Nathalie Lhayani
, sur le portail de Toute l'Europe.