Victoire socialiste au Portugal, mais sans majorité [FR] [en] [de]

Publié: 28 September 2009 | Updated: 29 January 2010
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Le premier ministre socialiste portugais José Socrates a remporté un second mandat lors des élections générales de dimanche (27 septembre) mais, comme prévu, son parti de centre gauche n’a pas réussi à rassembler une majorité absolue au Parlement, selon des sondages réalisés à la sortie des urnes.

Background

Lors de son premier mandat, M. Socrates s’est engagé sur ce qu’on a considéré comme étant des réformes ambitieuses, dont les pensions publiques et le service civil. Des réformes de ce genre, favorables au marché, pourraient être compliquées à répéter en position de minorité. 

M. Socrates a défendu une série de projets d’infrastructures, électoralement favorables, comme la ligne de train à haute vitesse vers l’Espagne, et un nouvel aéroport de Lisbonne pour stimuler l’emploi et promouvoir une croissance économique robuste. 

Aux élections européennes de 2009, le Parti social démocrate (centre droit) a gagné 31,7 %, suivi par le parti socialiste avec 26,5 %. Le Bloc de gauche anticapitaliste (BE) a gagné 10,7 %, la coalition Union démocratique – une alliance antre les communistes et les verts – a décroché 10,6 % des voix, et le Centre démocrate et social, affilié au PPE, a obtenu 8,4 %. 

Le président portugais Aníbal Cavaco Silva, de centre droit, a été élu en 2006 avec 50,54 % des voix au premier tour.

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M. Socrates, 52 ans, a remporté 38% des voix, selon les sondages, en baisse par rapport aux résultats obtenus en 2005, 45%, qui lui avaient pour son premier mandat donné une solide majorité absolue au Parlement. 

La télévision SIC a estimé que le résultat donnerait aux socialistes entre 99 et 103 sièges au Parlement, sur un total de 230 membres. 

Si ces projections sont confirmées, les socialistes sont vainqueurs, a affirmé le ministre de la Sécurité sociale, José Vieira da Silva, lors d’un discours télévisé peu après la publication des sondages de sortie des urnes. 

Les sociaux démocrates de centre droit réunis derrière Manuela Ferreira Leite, 68 ans, qui avait fait campagne pour de sévères réductions de dépenses du secteur public, auraient remporté environ 29  % des voix, pratiquement sans changement par rapport à 2005. 

Le Bloc de gauche semble être le grand gagnant des dernières élections, passant de 6,3  % en 2005 à 10 % aujourd’hui. 

M. Socrates devra non seulement restaurer l’économie après sa plus grave récession depuis des décennies, mais aussi rectifier les faiblesses économiques de long terme qui lui ont valu de se laisser dépasser par ses partenaires européens dans la dernière décennie. Le chômage atteint 9,1 % et continue à augmenter, son plus haut point depuis les années 1980. 

Les résultats de sortie des urnes, qui correspondent aux sondages d’opinion pré-élection, prévoient une tâche potentiellement difficile pour M. Socrates qui doit réfléchir à sa stratégie : entrer dans une coalition ou gouverner avec un gouvernement minoritaire ?

Plus probablement, il devrait choisir de gouverner seul, cherchant un soutien au cas par cas pour différents projets législatifs, selon les analystes. L’ancien premier ministre socialiste Antonio Guterres a gouverné comme chef d’un gouvernement minoritaire pendant un mandat complet, de 1995à 1999. 

Après une majorité absolue, c’est le deuxième meilleur scénario pour les socialistes, qui, selon les sondages de sortie des urnes, seraient capables d’obtenir l’approbation de leurs projets de loi avec n’importe quel autre parti, sur une base individuelle, a déclaré à Reuters le politologue Pedro Magalhaes. 

Les socialistes pourraient s’entendre avec les sociaux démocrates sur des questions comme les finances publiques et le budget 2010. 

Avec un déficit prévu à 5,9 % du produit intérieur brut cette année, le budget aura vraisemblablement besoin de réductions des dépenses ou d’un augmentation des taxes. 

Sur d’autres questions, comme la réforme sociale, les socialistes pourraient se tourner vers les partis de gauche. M. Socrates, comme la gauche, voit le gouvernement jouer un rôle plus important dans l’économie, dont notamment pour des projets de création d’emplois. 

Les analystes doutent de la possibilité de la création d’une coalition formelle de gouvernement. 

Un scénario de coalition n’est pas impossible, mais serait très difficile puisque les partis de gauche n’ont aucune motivation pour s’allier aux socialistes, étant donné leur éloignement idéologique, selon M. Magalhaes. 

Une alliance avec le CDS-PP (droite) causerait une insatisfaction majeure au sein du Parti socialiste, a-t-il dit. 

Cependant, Filipe Garcia, un économiste du Informacao de Mercados Financeiros, a déclaré que la victoire des socialistes légitimait leurs politiques. 

Cette année, l’économie devrait se contracter de presque 4 %. 

(EurActiv avec Reuters. Traduit de l’anglais par EurActiv.)