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Difficile de s'y retrouver dans les méandres de la construction verte

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Publié 29 mai 2012, mis à jour 07 novembre 2012

Quantité de réglementations, directives et stratégies européennes ont pour objectif de rendre les bâtiments plus efficaces sur le plan énergétique, mais il reste difficile de savoir dans quelle mesure elles portent leurs fruits.

Adrian Joyce, un architecte qui plaide pour une plus grande efficacité énergétique des bâtiments, estime que l'Europe doit « de toute urgence » améliorer l'efficacité de sa consommation d'énergie. Il a appelé à l'accélération des améliorations pour les bâtiments, qu'ils soient neufs ou anciens.

« En faisons-nous assez pour relever les défis de la durabilité ? La réponse est non », a déclaré M. Joyce, directeur d'EuroACE, l'alliance européenne des entreprises pour l'efficacité énergétique des bâtiments.

La Commission européenne estime que les bâtiments sont responsables de 40 % de la consommation d'énergie et génèrent 36 % des gaz à effet de serre. Rendre les habitations et les entreprises plus efficaces et l'énergie qui les alimente plus durable sont deux objectifs mentionnés dans bon nombre de lois et de stratégies européennes.

L'objectif de l'UE est de réduire la demande énergétique des bâtiments résidentiels et commerciaux de plus de 80 % d'ici 2050 grâce à une meilleure isolation et à des conceptions écologiques. L'Union souhaite en outre réduire l'empreinte environnementale des nouvelles constructions en utilisant les déchets comme matériau de construction.

Cependant, les bâtiments ne sont que très lentement rénovés en Europe. Seuls 1,2 % des bâtiments sont rénovés chaque année dans l'UE. Le taux de nouvelles constructions est encore moins élevé, à 1 % selon les chiffres du secteur. Près de 9 structures existantes sur 10 seront encore debout en 2050.

Sans engagements contraignants, l'Europe n'atteindra pas ses objectifs pour 2050, a récemment expliqué M. Joyce lors d'une conférence financée par l'UE sur la construction durable à Amsterdam.

Il a également affirmé que sans objectifs contraignants en faveur de la conservation, l'Europe manquait l'occasion de faire de l'efficacité la « mine » énergétique du futur. Les gouvernements qui ont décidé de supprimer les subventions destinées aux énergies renouvelables sous le coup de l'austérité ont commis une erreur, a-t-il déclaré.

EuroAce, basée à Bruxelles, réclame des engagements solides en matière d'efficacité énergétique, même si les objectifs contraignants proposés par la Commission européenne dans sa directive risquent fort de passer à la trappe.

Occasions manquées

D'autres occasions de réduire l'empreinte environnementale des habitations et des bâtiments commerciaux tout en développant les énergies renouvelables ont peut-être été manquées.

D'après Oliver Rapf, dirigeant du BPIE (Buildings Performance Institute Europe), le cadre réglementaire de l'UE sur la construction durable a eu des résultats mitigés, notamment en raison du grand nombre de règles et de normes, contraignantes ou non, et du fait qu'elles n'aient pas été respectées.

« C'est l'un des grands points faibles de ces normes : leur respect n'est pas dûment contrôlé », a expliqué M. Rapf à EurActiv.

Une meilleure intégration des politiques qui relèvent à présent des lois et des objectifs sur l'utilisation des terres et l'efficacité des bâtiments (notamment la directive européenne relative à la performance énergétique des bâtiments, les règles de construction et les normes régissant les marchés publics) pourraient combler certaines lacunes en matière de mise en oeuvre, selon M. Rapf.

« Il est clair que nous avons besoin d'un cadre politique intégré pour que toutes les pièces du puzzle s'emboîtent de manière intégrée », a-t-il expliqué lors d'une conférence sur la construction durable à Amsterdam.

L'organisation de M. Rapf a publié l'année dernière un rapport démontrant que le pétrole et le gaz naturel restent les sources d'énergie dominantes pour les habitations en Europe du sud, du nord et de l'est. Le charbon est la première source utilisée en Europe centrale et orientale.

Certains fonctionnaires affirment que la construction d'habitations plus efficaces pourrait donner lieu à d'importantes économies d'énergie et réduire les émissions de gaz à effet de serre. Les habitations représentent en effet 68 % de la consommation d'énergie finale des bâtiments.

Ce rapport, intitulé Europe's Buldings Under the Microscope, préconise la création d'un fonds européen visant à encourager la rénovation et à établir des exigences contraignantes pour la rénovation. Il appelle également à la réorientation du cadre réglementaire de l'UE pour le rendre plus ambitieux.

« Il faut faire des efforts importants pour transposer la réglementation européenne dans les droits nationaux et l'appliquer, afin d'encourager une rénovation profonde des bâtiments », peut-on encore lire dans ce rapport.

Prochaines étapes : 
  • D'ici fin 2012 : les négociations sur la directive européenne relative à l'efficacité énergétique devraient toucher à leur fin.
  • 2014 : l'UE s'est engagée à évaluer les progrès pour les objectifs sur l'efficacité énergétique à l'horizon 2020 et à envisager des mesures contraignantes si ces mesures se révélaient trop lentes.
  • 2020 : date butoir pour que les États membres de l'UE respectent l'obligation de réduire de 20 % leur production énergétique par rapport aux niveaux de 2005.
Timothy Spence et Ana-Maria Tolbaru — Article traduit de l'anglais
Contexte : 

Les États européens se sont engagés à respecter un objectif de réduction de la consommation d'énergie primaire de l'ordre de 20 % à l'horizon 2020. Selon les estimations, ces économies permettraient de réduire de 780 millions de tonnes les émissions de CO2 en Europe et d'économiser 100 milliards d'euros en frais de carburant.

Contrairement aux autres objectifs pour 2020 sur les émissions de gaz à effet de serre et les énergies renouvelables, l'objectif d’efficacité énergétique n'est pas juridiquement contraignant.

L'instrument clé de l'UE pour atteindre cet objectif est la directive relative à la performance énergétique des bâtiments (EPBD) adoptée en 2002. Elle était censée réduire la consommation d'énergie de l'UE de 6 % maximum, soit bien en deçà de l'objectif de 20 %.

Cette directive a été révisée en 2010 (lire le texte dans son intégralité) afin de couvrir les constructions résidentielles et non résidentielles. Elle proposait une méthode de calcul commune pour évaluer l'efficacité des bâtiments et couvrait cinq grandes catégories de consommation :

  • le chauffage
  • la climatisation
  • la ventilation
  • l'éclairage
  • l'eau chaude

Cette directive visait également à rendre les mesures d’économie d'énergie dans les bâtiments plus attractives pour les consommateurs, en obligeant les autorités nationales à garantir la délivrance de certificats de performance énergétique « pour tous les bâtiments ou unités de bâtiment construits, vendus ou loués à un nouveau locataire ».

Depuis la révision de la directive EPBD en 2010, tous les bâtiments européens doivent enregistrer une consommation énergétique quasiment nulle d'ici 2020. La date est 2018 pour les bâtiments occupés et possédés par les autorités publiques.

Les contrôles sont insuffisants et la mise en conformité aux normes pour ces bâtiments n'est pas respectée, selon le BPIE (Buildings Performance Institute Europe).

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