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Le 1er août 2003, la Commission a adopté une directive-cadre sur les exigences en matière d'éco-conception (écodesign) applicables aux produits consommateurs d'énergie. Avec cette proposition, la Commission veut rendre la conception de produits tels que les sèche-cheveux, les ordinateurs, les réfrigérateurs ou les équipements de bureau plus respectueuse de l'environnement.
La production, la distribution, l'utilisation et la gestion de la fin de vie des produits sont associées aux impacts sur l'environnement (notamment la consommation de ressources naturelles et d'énergie, les déchets et la libération de substances dangereuses).
Pour réduire ces impacts dans la phase de conception des produits, la Commission a adopté une directive-cadre établissant un cadre pour la fixation d'exigences en matière d'éco-conception applicables aux produits consommateurs d'énergie le 1er août 2003. Cette directive, qui prépare le terrain pour le développement d'exigences en matière d'éco-conception adaptées à chaque produit spécifique, est le résultat de la fusion fin 2002 des propositions de la DG Entreprises sur l'éco-conception des équipements électriques et électroniques et de la DG TREN (Transports et Energie) sur les exigences en matière d'efficacité énergétique.
La directive-cadre :
Le développement et l'adoption de mesures d'application sont laissés à la Commission assistée d'un comité de réglementation. La procédure de comitologie ne donne pas de place au Parlement pour décider de la mise en place d'exigences d'éco-conception. Néanmoins, la directive prévoit que chaque mesure d'application sera accompagnée d'un exposé des motifs, d'une évaluation des incidences et d'une consultation des parties prenantes.
Il n'y aura pas d'obligations pour tous les produits consommateurs d'énergie, mais seulement pour ceux qui rempliront certains critères comme les incidences sur l'environnement, le volume des échanges sur le marché intérieur et le potentiel d'amélioration, par exemple dans les cas où les forces du marché ne font pas spontanément de progrès en l'absence d'exigences légales.
Les mesures d'application peuvent comprendre des exigences génériques d'éco-conception visant à améliorer la performance environnementale globale d'un produit et/ou des exigences spécifiques d'éco-conception quantifiées et mesurables sur un aspect environnemental sélectionné du produit, tel que la consommation d'énergie pendant l'utilisation.
La directive suivra la "nouvelle approche" en vue de promouvoir l'utilisation de normes d'amélioration de la performance environnementale des produits (voir le LinksDossier sur la normalisation).
Base juridique : la proposition de la Commission est basée sur l'article 95 du Traité (marché intérieur).
La Commission espère que l'adoption de cette directive-cadre poussera l'industrie à conclure des engagements volontaires.
Le 20 avril 2004, le Parlement a soutenu le rapport présenté par Astrid Thors (ELDR, Finlande) sur l'éco-conception. Ce texte introduit une série d'amendements visant à clarifier un certains nombre de points de la directive :
Le Conseil Energie a adopté une position commune
le 30 novembre 2004. Il a accepté 23 des 78 amendements proposés par le Parlement lors de la première lecture du texte.
Les fédérations d'entreprises font valoir que chaque fois que les forces du marché s'avèrent efficaces pour atteindre les objectifs environnementaux, des mesures de mise en oeuvre ne sont pas nécessaires. Elles ont exprimé des doutes sur la participation des parties prenantes et l'applicabilité des exigences génériques et ont rappelé l'importance de clarifier le lien entre les différentes initiatives législatives, telles que la politique intégrée des produits (PIP) et les directives concernant d'une part les déchets des équipements électriques et électroniques, et d'autre part la restriction de l'utilisation des substances dangereuses.
Orgalime, qui représente les industries mécaniques, électriques, électroniques et métallurgiques, veut que la priorité soit accordée aux mesures volontaires. L'organisation demande une véritable participation de l'industrie dès le début du processus consistant à concevoir des mesures d'application et s'oppose à l'analyse du cycle de vie obligatoire.
Les ONG écologistes considèrent que la directive-cadre est trop générale et par conséquent trop "faible", sans aucun objectif environnemental clairement défini et quantifié. Elles sont mécontentes de la fusion dans une seule directive-cadre des propositions sur l'éco-conception pour les équipements électriques et électroniques et de celles sur les exigences en matière de efficacité énergétique, car elles considèrent que cette fusion risque de retarder l'application des obligations en matière de efficacité énergétique.