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Mettre une annonceLes entreprises comptent sur le nouvel accord climatique à Copenhague pour assurer un même niveau de compétition pour les industries, mais en attendant elles s’engagent à continuer d’améliorer leur efficacité énergétique et à dynamiser les investissements dans les technologies pauvres en carbone.
La communauté mondiale est actuellement en cours de négociations pour trouver un successeur au Protocole de Kyoto, qui expire en 2012.
L’UE espère que le nouveau traité qui doit être conclu à la Conférence climatique des Nations Unies à Copenhague en décembre abordera la question des industries hautement exportatrice qui se délocalisent dans des zones sans législation (qui donne un prix au carbone) et doublant les « fuites de carbone » (voir EurActiv LinksDossier).
L’Union avance également sur le plan interne afin de protéger ses industries vulnérables. Après avoir révisé son système d’échange d’émissions (SCEQ ; ET ETS ; voir EurActiv LinksDossier) en décembre 2008, l’Union est désormais en plein processus de définition des secteurs qui continueront à recevoir des quotas gratuits après 2013 (EurActiv 21/09/09).
Les entreprises réduisent déjà leurs émissions en utilisant l’énergie de manière plus efficace sans aucune réglementation ni financement extérieur, a-t-on entendu lors d’une conférence de BusinessEurope la semaine dernière (28 octobre).
Economiser l’énergie est une stratégie commerciale valide, et de tels investissements se remboursent d’eux-mêmes en quelques années, ont expliqué de nombreuses entreprises.
Au même moment, le monde des affaires anticipe une transition inévitable vers une économie pauvre en carbone en se couvrant sur les technologies innovantes. Whirlpool, par exemple, développe des appareils qui fonctionneront avec les réseaux intelligents, quand Dow travaille activement à rendre aisément disponible de nouvelles alternatives en matière de technologies énergétiques, telles que les toits solaires pliables, ont déclaré les représentants des entreprises.
L’efficacité énergétique a été identifiée comme l’un des domaines où les investissements sont souvent autofinancés. Mais là où les marchés ne peuvent pas assurer, une réglementation intelligente est nécessaire pour créer de bonnes incitations.
Les standards énergétiques, par exemple, sont particulièrement pertinents pour promouvoir les produits efficaces en énergie, a déclaré Henk de Bruin, vice-président reconnu pour la durabilité chez Philips. Il a mis en avant le fait que les niveaux d’efficacité sont désormais des facteurs inconscients des décisions d’achats de nombreux consommateurs.
Cependant, les petites entreprises craignent que s’occuper de ces sujets au niveau européen ne rende les choses trop compliquées, a déclaré Maud Olofsson, ministre suédoise pour l’Entreprise et l’énergie. Ainsi, la révision actuelle de la directive mettant en place des standards de performance énergétique pour les bâtiments coure un danger, celui de produire trop de paperasserie, a-t-elle averti.
Je souhaite ces règles et règlementations, mais je sais qu’il existe un risque que nous rendions tout cela trop compliqué pour les petites entreprises, a-t-elle dit.
Si les marchés devaient prendre leur part de responsabilité pour les économies d’énergies et le développement de technologies pauvres en carbone, alors les hommes politiques n’auraient pas à s’aventurer dans tant de détails, a déclaré Mme Olofsson.
Je pense qu’il est crucial que les politiques et les entrepreneurs s’assoient à la même table et s’entretiennent de tout cela, a-t-elle commenté.
Un accord international contre les pertes de compétitivité
Que ce soient les entreprises européennes ou américaines, toutes tournent leurs regards vers la conclusion d’un traité climatique mondial lors de la Conférence sur le climat des Nations Unies à Copenhague en décembre afin d’assurer que leurs efforts de réduction des émissions ne donnent pas à leurs concurrents asiatiques un avantage compétitif.
La mise en œuvre d’un nouvel accord demandera à l’industrie d’injecter des sommes substantielles d’argent dans les nouvelles technologies. Selon l’Agence internationale de l’énergie, la plupart des technologies visant à réduire les émissions industrielles de carbone coûteront entre 34 et 68 euros par tonne de CO2, et certaines jusqu’à 135 euros.
Cela souligne l’ampleur du défi auquel fait face l’industrie, a déclaré Jürgen Thumann, président de BusinessEurope.
BusinessEurope presse l’UE d’assurer que, quelque soit l’accord pris à Copenhague, il engage tous les pays développés à atteindre d’importants objectifs similaires de réduction d’émission et mette en place des objectifs contraignants ou des politiques pour les pays en développement d’ici 2020. Ils estiment que soumettre les entreprises qui produisent des biens commercialisés au niveau international à des conditions similaires aidera à créer un niveau de concurrence similaire.
Toutefois, les droits de douane frontaliers évoqués par la France et l’Allemagne et inscrits dans un projet de législation aux Etats-Unis (EurActiv 14/09/09) ont trouvé peu de soutien parmi les représentants des entreprises, qui souhaitent à tout prix éviter des guerres commerciales vertes.
Plutôt que d’imposer une nouvelle taxe sur les produits qui viennent de pays où les prix du carbone ne sont pas un critère, de nombreuses industries préfèreraient supprimer les taxes sur les biens énergétiquement propres pour stimuler la demande.
Les représentants des entreprises américaines opérant en Europe ont fait valoir leur soutien sans ambiguïté à l’opposition de l’UE à des taxes frontalières, a-t-on appris lors d’un débat de l’AmCham UE la semaine dernière.
Nous devrions plutôt ouvrir les marchés des produits, technologies et services pauvres en carbone, a déclaré Richard Folland, conseiller de premier plan en matière de changement climatique et d’énergie chez JP Morgan et président du groupe climat de l’AmCham UE.