« La volonté politique est d'aboutir à un accord d'ici fin juin, il nous reste pas mal de trilogues à mener », a déclaré Krzysztof Gierulski, un fonctionnaire de l'unité en charge de l'efficacité énergétique de la Commission, lors d'une conférence sur les compteurs intelligents mardi (8 mai).
Les Etats membres se sont engagés à réduire leur consommation d'énergie primaire de 20 % d'ici 2020, ce qui reviendrait à 202 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep). La directive sur l'efficacité énergétique est considérée comme l'un des principaux outils de l'UE pour atteindre cet objectif.
Le Conseil des ministres, qui représente les 27 Etats membres de l'UE, a cependant souhaité affaiblir ce projet de directive. Par conséquent, le texte amendé devrait permettre de réduire la consommation d'énergie primaire de 58n1 Mtep seulement, a noté la Commission dans un document officieux qui a circulé au début des négociations.
La première réunion entre le Parlement européen, la Commission et le Conseil a eu lieu mardi soir (8 mai). Tous les articles importants du projet de directive sur l'efficacité énergétique ont été soumis au débat.
« Les deux parties veulent trouver un compromis », a déclaré à EurActiv une source proche des discussions qui faisait référence au Parlement et au Conseil, très divisés sur la question.
D'après ce document officieux de la Commission, la version du Conseil de ce texte ne couvrirait que 38 % des économies prévues dans le texte original. La version de la directive présentée par le Parlement est quant à elle 30 % plus ambitieuse que celle de la Commission.
M. Gierulski pense toutefois que les réunions prévues en mai et en juin seront suffisantes pour clore les débats.
« Je pense qu'il est possible d'aboutir à cet accord politique. La présidence chypriote devra s'assurer que toutes les tâches liées à la traduction du texte seront menées à bien », a-t-il précisé.
« Nous progressons vers un accord politique sur les points les plus importants », a ajouté M. Gierulski.
Mauvais compromis
La présidence danoise du Conseil devra équilibrer les discussions entre deux objectifs : conclure un accord le mois prochain et convaincre les Etats membres de s'engager envers des objectifs ou des mesures contraignants.
« Cette directive doit permettre d'atteindre l'objectif des 20 % et la position actuelle du Conseil en est loin », a expliqué Erica Hope du Climate Action Network Europe, une organisation de défense de l'environnement. « Il est toujours possible d'y parvenir avant la fin du mois de juin, nous avons reçu des signaux positifs de la part de certains Etats membres. »
Mme Hope a toutefois précisé qu'il serait préférable que le texte passe en seconde lecture pour garantir une loi plus robuste au lieu de précipiter la procédure dans le cas où les Etats membres n'iraient pas suffisamment loin.
Arianna Vitali du WWF est du même avis. Selon elle, la proposition actuelle du Conseil est le « plus petit dénominateur commun » des positions des Etats membres. « Je comprends l'urgence de cette directive, mais un mauvais compromis aboutissant à un texte sans ambition et loin de nous amener à l'objectif des 20 % n'est pas la solution non plus. Il est préférable de prendre le temps de négocier pour aboutir à un meilleur accord », a affirmé Mme Vitali.
Bien qu'elle comprenne l'importance de disposer d'une directive d'ici la fin de 2012, elle est persuadée qu'accepter la version actuelle du texte serait un prix trop élevé à payer. Les Etats membres pourraient changer leur position avec l'arrivée de nouveaux gouvernements au pouvoir, a-t-elle déclaré, faisant allusion aux élections en France et dans d'autres Etats membres.
« Les législateurs à Bruxelles souhaitent aboutir à un accord avant le début de la présidence chypriote le 1er juillet 2012 avec « moins de ressources et d'expérience » que le Danemark en matière d'efficacité énergétique. Elle a cité la directive sur la performance énergétique des bâtiments, approuvée en 2009 sous la présidence suédoise, qui s'est révélée « bénéfique, mais pas suffisamment ».
« L'objectif de chaque présidence est d'aboutir à un accord. Il serait dommage que les Danois tentent de faire de même à tout prix », a-t-elle martelé.






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