Mi-2013 pourrait être la première date butoir pour les États membres de l'UE qui devront remettre à la Commission des rapports sur la pertinence du déploiement des compteurs intelligents dans chaque pays. Pour ce faire, ils doivent mener des analyses coûts-bénéfices permettant de déterminer si le déploiement de cette technologie est dans leur intérêt économique.
Il reste donc un peu moins d'un an aux États membres pour finir leur analyse. La Commission devra ensuite centraliser tous les résultats dans un temps record, les examiner et rédiger un rapport d'analyse.
Les États membres devait réaliser des analyses coûts-bénéfices sur les compteurs intelligents avant le 3 septembre 2012, comme convenu dans les directives de 2009 sur l'électricité et la libéralisation du gaz. Rien ne garantit cependant que tous les États membres ont respecté cette date butoir.
Marlene Holzner, porte-parole de la Commission sur les questions énergétiques, a déclaré à EurActiv que l'exécutif européen « procéderait à l'évaluation comparative des analyses coûts-bénéfices et des programmes de déploiement de chaque État membre ». La Commission « contrôle cet exercice de manière informelle » en collaboration étroite avec les États membres, a expliqué Mme Holzner.
L'objectif est d'uniformiser les méthodologies utilisées pour les analyses coûts-bénéfices, a-t-elle précisé.
« La Commission pourra envisager de publier mi-2013 son rapport d'analyse ainsi qu'une évaluation générale des résultats de cet exercice. Elle devrait prévoir d'ouvrir un débat sur les meilleures méthodes et les leçons à retenir des initiatives de déploiement des compteurs intelligents dans l'UE, qu'elles soient en cours ou terminées », a expliqué Mme Holzner.
La Commission attend que les États membres lui soumettent « un échantillon représentatif, voire des données concrètes » sur leurs résultats, afin de les comparer et d’en tirer des conclusions dès mi-2013.
« Nous sommes flexibles dans une certaine mesure, mais nous invitons les États membres à nous communiquer dès que possible leurs analyses coûts-bénéfices et leurs plans de déploiement », a poursuivi Mme Holzner.
La Commission devrait d’abord publier un rapport d'étape sur le marché intérieur de l'énergie. Le document consulté par EurActiv exhorte les États membres à faire passer le nombre de compteurs intelligents de 45 millions aujourd'hui à au moins 240 millions d'ici 2020.
Qui paie ?
Si le déploiement des compteurs intelligents s'avère une opération rentable, au moins 80 % des consommateurs devront s'en procurer d'ici 2020. Reste encore à déterminer qui assumera les coûts de ces compteurs, de leur installation, de leur gestion et de leur entretien.
Le secteur attend que les autorités nationales de réglementation décident de la répartition des coûts entre les réseaux de distribution, les fournisseurs et les consommateurs, a déclaré John Harris de l'entreprise suisse Landys+Gyr qui produit et vend des compteurs intelligents.
Certains s'attendent à voir les factures d'énergie des consommateurs augmenter pour couvrir les coûts du déploiement de cette technologie.
« Évidemment, les fournisseurs d'énergie tenteront de reporter les coûts sur les consommateurs finals », a déclaré M. Gierulski de l’unité en charge de l’efficacité énergétique à la Commission, lors d'un atelier sur les compteurs intelligents à Bruxelles.
« Avant d'investir, les entreprises doivent s'assurer qu'elles feront des bénéfices », a déclaré Gunnar Lorenz d'Eurelectric, qui représente les grands fournisseurs d'électricité. « Il faut expliquer aux consommateurs le fonctionnement et le but de ces compteurs pour qu'ils aient confiance, qu'ils les utilisent et qu'ils ne se sentent pas espionnés. »
Le BEUC, l'organisation des consommateurs européens, montre également du doigt la socialisation des coûts, ou en d'autres termes le fait que les entreprises énergétiques répartissent les coûts du déploiement des compteurs intelligents entre 80 % des foyers de façon égale parmi tous leurs clients.
« Les coûts de tous les investissements nécessaires devraient être également répartis, surtout entre tous les acteurs qui pourraient bénéficier des nouveaux compteurs. Les différents avantages et fonctionnalités qu'ils offrent doivent être analysés et permettre de répartir les coûts entre ces acteurs », a souligné Monika Stajnarova, experte du BEUC en compteurs intelligents.






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