L’Europe a une opportunité d’accroître sa productivité énergétique qui bloquerait l'augmentation de la demande en énergie dans la région. C’est ce qu’indique le nouveau rapport du MGI intitulé « Capturing the European energy productivity opportunity ».
En effet, les conclusions du MGI indiquent qu’en utilisant les technologies existantes, il serait possible d’économiser jusqu’à deux fois la quantité d’électricité consommée dans l’Europe des 25 en 2003, à savoir huit millions de barils de pétrole par jour.
Citant une estimation de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le rapport ajoute que comparé à de nombreuses solutions alternatives d'approvisionnement en énergie, il est plus rentable et plus sûr d'investir dans la productivité énergétique. L’AIE prévoit en effet qu’en investissant un euro de plus dans des équipements, appareils et bâtiments plus efficaces, on économise plus de 2 euros sur l’investissement dans l’approvisionnement en électricité ».
D’après le rapport, ce sont les améliorations apportées en termes d'efficacité énergétique dans le secteur des bâtiments résidentiels qui offrent le plus grand potentiel de réduction de la demande, notamment par des appareils et des systèmes de chauffage et de refroidissement plus efficaces. Viennent ensuite les secteurs du commerce et des transports, suivis par l’industrie lourde et les raffineries.
Améliorer ces secteurs pourrait entraîner une réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’ordre d’un milliard de tonnes d’ici 2020, ce qui revient à additionner les émissions de GES du Royaume-Uni et de la France, selon le rapport.
Mais l’UE et les décideurs politiques nationaux, qui sont constamment appelés à créer les bonnes conditions cadres en vue d’améliorer l'efficacité énergétique, voient leur travail interrompu.
Le rapport regrette les nombreuses barrières à l’information, les imperfections du marché ainsi que les perturbations politiques, qui empêchent les investisseurs de saisir des opportunités économiques attractives pour investir dans la productivité énergétique. C’est la raison pour laquelle les consommateurs et les entreprises ne tirent pas profit des économies qu'offre l’accroissement de la productivité énergétique.
L’UE a entrepris une campagne ambitieuse pour réduire les émissions de GES de 20 % d’ici 2020. Mais contrairement au domaine de l’approvisionnement énergétique, où un objectif juridiquement contraignant consistant à augmenter la part d’utilisation d’énergie renouvelable de 20 % d’ici 2020 devrait être accepté par les législateurs européens, l’UE a été critiquée pour ne pas imposer des améliorations juridiquement contraignantes aux Etats membres en matière d'efficacité énergétique. Bruxelles a uniquement fixé un objectif « indicatif » d’amélioration de l’efficacité énergétique de 20 % d’ici 2020.
Outre ces recommandations, le rapport appelle les législateurs à fixer des normes d’efficacité énergétique plus strictes pour les appareils et les équipements. La Commission propose de réviser et d’étendre les règles existantes en matière d’écoconception et d’efficacité énergétique dans le cadre d’un plan d’action sur la consommation et la production durables (SCP). Mais les propositions ont déçu de nombreux acteurs, qui estiment qu’elles ne vont pas assez loin (EurActiv 17/07/08).



