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20 % d’énergies renouvelables d’ici 2020 : est-ce possible? [FR][en][de

Publié: mercredi 20 février 2008   

Maintenant que les engagements politiques des dirigeants européens consistant à utiliser une proportion de 20 % d’énergies renouvelables d’ici 2020 ont été traduits en objectifs contraignants pour chaque Etat membre, un débat fait rage à Bruxelles pour savoir comment atteindre ces objectifs et si ceux-ci sont d’ailleurs réalisables. 

Contexte:

En mars 2007, les dirigeants européens se sont engagés à fixer à 20 % la part des sources d'énergie renouvelables dans la consommation d'ici 2020. Cet engagement a été suivi le 23 janvier par les propositions de la Commission établissant des objectifs différenciés pour chaque Etat membre en fonction du PIB (voir le LinksDossier external d’EurActiv et notre couverture sur ce sujet).

Une augmentation obligatoire de 10 % dans les biocarburants pour les transports était également incluse dans les propositions. 

A lire aussi:

Autres articles:

  • Les conditions adéquates

Les partisans des énergies renouvelables s’accordent à dire que les renouvelables comme l’éolien, le solaire, l’hydroélectrique et la biomasse peuvent facilement contribuer à 20 % minimum du bouquet énergétique européen d’ici 2020, si certaines conditions sont réunies. 

Les entreprises et les particuliers doivent utiliser l’énergie d’une manière plus efficace pour alléger la pression pesant sur la demande croissante en énergie dans l’UE. Les conditions d’accès aux réseaux électriques doivent être améliorées, afin que la production d’électricité ne soit plus dominée par un petit nombre de centrales relativement grandes, mais répartie entre un nombre croissant de petits producteurs d’électricité. 

Mais, pour les sceptiques, ce passage vers une production d’électricité plus décentralisée, dont une large part provient des énergies renouvelables, pose de nombreux problèmes, particulièrement concernant la stabilité des réseaux d’électricité et la qualité de l’électricité circulant dans ces réseaux. 

  • Les énergies renouvelables, une source incertaine

Les renouvelables sont une source incertaine pour remplacer l’électricité produite à partir de combustibles fossiles ou nucléaires. En effet, les sources comme le vent et le soleil ne peuvent être ni contrôlées, ni stockées, soulignent les détracteurs de cet objectif trop ambitieux en matière d’énergies renouvelables.

Les problèmes de sécurité des réseaux sont également souvent évoqués : si la production d’énergie éolienne, par exemple, augmente brusquement de manière importante pour une courte période, les réseaux surchargés peuvent s’arrêter et entraîner des coupures. D’autre part, les énergies renouvelables pourraient ne pas être en mesure de répondre suffisamment rapidement à une hausse soudaine de la demande, entraînant des pertes ou des baisses importantes dans la circulation de l’énergie.

Cependant, le secteur des énergies renouvelables affirme que ces questions peuvent être en grande partie résolues grâce à une restructuration des réseaux et une amélioration de la coordination et de la sécurité. Les obstacles restants seront éliminés par la recherche et le développement.  

Par exemple, les chercheurs de l’université de Kassel, en Allemagne, ont développé le concept de centrale électrique combinéeexternal . Grâce à l’association d’énergies renouvelables et de pompes hydrauliques stockant les surplus d’énergie éolienne sous forme d’eau dans des lacs artificiels, les scientifiques estiment que les énergies renouvelables pourraient, d’ici 2050, répondre à l’ensemble des besoins en énergie de l’Allemagne sans provoquer de problèmes majeurs liés à des interruptions d’approvisionnement. 

  • Quelle étiquette de prix ?

Au-delà des préoccupations relatives à la sécurité des technologies et des réseaux, le financement des énergies es renouvelables restera un sujet controversé en 2008, la Commission devant présenter les détails du financement de la stratégie européenne pour les technologies énergétiques (lire EurActiv 23/11/07). 

Pour le moment, il existe d’importantes disparités entre les Etats membres concernant le financement des énergies renouvelables. L’Allemagne et l’Espagne, par exemple, ont assisté à une explosion des installations solaires et éoliennes, qui bénéficient de l’aide de l’Etat par la garantie de tarifs de rachat. Le Royaume-Uni, pour sa part, n’a pas proposé de telles mesures pour inciter les producteurs et les consommateurs, ce qui explique le niveau relativement faible de développement des renouvelables dans le pays.

Dans ses propositions du 23 janvier, la Commission a élargi le champ d’application des règles européennes relatives aux aides d’Etat pour les subventions accordées aux énergies renouvelables.

Mais en écho aux inquiétudes selon lesquelles le secteur des renouvelables pourrait devenir dépendant des subventions, Eurelectric, l’association des industries de l’électricité, estime indispensable que les efforts actuels visant à stimuler le marché intérieur de l’énergie ne soient pas rendus inutiles en affectant jusqu’à 35 % du marché européen de l’électricité par des systèmes de soutien des renouvelables non basés sur le marché. 

Eurelectric appelle à une meilleure utilisation des échanges transfrontaliers concernant les certificats de garantie d’origine (GO) des renouvelables afin de stimuler les mécanismes compatibles avec le marché pour parvenir à une économie à faible intensité de carbone.

Mais écarter ces systèmes de soutien à ce stade serait un désastre pour l’industrie solaire de l’UE, affirme Winfried Hoffman, président de l'Association Européenne d'Industrie Photovoltaïque (EPIA). Selon lui, dans les dix prochaines années, les consommateurs devraient bénéficier d’importantes baisses de prix des panneaux solaires, ce qui signalera la fin de la nécessité des subventions.

D’autres représentants du secteur des renouvelables partagent cet avis : ils affirment que l’aide publique est nécessaire à court terme et qu’en l’absence d’un véritable marché intérieur de l’énergie concurrentiel, l’échange de GO profite uniquement aux géants énergétiques historiques ayant les moyens d’investir en masse pour participer à ces systèmes.

Les modalités d’échange des GO ont également été incluses dans la proposition de la Commission, même si les plans d’origine pour l’échange obligatoire ont été supprimés du texte final.

  • Un débat animé

Savoir si l’objectif des énergies renouvelables est réalisable sera au centre d’un débat lors de l’European Business Summit (EBSexternal ) les 21 et 22 février à Bruxelles. Des membres de la Commission européenne et de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), ainsi que des représentants d’instituts de recherche et du secteur privé figureront parmi les intervenants.

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