Philip Lowe, directeur de la DG Energie de la Commission européenne, a déclaré que les 27 Etats membres de l'UE s'étaient opposés aux propositions vouées à donner à Bruxelles plus de pouvoir pour superviser les accords énergétiques avec les pays étrangers.
La Commission a proposé de nouvelles règles ce mois-ci, qui obligeraient les Etats membres à communiquer à l'avance les détails de leurs futurs accords énergétiques à Bruxelles et donneraient à l'exécutif européen le pouvoir de négocier des accords énergétiques au nom des Etats.
Les analystes ont interprété ce projet comme une tentative d'empêcher la conclusion d'accords bilatéraux entre les grands consommateurs de gaz, comme l'Allemagne et l'Italie, et le principal fournisseur de l'UE, la Russie.
« Tous les petits Etats membres, sans exception, ont soutenu la direction prise par l'accord », a affirmé M. Lowe après que les 27 Etats membres ont révélé leur position sur ces propositions cette semaine lors d'une réunion informelle des ministres de l'énergie en Pologne.
« Tous les grands Etats membres, sans exception, ont déclaré : « nous pourrions envisager d'examiner cette proposition au cas par cas si cela se révélait justifié, mais les accords bilatéraux sont d’ordinaire une question à régler au niveau national » », a expliqué M. Lowe lors d'un séminaire sur la politique énergétique de l'UE organisé par le groupe de réflexion bruxellois Bruegel.
M. Lowe a affirmé que les grands Etats avaient reconnu la nécessité de s'assurer que les accords énergétiques étaient conformes aux règles du marché énergétique intérieur de l'Union, mais qu'ils ne souhaitaient pas révéler les détails de ce genre d'accord au préalable, comme le propose la Commission.
« Il ne faut pas être Albert Einstein pour se rendre compte que tout cela va semer la pagaille. Une pagaille pour les investisseurs et une pagaille juridique », a martelé M. Lowe.
EurActiv avec Reuters – Article EurActiv traduit de l'anglais par Amandine Gillet





