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L'Union européenne encourage l'utilisation de biocarburants comme source d'énergie alternative pour les transports. En 2003, l'UE s'est fixée pour objectif indicatif de faire passer la part des biocarburants dans la consommation énergétique à 5,75% d'ici 2010. Toutefois, un rapport de situation sur les biocarburants publié en 2007 montre qu'à cette date cette part n'atteindra que 4,2%. Par conséquent, la Commission a proposé dans son "paquet énergie" de 2007 d'intensifier les efforts en fixant un objectif contraignant à 10% à l'horizon 2020.
De nombreux produits issus de la biomasse tels que la canne à sucre, les graines de colza, le blé, la paille, le bois, les restes et déchets animaux et agricoles peuvent être transformés en carburants pour les transports. Pour des informations générales sur les biocarburants, voir la page de Wikipedia consacrée aux biocarburants
. La brochure publiée par la Direction pour l'environnement du Royaume-Uni intitulée "The facts on biodiesel and bioethanol
" (Faits relatifs au biodiesel et au bioéthanol) est également une bonne introduction au sujet.
Généralement, une distinction est opérée entre les biocarburants de première génération (principalement extraits des produits agricoles comme la betterave à sucre et les graines de colza) et les biocarburants de seconde génération (des sources de matières ligno-cellulosiques ou "de bois" ou par le biais de nouvelles technologies afin de convertir la biomasse en liquide (BTL)).
Les deux principaux biocarburants de première génération sont le bioéthanol et le biodiesel. Le Brésil et les Etats-Unis sont les principaux producteurs de bioéthanol et l'UE est le principal producteur de biodiesel. L'Allemagne, la France, la Suède et l'Espagne sont les premiers pays européens en termes d'utilisation de biocarburants dans les transports.
L'avantage d'utiliser des biocarburants réside dans le niveau généralement peu élevé d'émissions de gaz à effet de serre, et le fait que, contrairement au pétrole et au gaz, ils sont plus abondants et sont disponibles au niveau national. Un autre avantage des biocarburants : la production nationale de biocarburants pourrait aider les agriculteurs européens après la réforme de la Politique agricole commune, car ils constituent une nouvelle source de revenus et offrent de nouvelles opportunités d'emploi .
Evolution des politiques européennes :
La production de biocarburants pour les transports est confrontée à plusieurs défis:
Equilibre énergétique:
Une controverse porte actuellement sur le bilan énergétique de la production des biocarburants. Le bilan énergétique représente la différence entre la quantité d'énergie nécessaire sur un cycle complet de production des biocarburants (input) et la quantité d'énergie produite (output). Selon des études menées par MM. Pimentel et Patzek, la production d'éthanol demande plus d'énergie qu'il n'en contient lui-même. D'autres études (comme celle réalisée par le Département américain à l'agriculture) indiquent que le bilan énergétique est positif. Pour une bonne vue d'ensemble du débat sur l'équilibre énergétique des biocarburants, lire l'étude en anglais "The energetics of ethanol: an introduction and link to studies".
Potentiel de réduction du réchauffement climatique:
En principe, les biocarburants sont "neutres en carbone": leur utilisation n'émet pas plus de dioxyde de carbone que celui absorbé au cours de la croissance des plantes utilisées pour fabriquer ces biocarburants. Ainsi, remplacer les carburants fossiles par les biocarburants pour les transports pourrait contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique.
Cependant, d'autres études contestent les conclusions précédentes. Une étude de Mark Delucchi
(décembre 2003) conclut que l'utilisation de biocarburants pourrait en fait augmenter les émissions de gaz à effet de serre car les forêts, les zones humides et les réserves de protection seraient converties en terres pour la culture de maïs et de soja.
Un rapport
publié en mai 2007 par la division Energie des Nations Unies a averti que les biocarburants pourraient certes présenter un certain nombre d'avantages, mais que le risque d'augmenter la production de CO2 en les utilisant dans le secteur des transports était également considérable. Ce rapport note qu'en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, recourir aux biocarburants pour la production de chaleur et d'électricité serait plus approprié que dans le secteur du transport EurActiv 10/05/2007).
Utilisation des sols:
L'utilisation des sols pour la culture bioénergétique rivaliserait avec l'utilisation des terres pour la production d'aliments et de nourriture pour animaux, en faisant augmenter le prix des produits de base comme les céréales. Selon l'AEE, pour atteindre l'objectif de 5,75% de la directive biocarburants, les cultures de biocarburants doivent représenter entre 4% et 13% du total des surfaces cultivables des 25 Etats membres.
Néanmoins, selon une étude réalisée en juillet 2007 par la DG Agriculture de la Commission, atteindre un objectif de 10 % d'utilisation des biocarburants dans les transports d’ici 2020 n’étendrait pas de manière excessive la disponibilité des sols dans l'UE et nécessiterait une partie « relativement modeste » de 15 % des terres arables. D'après cette étude, les terres gelées, actuellement réservées au titre de la Politique agricole commune pour limiter la production excessive des agriculteurs, pourraient largement couvrir ce besoin (EurActiv 27/07/07).
Environnement et durabilité:
Les biocarburants peuvent avoir plusieurs avantages sur le plan environnemental, comme la réduction de la pollution de l'air ou la réduction des déchets. D'un autre côté, il existe un certain danger à utiliser davantage d'engrais ou de pesticides pour la culture de produits énergétiques. La réduction de la biodiversité - en particulier dans les pays développés qui cherchent à entrer dans ce marché en expansion - constitue aussi un risque important dans la mesure où des hectares de forêt et de prairie sont supprimés pour semer de grandes quantités de cultures nécessaires pour diminuer significativement l'utilisation du pétrole dans les transports.
Par conséquent, toutes les parties concernées ont demandé l’introduction de « critères de durabilité » dans les lois encourageant une plus grande utilisation des biocarburants. La Commission, de son côté, propose actuellement d’introduire certaines normes, notamment une obligation, pour les biocarburants comptabilisés dans l’objectif de 10%, de contribuer à une réduction de 35 % du CO2 produit tout au long du cycle de vie par rapport aux carburants fossiles, ainsi qu’une interdiction de semer des biocarburants dans les zones protégées, les forêts, les zones humides et certaines prairies ayant une grande diversité biologique, dans sa proposition de directive sur les renouvelables
présentée le 23 janvier 2008.
Mais les eurodéputés et les Etats membres affirment que ces critères ont peu de chance d’être introduits suffisamment tôt pour empêcher les producteurs de carburant d’investir dans des biocarburants bon marché mais non écologiques. Au lieu de cela, ils veulent que de nouvelles normes soient fixées dans une révision de la version de 1998 de la directive sur la qualité des carburants
, qui est à un stade beaucoup plus avancé dans le processus de prise de décision. Les eurodéputés insistent également pour renforcer les conditions, avec, par exemple une exigence pour les biocarburants de réduire de 50% les émissions de CO2 tout au long du cycle de vie comparé aux carburants conventionnels, ainsi que l’introduction des critères sociaux.
Un groupe de travail ad hoc spécial a été mis en place fin février, dans le but d’élaborer les « critères principaux » pour les biocarburants, qui seraient inclus dans les deux directives (EurActiv 01/04/08). Par conséquent, il a été difficile de définir un compromis jusqu'à présent.
Coûts des biocarburants:
Les biocarburants sont plus onéreux que les carburants fossiles traditionnels. L'exemption de taxes est donc nécessaire pour rendre les biocarburants plus compétitifs. Les biocarburants de seconde génération promettent d'être moins chers mais sont toujours à l'étude (lire notre LinskDossier sur les biocarburants de la seconde génération). Dans certains pays comme le Brésil, les coûts de production des biocarburants sont relativement bas.
eBIO (European Bioethanol Fuel Association)
EBB (European Biodiesel Board)