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Lors d'une conférence tenue le 21 juin 2007 à Bruxelles, l'économiste en chef de BP, Peter Davies, a présenté la "Revue statistique" des marchés mondiaux de l'énergie du géant pétrolier pour l'année 2006. En plus d'analyser les principales tendances dans le domaine énergétique, M. Davies a assuré que les craintes relatives à une pénurie de pétrole imminente n'étaient pas justifiées.
Depuis 1951, BP présente chaque année une Revue statistique de l'énergie mondiale, considérée comme l'un des rapports les plus fiables sur l'état des marchés énergétiques mondiaux.
La principale tendance soulignée dans la revue de 2007 a été le déclin de la demande énergétique mondiale en 2006, malgré la croissance record du PIB mondial cette même année. Cette tendance s'expliquerait, selon BP, par les prix élevés du pétrole et par un hiver particulièrement chaud dans de nombreux pays industrialisés.
Peter Davies s'est également confié à EurActiv en marge de la conférence organisée par Les Amis de l'Europe
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Le pic de la production de pétrole
Selon la théorie du "peak oil", proposée par certains experts géologues, le monde aurait atteint ou devrait atteindre prochainement son niveau maximum de production de pétrole (Lire notre LinksDossier).
Cependant, Peter Davies rejette catégoriquement cette théorie, indiquant qu'il est "excessif" de penser que de nouvelles réserves de pétrole ne seront pas découvertes dans les années à venir, et que des réserves connues situées dans des zones difficiles d'accès pourront être exploitées grâce à l'innovation technologique. Le futur potentiel de l'extraction de pétrole dans les eaux profondes, notamment dans le Golf du Mexique, pourrait faire partie de la stratégie future de BP (lire EurActiv du 6/09/2006).
En l'absence de nouvelles découvertes, les chiffres de BP suggèrent que les "réserves conventionnelles de pétrole prouvées" peuvent tenir près de 40 ans au rythme de production actuelle.
Peter Davies a également suggéré que ce n'est pas le manque de ressources qui sera le plus grand "facteur" du déclin de la demande mondiale en pétrole mais les inquiétudes relatives à la sécurité énergétique.
Partisan de cet avis, Le professeur de l'Université d'Harvard, Joseph S. Nye, soutient que bien qu'il soit peu probable que la demande en pétrole diminue de façon significative aux Etats-Unis dans un avenir proche, à plus long terme, une nouvelle coalition "géoécologique" entre les défenseurs de l'environnement et les faucons de la politique étrangère, qui s'inquiètent de la dépendance du pétrole "étranger", pourrait parvenir à adopter des politiques de réduction de la consommation de pétrole.
Interrogé sur le fait que les énergies renouvelables ne sont pas mentionnées dans la Revue statistique 2007, Peter Davies a répondu que les chiffres de la production des énergies renouvelables, comme l'énergie éolienne et solaire, n'avaient pas été "assez importants" pour figurer dans le texte.
Alors que P. Davies n'a pas nécessairement exclu le rôle des renouvelables dans les perspectives futures de l'énergie mondiale, il a également indiqué que BP n'investissait pas nécessairement dans les technologies simplement parce qu'elles étaient renouvelables en soi. La compagnie pétrolière cherche plutôt à investir dans des technologies qui sont rentables et qui réduiront par la même occasion les émissions de gaz à effet de serre, évoquant notamment une combinaison du charbon "propre" et des technologies de capture et stockage de carbone (CSC).
Actuellement, les biocarburants représentent près d'un demi million de baril sur 85 millions de barils de production de pétrole mondiale par jour.
Malgré la petitesse de ce chiffre, P. Davies affirme : "Nous estimons qu'il peut y avoir un énorme potentiel dans les biocarburants si nous pouvons faire ce saut technologique [vers les biocarburants de deuxième génération]".
En réponse aux préoccupations du public concernant le changement climatique, BP a porté une grande attention au bon fonctionnement des systèmes d'échange de quotas d'émissions de carbone, avec les "droits de propriété" pour le climat.
BP examine en particulier la troisième période du système d'échange de quotas d'émissions (EU ETS), à savoir au-delà de 2012, indiquant qu'alors qu'un prix de 25 euros par tonne de CO2 (prix actuel prévu pour la période 2008-2012) pouvait constituer une mesure d'incitation, un prix de 40 à 50 euros par tonne avec davantage de mise aux enchères serait bien plus efficace d'un point de vue économique.
P. Davies considère que les plafonds de CO2 mondiaux "ne sont pas assez bas pour constituer une véritable mesure d'incitation", soulignant que dans le cadre des systèmes actuels d'échange de quotas d'émissions, le monde ne quitte "absolument pas la trajectoire montante des émissions de CO2".