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Touchée sévèrement par la dispute sur le gaz qui oppose la Russie et l’Ukraine, la Bulgarie est prête à rouvrir un des réacteurs nucléaires de sa centrale nucléaire de Kozloduy, dont la fermeture était l’une des conditions de l’adhésion du pays à l’UE.
En 1992, lors d’un sommet du G7, il avait été décidé que les réacteurs un, deux, trois et quatre de la centrale nucléaire de Kozluduy, ainsi que la centrale de Bohunice en Slovaquie et celle de Ignalina en Lituanie devaient être fermés étant donné qu’ils présentaient un niveau de risque élevé.
En 1999, suite à de fortes pressions de Bruxelles avant la décision d’ouvrir les négociations d’adhésion à l’UE, la Bulgarie avait accepté de fermer les unités de réacteurs un et deux. Parallèlement, la Bulgarie avait modernisé les réacteurs trois et quatre affirmant qu’ils ne présentaient pas de danger. Cependant, en octobre 2002, Sofia s’était inclinée face à la pression et avait accepté de fermer les unités trois et quatre à la veille de l’adhésion du pays à l’UE. Ceci avait considérablement contribué à conclure les négociations.
Les réacteurs cinq et six de la centrale nucléaire de Kozloduy construite par les Russes sont considérés comme étant sans danger et continueront à fonctionner.
La Bulgarie reçoit 100 % de ses approvisionnements de gaz de la Russie et produit pratiquement pas de gaz. Le pays dispose d’une seule capacité de stockage, dont les réserves sont limitées.
Alors que l’approvisionnement gazier du pays provenant de la Russie a été complètement coupé au cours de la nuit du 5 au 6 janvier (EurActiv 06/01/09
), le président bulgare Georgi Parvanov a déclaré hier 6 janvier que selon l’article 36 du traité d’adhésion du pays, les réacteurs fermés pouvaient être réactivés en situation de crise tels que celle que le pays traverse actuellement.
Sans mentionner spécifiquement la centrale nucléaire de Kozloduy, l’article indique que pendant une période de trois ans après son adhésion (la Bulgarie a rejoint l’UE en janvier 2007), si des difficultés sérieuses et qui risquent de persister apparaissent dans un secteur de l’économie quel qu’il soit ou si ces difficultés sont susceptibles d’entraîner une dégradation sérieuse de la situation économique d’une région donnée, la Bulgarie pourra demander l’autorisation de prendre des mesures de protection afin de rectifier la situation et d’ajuster le secteur concerné à l’économie du marché intérieur.
D’après des reportages de la presse bulgare, une équipe d’expert travaille déjà à la centrale de Kozloduy dans le contexte des préparatifs pour redémarrer les réacteurs. Ivan Genov, directeur de la centrale, a déclaré qu’il faudrait un mois pour redémarrer l’unité quatre, qui a été fermée lors de l’entrée de la Bulgarie dans l’UE le 31 décembre 2006.
Selon la constitution du pays, le président bulgare ne peut prendre seul une décision sur des questions telles que le redémarrage des unités fermées de Kozloduy. Le Premier ministre Sergey Stanishev a jusqu’à présent gardé le silence sur cette question.
Le porte-parole de la Commission européenne Ferran Tarradellas a indiqué hier qu’il ne ferait aucun commentaire sur la réouverture des unités de Kozloduy tant que l’exécutif européen ne recevait pas de demande officielle de la part de la Bulgarie. Il a reconnu que le pays se trouvait en situation de crise, mais il a indiqué que le groupe de coordination pour le gaz de l’UE devait se rencontrer vendredi pour examiner les répercussions de la crise. Des décisions visant à répondre aux problèmes du pays ne seront adoptées qu’à l’issue de cette rencontre, a-t-il expliqué.
Le Premier ministre hongrois Ferenc Gyurcsany a déclaré le 6 janvier que le gouvernement de son pays considère comme inacceptable le fait que les consommateurs européens paient le prix de la querelle en cours entre la Russie et l’Ukraine. M. Gyurcsany a ajouté que la Hongrie soutenait à la fois le projet de gazoduc South Stream et celui de Nabucco, donnant néanmoins priorité au dernier.
Dans un courrier au Premier ministre russe Vladimir Poutine, à la Première ministre ukrainienne Yulia Tymoshenko et au Premier ministre tchèque Mirek Topolanek, dont le pays occupe actuellement la présidence européenne, M. Gyurcsany a déclaré que le problème n’était plus simplement une question de dispute commerciale, mais un problème de relations entre l’Union et ses voisins à l’Est.