La Russie n’était pas préparé au changement de position de la Bulgarie sur South Stream, a rapporté aujourd’hui (14 juillet) l’agence russe Prime Tass, après que le nouveau premier ministre bulgare Boyko Borissov ait demandé au gouvernement sortant de geler les principaux accords sur l’énergie jusqu’à ce qu’il prenne la tête du pays.
Dans une lettre à l’actuel ministre de l’énergie Petar Dimitrov, publiée sur le site de son parti, M. Borissov demande au gouvernement sortant de suspendre temporairement les négociations sur la participation du pays dans les principaux projets énergétiques, y compris South Stream et la construction d’une nouvelle centrale électrique à Belene (voir EurActiv 03/09/08).
Vladimir Bruter, un expert à l’Institut international de sciences humanitaires et politiques (Moscou), a déclaré que M. Borissov a toujours revendiqué des positions pro-occidentales, partageant l’objectif énergétique de l’UE de réduire la dépendance au gaz russe.
M. Bruter a affirmé que la position de M. Borissov ne devrait pas surprendre la Russie et que Moscou devrait se faire à l’idée que le nouveau dirigeant bulgare prenne ses distances vis-à-vis de Moscou. Vitaliy Kryukov, un expert chez IFD Kapital, une compagnie financière, a affirmé qu’un changement de positions ou un ralentissement dans la construction de South Stream pourrait être douloureux pour la Russie.
Gazprom veut lancer South Stream avant Nabucco, soutient M. Kryukov, et si cet objectif n’est pas atteint, Gazprom perdrait une partie de son marché, a-t-il expliqué.
Il a ajouté que le nouveau gouvernement bulgare essayerait naturellement d’obtenir de meilleures conditions en échange de la participation du pays dans le projet. Mais M. Kryukov ne s’attend pas à ce que la Russie fasse des concessions, écrit Prime Tass.



