La Commission a présenté le 10 janvier 2007 des propositions attendues de longue date dans le domaine de l'énergie qui, elle l'espère, "lanceront une nouvelle révolution industrielle dans le monde" et permettront à l'UE de mieux faire face aux futurs chocs pétroliers.
"Si nous prenons les bonnes décisions maintenant, l'Europe peut être à l'origine d'une nouvelle révolution industrielle dans le monde : le passage à une économie à faible production de carbone," a déclaré le commissaire à l'énergie, Andris Piebalgs.
L'un des principaux éléments de la nouvelle stratégie énergétique est l'objectif obligatoire de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20% avant 2020 par rapport aux niveaux de 1990.
Le commissaire à l'environnement, Stavros Dimas, a souligné que cet objectif devait être poursuivi "unilatéralement ... même s'il n'existe aucun accord international sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre" après 2012, date à laquelle les objectifs de Kyoto expirent.
Au niveau international, la Commission propose que les Etats membres adoptent un objectif de réduction des gaz à effet de serre de 30% pour les pays développés d'ici 2020.
Pour atteindre ces objectifs, l'exécutif européen propose :
- d'achever le marché intérieur de l'électricité et du gaz (EurActiv 9/01/07);
- d'adopter un objectif de 20% d'énergies renouvelables dans le bouquet énergétique de l'UE d'ici 2020 (l'objectif actuel est de 10% pour 2010);
- d'obliger chaque Etat membre à prévoir 10% de biocarburants dans leur bouquet énergétique pour les transports d'ici 2020;
- de réduire de 20% la consommation totale d'énergie primaire d'ici 2020, un objectif déjà prévu l'année dernière dans un plan d'action sur l'efficacité énergétique. Parmi les nouvelles initiatives dans ce domaine, le plan propose un accord international sur les normes relatives à l'efficacité énergétique dans les pays producteurs d'appareils;
- de se tourner vers un "avenir à faibles émissions de CO2" à l'aide des technologies de 'charbon propre' et des techniques de piégeage et de stockage du CO2. "Le charbon et le gaz représentent plus de 50% de la fourniture en électricité de l'Europe et resteront une part importante de notre bouquet énergétique," a précisé la Commission;
- de développer une politique énergétique extérieure commune pour "poursuivre activement les intérêts de l'Europe" sur la scène internationale avec les principaux pays fournisseurs, consommateurs et de transit, dont la Russie;
- d'élaborer un plan stratégique européen pour les technologies énergétiques en vue de concentrer les efforts de R&D sur les technologies à faible émission de carbone;
Au sujet du nucléaire, la Commission a décidé d'adopter une position "agnostique", laissant les Etats membres décider en la matière.
Afin de tenir compte de leurs spécificités nationales, les Etats membres seront également libres de définir leur propre stratégie pour atteindre l'objectif général concernant les énergies renouvelables. Le plan de la Commission supprime par ailleurs l'objectif spécifique relatif à l'électricité produite à partir des renouvelables, fixé jusqu'alors par une directive européenne à 21% d'ici 2010.
Bruxelles souhaite cependant que les Etats membres définissent des plans d'action nationaux fisant des objectifs précis et sectoriels pour chaque secteur concerné par les énergies renouvelables - électricité, biocarburants, chauffage et climatisation.
La Commission suivra de près les progrès réalisés dans une série de rapports semestriels.




