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Les changements climatiques « poussent le marché de l’énergie à réfléchir » [FR]

Publié 22 avril 2009
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La notion selon laquelle les forces du marché peuvent résoudre des questions sociétales à long terme est devenue « complètement obsolète » face au besoin de lutter contre le réchauffement climatique mondial, selon David Buchan, chargé de recherches à l’Oxford Institute for Energy Studies. Dans un entretien accordé à EurActiv, il laisse entendre que l’approche britannique laxiste de l’énergie a pu manquer de perspicacité.

Présentant son nouveau livre à Bruxelles le 20 avril (« Energy and climate change: Europe at the crossroads »), M. Buchan a déclaré que la politique européenne relative au changement climatique agissait profondément sur l’intégration européenne.

« La politique relative au changement climatique constitue une évolution relativement considérable d’un point de vue intégrationniste […] Sur la question de la détermination du prix du carbone, c’est uniquement au niveau européen. Et bien sûr, il y a toute la législation qui en découle et la réglementation qui s’ensuit, telles que la réglementation sur les voitures, sur l’amélioration de l’efficacité dans la construction, sur l’inclusion des émissions par l’aviation dans le système ETS – et probablement le transport, ultérieurement-, etc. »

« Donc, d’un point de vue politique, il me semble que tout cela a un fort effet intégrateur. »

Cependant, il a annoncé qu'il existait des compromis entre les objectifs européens en matière de sécurisation de l'approvisionnement énergétique et de concurrence sur le marché, ainsi que des questions environnementales à plus long terme, comme le changement climatique.

Des marchés libres « complètement obsolètes »

Pour M. Buchan, les gens se rendent comptent maintenant, en particulier au Royaume-Uni, que le changement climatique et des marchés libres de l’énergie ne sont pas compatibles.

« C'était un problème pour les Britanniques, mais je pense qu’ils acceptent désormais –je pense que chacun doit maintenant accepter– que le changement climatique implique qu’il y aura plus d’ingérence dans le marché, qu’il y aura plus de mécanismes non basés sur le marché, comme on les appelle – objectifs, quotas, etc. »

« Ainsi, si vous êtes encore un idéologue du marché libre, vous penserez "ceci est un épouvantable compromis", et que c’est ce qui détruit les marchés. Reste que je suis convaincu que libre marché de l’énergie est un concept totalement dépassé par les nécessités du changement climatique. »

Cependant, M. Buchan reste sceptique quant au maintien de grands champions de l’énergie comme EDF en France ou E.ON en Allemagne, qui n’ont pas de sens d’un point de vue économique.

« D’un point de vue économique, je ne pense pas qu’il y ait de grandes économies d’échelle en ayant de gigantesques sociétés. Les sociétés qui fonctionnent efficacement n’ont pas besoin d’être aussi importantes », a-t-il ajouté.

L'approche  « laxiste» britannique n'est « pas particulièrement sensée » 

Il a toutefois reconnu la valeur de les conserver pour des raisons de sécurité énergétique. « Evidemment, si vous êtes EDF en France et que vous construisez des centrales nucléaires, il est très utile d’être une grosse société avec un bilan important et la présence de l’Etat parmi les actionnaires principaux. »

En comparaison, a-t-il déclaré, « le Royaume-Uni ne semble pas se préoccuper du fait d’être ou non un champion de l’énergie ». Mais il a semblé se demander si le Royaume-Uni ne s’était pas trompé en laissant son marché de l’énergie à la merci des forces du marché.

« Comme je le décris dans le livre, il y a eu une sorte d’attitude de "laissez-acheter" de la part des Britanniques. Quiconque peut arriver et acheter n’importe quoi, du moment qu’il en donne un bon prix. En tant que Britannique, cela me met mal à l’aise. »

« Je ne pense pas que cela soit tout à fait sensé. »

Pour lire l’entretien dans son intégralité, cliquez ici. 

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