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Head of Unit - Corporate Services M/F (Grade AD 10)
Permanent representative in Madrid
Principal, Border Management Staff College (P5)
Stagiaire / Trainee - for the leading EU policy media
Junior Scientific and Technical Advisor
Assistant Communications & Public Affairs Departments
Mettre une annonceLe charbon revient sur le devant de la scène en tant que source d'énergie économique et fiable. La demande énergétique mondiale augmentant à une vitesse sans précédent, les importantes réserves de charbon dans le monde suscitent de plus en plus l'intérêt des gouvernements en Europe, aux Etats-Unis et en Asie. Cependant, tandis que l'efficacité et la propreté des centrales au charbon s'améliorent, le charbon reste le carburant fossile le plus polluant. De plus, le charbon propre, soit celui qui n'émet presque pas d'émissions de CO2 grâce à la capture du carbone et aux technologies de stockage, ne devrait pas être viable sur le plan économique avant vingt ans. La question de la lutte contre le réchauffement climatique se faisant de plus en plus pressante, le charbon n'est donc tout simplement pas la solution, estiment les écologistes.
La hausse du prix du gaz et du pétrole, combinée à une situation géopolitique instable dans les principales régions de production, ramène le charbon sur le devant de la scène en tant que source d'énergie sûre et bon marché. La demande globale en charbon devrait régulièrement augmenter au cours des prochaines décennies, l'essentiel de la demande provenant de Chine et d'Inde, mais également des Etats-Unis (prévisions énergétiques de l'AIE). Le charbon compte plusieurs avantages :
Dans l'UE, la situtation diffère fortement d'un pays à l'autre :
Les émissions de polluants (principalement Mercure-Hg; Oxide d'azote-NOx; dioxyde de soufre-SOx) sont les principaux problèmes pour l'environnement liés à l'utilisation du charbon. Les émissions de SOx en particulier constituent un défi important car elles sont à l'origine des pluies acides.
Cependant, plusieurs techniques de combustion avancée existent déjà afin de réduire les émissions nocives. Elles nécessitent moins de charbon pour faire fonctionner les turbines à vapeur qui produisent de l'électricité, rejetant ainsi moins de gaz nocifs et de déchets. Parmi les technologies existantes figurent :
D'autres technologies sont également en cours de développement :
Ces procédés impliquent souvent de 'nettoyer' le charbon pour en retirer les minéraux et autres matières indésirables, et de l'écraser afin qu'il se consume plus efficacement. Selon le WCI, le fait de nettoyer le charbon réduit la quantité de cendre de plus de 50%, diminuant ainsi les émissions de particules et de SOx et augmentant son efficacité énergétique, ce qui réduit à son tour les émissions de CO2. Cependant, ce procédé implique aussi des coûts supplémentaires.
Malgré les progrès technologiques dans le domaine de la combustion, le charbon rejette encore beaucoup de CO2, bien plus que le gaz, et son utilisation accrue menace d'anéantir les efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Sur le long terme, la capture et le stockage du CO2 (technologie CCS) à très grande profondeur est la seule technologie prévue pour obtenir un charbon avec zéro émission de CO2. Cette technologie peut également servir à injecter du CO2 dans les nappes de pétrole en cours d'épuisement afin d'en augmenter le débit.
Cependant, la technique de la capture et du stockage de CO2 est encore au stade de développement et est uniquement testée sur des projets à échelle réduite et sur des installations expérimentales. Elle est encore trop chère pour être économiquement viable.
La Commission européenne estime que les centrales électriques au charbon resteront "la principale source d'électricité au niveau mondial" pour encore un certain temps. Lors d'un discours en mai 2006, le commissaire à l'énergie, Andris Piebalgs, a déclaré que compte tenu des évolutions technologiques, les prévisions concernant le charbon sont "plus positives aujourd'hui que depuis de nombreuses années". Cependant, il a ajouté que l'utilisation du charbon devait s'accompagner d'une réduction des émissions de CO2. "Nous mettons au défi les chercheurs, les industriels et les Etats membres de démontrer comment le charbon peut contribuer à une énergie durable, sûre et compétitive pour l'Europe". La Commission finance des recherches sur les technologie du charbon 'propre' et sur la capture et le stockage du CO2 dans le cadre du 7ème Programme-cadre de recherche et de développement (7ème PCRD). Le but est de réduire le coût de la technologie CCS à moins de 20€ par tonne, avec un taux de capture de plus de 90%.
Selon le Docteur Heinz Scholtholt, membre du bureau de STEAG, une entreprise allemande dans le domaine de l'énergie, le charbon restera une source d'énergie importante du fait de son prix abordable et des quantités importantes disponibles. Selon M. Scholtholt, "d'un point de vue technologique et écologique, le gaz naturel est bien plus intéressant que le charbon, mais il est bien plus cher et doit être importé, alors que le charbon est une source d'énergie domestique". Dans le même temps, il reconnaît que le problème des émissions de CO2 doit encore être résolu. Selon lui, le développement de centrales au charbon ne rejetant quasiment pas de CO2 devrait assurer à l'Allemagne une position de leader au niveau mondial dans les technologies du charbon propre.
Au Royaume-Uni, un groupe de travail sur le charbon propre ('Clean Coal Task Group')composé d'experts de différents horizons a présenté à Tony Blair un rapport en juin 2006. Le groupe soutient le développement des technologies du charbon propre à la fois sur le plan industriel mais aussi pour des raisons environnementales. Selon ce rapport, "l'ambition du gouvernement doit être au moins de conserver la capacité actuelle de production d'énergie à partir du charbon (29GW), tout en transformant toutes les installations pour qu'elle fonctionne au charbon propre et n'emettent plus de rejets nocifs". Cette ambition pourrait devenir réalité grâce à la construction de nouvelles installations et la mise aux normes de celle déjà existantes, ainsi que par l'adaption graduelle d'installation à la technologie CCS.
Selon Christian Egenhofer, un chercheur sur les questions de climat et d'énergie au Centre for European Policy Studies (CEPS) à Bruxelles, une réduction importante des émissions de CO2 des centrales au charbon n'est pas envisageable sur le court terme. Pour le chercheur, la technologie actuelle dite du 'charbon propre' est incapable d'arriver à des réductions des émissions de CO2 de 50 à 80%, qui sont les objectifs à atteindre d'ici 2050 pour lutter contre le réchauffement climatique. Les centrales au charbon les plus récentes "ont beau être très efficaces, elles rejettent toujours beaucoup de CO2" a rappelé M. Egenhofer.
Cependant, sur le long terme, M. Egenhofer estime que la technique de la capture et du stockage de CO2 pourrait tirer son épingle du jeu. Cependant, cette technologie ne deviendra probablement pas compétitive avant au moins 20 ans. M. Egenhofer prédit que des mesures specifiques seront adoptées par les autorités pour soutenir cette technique de capture et de stockage comme ce fut le cas pour les énergies renouvelables.
WWF, l'organisation mondiale de protection de la nature, considère que les centrales au charbon sont les plus riches en carbone, et donc les plus polluantes. Selon elle, le secteur de l'énergie est responsable à lui seul de 37% de l'ensemble des émissions de CO2 d'origine humaine. En Europe, le WWF a publié une étude classant les centrales selon la quantité de CO2 qu'elles produisent. 27 des 30 premières fonctionnent au charbon. Pour Imogen Zethoven, de WWF, "pour enrayer le phénomène de réchauffement climatique, nous devons les remplacer par des énergies plus propres comme le gaz et les énergies renouvelables".
Deux récentes études, l'une publiée en mars 2007 par l'Energy Watch Group et l'autre en février 2007 par le Centre conjoint de recherche de la Commission (JRC), confirment que si le charbon restera une source d'énergie importante au 21ème siècle, les réserves connues pourraient en revanche s'épuiser plus rapidement que prévu, et le coût de l'extraction et de la production devrait augmenter.