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Débat de l'UE : inviter ou non la Russie à s'engager dans Nabucco? [FR]

Publié 02 février 2009
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Suite au différend gazier entre la Russie et l’Ukraine, les législateurs du Parlement européen examinent la possibilité d’inviter la Russie à s'engager dans le projet de gazoduc européen Nabucco afin d’éviter que des projets rivaux soutenus par Moscou ne fassent concurrence.

La proposition fait partie d’un rapport sur la révision de l’analyse stratégique de la politique énergétique, dont le vote doit avoir lieu demain au Parlement européen. 

L’auteur du rapport, Anne Laperrouze, eurodéputée française (ADLE) et vice-présidente de la commission de l’Industrie, de la recherche et de l’énergie du Parlement, soutient fortement Nabucco et regrette que les progrès visant à la mise en œuvre de ce projet soient timides. 

Mais elle a également souligné le besoin de diversifier les fournisseurs potentiels, car il est de moins en moins sûr que les pays de la région caspienne puissent rapidement alimenter Nabucco avec le gaz nécessaire. 

Dans une déclaration explicative, Mme Laperrouze a indiqué qu’elle recommande une approche basée sur la conciliation dans le dialogue avec la Russie, dont les approvisionnements vers l’UE représente 42 % du gaz européen, ainsi que 100 % du gaz importé par la Pologne, la Finlande et les Etats baltes. 

Selon Mme Laperrouze, Moscou pourrait avoir la solution au problème. Dans son rapport, elle suggère qu’au lieu de rivaliser avec la Russie, l’UE aurait plus de chances d’arriver à terme du projet Nabucco avec l’aide de Moscou. 

Le Parlement européen espère, à titre d’exemple, que le gazoduc Nabucco sera réalisé en coopération avec la Russie, afin d’éviter la concurrence entre les deux gazoducs et pour pouvoir à terme acheminer du gaz de la Russie, de l’Iran et de la mer Caspienne, indique le rapport.  

Selon l’eurodéputée, les relations entre l’UE et la Russie doivent être fondées sur l’interdépendance. Elle souligne également le fait que dans le cadre de négociations continues, l’UE devrait éviter d'exiger de la Russie la ratification de la Charte de l’énergie lorsqu’elle rappelle aux autorités russes leur approbation des principes de la charte, principes qui sont couverts par d’autres accords tels que celui d’adhésion à l’OMC, ou le problème particulier de l’enrichissement de l’uranium, qui nécessite des négociations spécifiques entre l’UE, les Etats-Unis et la Russie, écrit-elle dans son projet de rapport.

Contexte : 

Le projet de gazoduc Nabucco vise à diminuer la dépendance de l’UE au gaz russe en important du gaz de la région caspienne vers une station centrale en Autriche via les Balkans.

Le gazoduc devrait commencer son activité en 2013. Toutefois, sa construction n’est pas encore sûre. En effet, en raison des hésitations continuelles dont fait preuve le secteur privé pour financer le projet, sans oublier la brève guerre entre la Géorgie et la Russie en août 2008, Nabucco est confronté à un futur incertain (EurActiv 25/08/08). 

Officiellement, la Commission européenne refuse d’admettre que le projet est compromis. Mais il rencontre de nombreux obstacles, notamment le projet rival soutenu par le géant russe Gazprom, South Stream. 

Le consortium Nabucco comprend de grandes entreprises européennes du secteur de l’énergie : OMV (Autriche), MOL (Hongrie), RWE (Allemagne), Bulgargaz (Bulgarie), Transgaz (Roumanie) et Botas (Turquie). Mais trois membres du consortium, OMV, MOL et Bulgargaz, se sont déjà engagés auprès du gazoduc South Stream, prévu par Gazprom, suscitant des interrogations sur la question des conflits d’intérêts ainsi que sur leur engagement vis-à-vis de Nabucco.

Un certain nombre de gouvernements, notamment l’Allemagne, la France et l’Italie, qui entretiennent des liens étroits avec le Kremlin et détiennent des contrats à long terme avec Gazprom, ne sont pas convaincus du besoin d’un nouveau gazoduc. 

Lors d’un récent « sommet Nabucco » à Budapest (EurActiv 28/01/09), l’UE a exclu tout soutien financier à Nabucco, mais a néanmoins engagé 250 millions d’euros au titre d’instrument de partage des risques dans le but d’effectuer les emprunts bancaires dans de meilleures conditions que celles offertes par le marché (EurActiv 29/01/09). 

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