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Des militants portent plainte pour supprimer les subventions au nucléaire

Publié 24 janvier 2012
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Des avocats représentant des militants britanniques antinucléaires ont déposé une plainte auprès de la Commission européenne au sujet des subventions atomiques qu'elle alloue. Si elle est maintenue, cette plainte pourrait empêcher la construction de nouveaux réacteurs dans l’UE.

« L'énergie nucléaire est lourdement subventionnée et ce n'est pas juste, surtout si l'on prend en compte les arguments du gouvernement britannique », a déclaré Gerry Wolff, coordinateur de l'organisation Energy Fair qui a déposé une plainte auprès de la DG Concurrence.

« Ils ont répété à plusieurs reprises que l'énergie nucléaire ne devrait pas recevoir de subventions », a-t-il expliqué à EurActiv.

Energy Fair argue que la limitation des responsabilités accordée par les gouvernements britanniques et européens à l'industrie nucléaire constitue une forme de subvention déloyale.

Si cette limitation était supprimée, le secteur du nucléaire ne serait plus compétitif face aux autres technologies faibles en carbone.

« Il a été calculé que si les opérateurs nucléaires devaient s'assurer pour couvrir le coût total des catastrophes nucléaires éventuelles comme celles de Tchernobyl ou de Fukushima, le prix de l'électricité nucléaire augmenterait d'au moins 0,14 euro par kWh, voire de jusqu’à 2,36 euros », peut-on lire dans un communiqué de presse publié sur le site de l'organisation.

L'électricité éolienne vaut quant à elle environ 0,14 euro par kWh au Royaume-Uni.

Intervention de l'Etat

Les partisans du nucléaire arguent que les probabilités d'un accident catastrophique sont si faibles et que les sommes en jeux sont si importantes qu'une intervention de l'Etat pour parer à cette éventualité constitue une approche prudente. Selon eux, il s'agit également de l'une des options permettant de passer à une économie faible en carbone.

M. Wolff a quant a lui expliqué que même à un ratio d'un accident tous les 10 000 ans, avec quelque 400 réacteurs nucléaires en marche dans le monde, les délais entre les accidents ne feraient que diminuer.

« Si l'on examine les chiffres, avec Three Mile Island, Tchernobyl et Fukushima, en ignorant même certaines catastrophes entre-temps, on arrive à un accident tous les 11 ans », a-t-il expliqué.

« Les chiffres selon lesquels les probabilités sont très faibles ne sont pas justes. »

Energy Fair déplore également que l'uranium ne soit pas sujet à la taxe britannique sur l'électricité et le carburant, que de nouvelles propositions mentionnent que de l'argent de l'Etat pourrait être utilisé pour pallier les dépassements de coût de l'élimination des déchets nucléaires et que les tarifs de rachat pour le nucléaire constituent une autre forme de subvention de facto.

Il faudra attendre jusqu'à 18 mois avant que la Commission européenne ne rende sa décision.

EurActiv.com - traduit de l'anglais par Amandine Gillet
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Un réacteur nucléaire la nuit
Contexte : 

Le 30 mai 2011, le gouvernement de coalition en Allemagne a voté pour fermer tous les réacteurs nucléaires du pays d'ici à 2022, suite à la catastrophe de Fukushima au Japon. Avant de lancer ce processus, l'Allemagne tirait 23 % de son électricité des centrales nucléaires.

La coalition s'est mise d'accord pour que les huit plus vieux réacteurs (sur 17 en tout) du pays restent définitivement fermés. Sept d'entre eux avaient été fermés temporairement en mars, juste après le séisme et le tsunami qui ont frappé Fukushima. L'un d'entre eux ne fait plus partie du réseau depuis des années. Six réacteurs supplémentaires seront fermés d'ici 2021. Les trois réacteurs restants, les plus récents, resteront en fonction une année de plus, jusqu'en 2022, pour la sécurité de l’approvisionnement.

L'Italie, la Suisse et la Belgique ont également décidé de ne plus construire de nouveaux réacteurs depuis la tragédie de Fukushima.

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