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Désaccords sur la libéralisation du marché européen de l'énergie [FR][en

Publié: mercredi 27 juin 2007    | Mis à jour: lundi 2 juillet 2007   

Le 26 juin 2007, les panélistes provenant de secteurs divers ont débattu du rôle de la règlementation, des incitations fiscales, des consommateurs et d'autres sujets liés à la transformation du marché européen de l'énergie au vu des préoccupations concernant le changement climatique et la sécurité énergétique.

Contexte:

L'évènement entre dans le cadre d'une conférence annuelle sur l'énergie en Europe, organisée à Bruxelles par le think-tank Les amis de l'Europeexternal

Parmi les participants figuraient Robert Amsterdam, avocat de l'ancien président de Loukos Mikhaïl Khodorkovski, Claude Mandil de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) et Philip Lowe, directeur général de la concurrence à la Commission.

A lire aussi:

Autres articles:

  • Fiscalité de l'énergie

Lors du discours d'ouverture de l'évènement, le commissaire chargé de la fiscalité et de l'Union douanière, Laszlo Kovacs, a expliqué le rôle des politiques fiscales dans la restructuration du marché énergétique de l'UE pour atteindre les objectifs de 20% fixés par les dirigeants européens en mars 2007 (EurActiv 13/03/07). Le commissaire Laszlo Kovacs a indiqué que la révision de la directive sur la fiscalité de l'énergieexternal était orientée en fonction des considérations de contenu énergétique et des émissions de CO2. La Commission favorise dont les incitations fiscales pour les technologies et les sources énergétiques efficaces et faibles en carbone. 

  • Libéralisation

La libéralisation des marchés énergétiques s'est retrouvée au coeur des discussions. Statuant contre la libéralisation, le blogger et banquier d'affaires Jérôme Guillet a indiqué que s'il n'y a plus de des garanties d'Etat pour les investissements, cela encouragera l'investissement dans des technologies moins chères et à plus forte teneur en carbone, comme les usines à charbon ou à gaz, et cela découragera les investissements dans des infrastructures pour énergies renouvelables plus chères (au début).

Dominique Ristori de la DG Energie et Transports de la Commission a démenti cette affirmation, soutenant que dans le contexte actuel de volatilité des prix des produits énergétiques, on ne peut pas partir du principe que certaines sources énergétiques resteront toujours moins chères. D. Ristori a ajouté que même si les Etats membres étaient autorisés à soutenir les infrastructures pour énergies renouvelables, il n'y a tout simplement pas assez de fonds dans les coffres de l'Etat pour soutenir les investissements massifs nécessaires aux infrastructures énergétiques dans les décennies à venir.

Huit Etats membres, le Danemark en tête, ont par ailleurs écrit à la Commission pour soutenir le démantèlement des grandes entreprises énergétiques, une initiative qui va à l'encontre de la position française et allemande notamment. 

  • Sécurité du réseau 

Un représentant du géant énergétique allemand E.ON a proposé qu'au lieu de "scinder la propriété", à savoir séparer la propriété du réseau des services de transmission, l'Europe devrait posséder un réseau transfrontalier efficace et sûr qui puisse alimenter l'énergie éolienne du nord et l'énergie solaire du sud par exemple. 

S'exprimant au nom de l'industrie de la cogénération, Fiona Riddoch a réfuté la déclaration du représentant d'E.ON selon laquelle une production d'énergie plus indépendante déstabiliserait les réseaux et conduirait à des coupures d'électricité, citant l'exemple du Danemark, où les installations de production combinée de chaleur et d'électricité (cogénération) satisfont jusqu'à 50% des besoins énergétiques du pays. 

  • Politiques et objectifs

Il a été communément admis au sein des panélistes que les objectifs des 20%, bien qu'ambitieux, étaient une bonne chose, et qu'ils devaient être suivies de mesures politiques efficaces.

D. Ristori a souligné que le changement climatique et les politiques énergétiques qui y sont liées représentaient un défi mondial, et que l'UE ne serait pas capable d'atteindre ses objectifs sans un soutien au niveau international.

  • Echange de quotas d'émissions

Neil Eckert de l'entreprise d'échange de carbone Climate Exchange a plaidé en faveur d'un système d'échange de quotas d'émissions de CO2 et d'un prix du carbone  élevé : De 40 à 50 euros par tonnes de CO2, par opposition aux 25 euros par tonne actuellement prévus par la Commission pour la période 2008-2012.

  • Le rôle du consommateur

En réponse aux discussions sur l'importance d'un changement dans les habitudes du consommateur pour parvenir aux réductions des émissions de CO2, Edda Mueller de la Fédération des organisations du consommateur allemandes a indiqué que les consommateurs ne prétendent pas contribuer au réchauffement climatique, mais sont davantage intéressés dans les technologies efficaces et économiques qui éclairent leurs foyers et fournissent des transports fiables.

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