Quelque 11,6 gigawatts (GW) de capacité éolienne ont été connectés au réseau en 2012, soit une augmentation de 12 % par rapport à l'année précédente. L'Europe disposait donc d'une capacité éolienne totale de 105,6 GW, selon les statistiques annuelles de l'EWEA pour 2012, publiées hier (7 février).
La valeur de cet investissement pourrait s'élever à 17,2 milliards d'euros, mais l'association de l'énergie éolienne met en garde contre des perspectives à venir.
« Les données de 2012 reflètent les commandes passées avant que la vague d'incertitude politique ne déferle sur l'Europe depuis 2011, dont l'incidence sur le secteur de l'énergie éolienne est extrêmement négative », a déclaré Christian Kjær, le directeur général sur le départ de l'EWEA.
« Nous nous attendons à ce que cette instabilité soit beaucoup plus apparente au niveau des installations de 2013 et 2014. »
Même si l'énergie éolienne représentait 26 % de toutes les nouvelles installations énergétiques dans l'UE, l'énergie solaire photovoltaïque en constituait 30 % et le gaz 24 %.
L'énergie éolienne en mer a enregistré une augmentation historique en 2012 et cette tendance devrait se poursuivre en 2014. Cette hausse reflète peut-être le poids des arguments des populations opposées à l’implantation de nouvelles installations électriques près de chez elles. L'énergie éolienne terrestre représente 90 % de toutes les nouvelles installations de l'année dernière.
Arthouros Zervos, le président de l'EWEA, prévoit une année « difficile ». Il a déclaré lors de la conférence de l'association à Vienne que des changements soudains ou rétroactifs afin de soutenir les programmes d'énergie éolienne nuisaient au secteur.
« Le secteur de l'énergie éolienne subit de nombreuses pertes d'emplois et connaîtra d'autres difficultés cette année », a-t-il indiqué. Il a ajouté que des objectifs contraignants d'énergie renouvelable pour 2030 (l'EWEA plaide pour 45 %) restaureraient la confiance des investisseurs.
L'Allemagne, la reine de l'énergie éolienne
L'Allemagne reste la figure de proue incontestée du continent en matière d'énergie éolienne, selon ce rapport. Le pays accueille 21 % de toutes les nouvelles installations éoliennes et 22 % de la capacité existante. L'Espagne, le Royaume-Uni et l'Italie suivent de près.
« Plusieurs grands marchés, comme l'Espagne et l'Italie, et certains marchés émergents qui avaient une croissance rapide, tels que la Bulgarie, pourraient [toutefois] ralentir de manière considérable au cours des prochaines années », peut-on lire dans ce rapport.
L'industrie en herbe de l'énergie propre est également confrontée à une pénurie d'environ 5 000 employés qualifiés par an.
« Il existe un risque réel de pénurie de travailleurs convenablement qualifiés », a déclaré Andrew Garrad, le président de GL Garrad Hassan, un cabinet-conseil spécialisé dans l'énergie renouvelable. Il a mis en évidence une pénurie d'ingénieurs dans l'exploitation et l'entretien.
L'énergie solaire répond maintenant à 7 % de la demande européenne en électricité, contre 6,3 % à la fin de l'année 2011. Quinze États membres disposent maintenant de plus d'un gigawatt de capacité installée.
La Pologne et la Roumanie dépassent leurs engagements
De nouveaux États membres comme la Pologne et la Roumanie ont enregistré des records historiques et ont contribué à environ 8 % de la capacité totale de l'UE.
« L'énergie éolienne en Europe centrale et orientale, notamment en Turquie, réduira substantiellement la dépendance des secteurs énergétiques vis-à-vis des carburants fossiles », a déclaré M. Kjær.
Le continent accuse cependant un retard de près de 2 GW par rapport aux prévisions du plan d'action national en matière d'énergies renouvelables. Dix-huit États membres sont à la traîne, notamment la France, la Grèce, la Hongrie, le Portugal, la République tchèque et la Slovaquie.
La tendance à long terme de l'Europe penche toujours vers une économie faible en carbone. Depuis 2000, l'énergie éolienne représente 27,6 % de toute la nouvelle capacité installée, les énergies renouvelables 51,2 % et les énergies renouvelables et le gaz ensemble 91,2 %.
Les centrales énergétiques au charbon ne comptaient que pour 7 % des nouvelles installations en Europe l'année dernière. Quelque 69 % d'entre elles étaient renouvelables.





