Beijing a également dû défendre sa politique d'exportations des terres rares au second jour de la visite de Mme Merkel en Chine, vendredi dernier (31 août). Le premier ministre, Wen Jiabao, a alors expliqué que la Chine ne freinait pas volontairement ses exportations face à une contraction de la demande qui a provoqué une hausse des prix.
La Chine représente plus de 90 % de l'offre mondiale en terres rares, des matériaux essentiels aux secteurs de la défense, de l'électronique et des énergies renouvelables.
Lors d'une visite dans la ville natale de M. Wen à Tianjin, en périphérie de Beijing, Mme Merkel a été claire : la Chine doit faire des concessions si elle veut éviter une initiative européenne dans le conflit sur l'énergie solaire.
La Commission européenne a jusqu'à vendredi (7 septembre) pour décider si elle souhaite ouvrir une enquête suite à une plainte déposée par des entreprises européennes du secteur. Plusieurs sources proches du dossier pensent que la Commission pourrait bien décider d'aller dans ce sens.
À l'issue de ses discussions avec M. Wen, Mme Merkel a déclaré à la presse qu'elle favorisait les négociations plutôt que la confrontation sur ce sujet, des propos salués par le premier ministre chinois mais qui ont suscité des inquiétudes parmi les acteurs européens du secteur solaire.
Vendredi, son ton n'était pourtant pas si conciliant, lorsqu'elle a affirmé que les entreprises solaires chinoises devaient reconnaître que les subventions comme les prêts bancaires à bas taux faussaient la concurrence et enfreignaient le droit européen.
« Nous ne sommes pas encore au bout de nos peines », a-t-elle commenté. « Je plaide en faveur de la transparence pour tous, je souhaite que tout le monde joue cartes sur table sur ce qui est produit. »
Le mois dernier, un groupe d'entreprises du secteur solaire mené par l'Allemande SolarWorld a porté plainte auprès de la Commission européenne pour antidumping, contre les entreprises chinoises rivales.
Les entreprises chinoises ont alors appelé le gouvernement chinois à riposter si Bruxelles décidait de donner suite à cette plainte. SolarWorld a déjà lancé une initiative similaire aux États-Unis, ce qui a mené la première puissance économique mondiale à imposer en mai dernier des droits de douane sur les panneaux solaires importés de Chine.
« Les propos de la chancelière Merkel n'empêcheront peut-être pas le commissaire [au commerce], Karel De Gucht, d'ouvrir cette enquête », a expliqué Vasiliki Avgoustidi, directrice associée de Berwin Leighton Paisner LLP à Bruxelles.
Ces dernières années, les entreprises solaires occidentales ont accusé leurs homologues chinoises de recevoir des lignes de crédit généreuses pour pouvoir vendre des panneaux solaires bon marché en Europe tout en protégeant leur propre marché.
Près de 60 % des exportations solaires de la Chine, d'une valeur de 28,5 milliards d'euros, ont atterri dans l'UE en 2011.
La Chine défend sa politique sur les terres rares
À propos du litige sur le commerce des terres rares chinoises, M. Wen a déclaré que Beijing n'avait pas l'intention de limiter ses exportations et souhaitait que cette question soit réglée par le biais de la coopération plutôt que des plaintes.
L’Organisation mondiale du commerce a fait savoir qu'elle examinait les plaintes déposées par l'Europe, le Japon et les États-Unis quant aux limitations des exportations chinoises de terres rares.
La Chine a limité ses exportations ces dernières années et s'est attiré les foudres de ses partenaires commerciaux qui considèrent ces limitations comme déloyales.
Le pays avance que les restrictions à l'exportation sont nécessaires pour protéger l'environnement. Il a lancé une nouvelle série de quotas d'exportation des terres rares ce mois-ci, en les faisant passer à 30 996 tonnes pour 2012 malgré les mesures sévères prises contre les petits producteurs.





