Les énergies renouvelables représentent actuellement 16 % de l’énergie européenne (voir le LinksDossier EurActiv), mais la Commission européenne espère que leur part augmentera à 34 % en 2020. L’exécutif européen a indiqué que l’énergie éolienne devrait contribuer à environ 12 % de la consommation énergétique, a déclaré M. Kjaer.
« L’énergie éolienne sera l’énergie renouvelable qui contribuera le plus à atteindre cet objectif », a-t-il déclaré, ajoutant que le chiffre de 12 % ne sera pas difficile à atteindre. Pour y parvenir, la capacité de l’énergie éolienne devra s’accroître de 9,5 GW chaque année au cours des treize prochaines années. « Ce n’est pas un énorme taux de croissance » a expliqué M. Kjaer, considérant que cette capacité a augmenté de 8,5 GW pour la seule année 2007.
Le chef de l’EWEA a déclaré que les chiffres de la Commission sont en ligne tout comme les objectifs que l’industrie éolienne a exposés l’an dernier, mais il pense que ceux-ci vont être révisés dans l’année afin de refléter la nouvelle directive sur les énergies renouvelables adoptée avant Noël (EurActiv 09/12/08). « Elle fournit certaines certitudes aux investisseurs, ce qui signifiera que nous augmenterons certainement nos objectifs » », a-t-il déclaré.
L’effet principal de la directive quant à la promotion de l’énergie éolienne provient de sa capacité à faire mettre en place des cadres législatifs dans l’ensemble des pays de l’UE, à faire tomber les barrières administratives et à offrir un accès juste aux réseaux électriques, a souligné M. Kjaer. « La directive est probablement la plus importante législation dans le monde concernant notre secteur ».
Obtenir l’accès aux réseaux est la première étape dans le développement de l’utilisation de l’énergie éolienne, a-t-il confié, soulignant que jusqu'à présent, il a été difficile de convaincre les opérateurs de systèmes de transmission que se connecter à des turbines ne détruira pas le système générateur. Lorsque la part d’électricité générée par le vent augmente, il est nécessaire de rénover l’infrastructure entière, comme cela a été le cas dans les années 1960, lorsque l’on a commencé à produire de l’énergie nucléaire à grande échelle, a-t-il continué.
« L’idée d’interconnecter différents systèmes européens et de créer un réseau européen d’énergie est un objectif vers lequel nous tendons. C’est également une condition pour obtenir une meilleure concurrence sur le marché intérieur de l’énergie » a-t-il relevé, ajoutant que la variabilité de l’énergie éolienne sera moins problématique lorsque le système générateur sera plus vaste.
Un rapport de 2000 de l’EWEA a conclu que l’industrie éolienne avait installé plus de capacité de production d’énergie que n’importe quel autre secteur de l’énergie, sauf celui du gaz. Lors des cinq dernières années, le secteur européen de l’énergie éolienne a créé 33 nouveaux emplois chaque jour, selon l’étude, laquelle montre également d’importantes variations entre les Etats membres.
M. Kjaer a déclaré que les différences peuvent être expliquées par les cadres juridiques. Les pays leaders ont commencé à mettre en place des cadres juridiques pour promouvoir les énergies renouvelables dès les années 1990, a-t-il expliqué. Par la suite, une législation européenne de 2001, assignant des objectifs volontaires, a encouragé une deuxième vague de pays à instaurer des législations similaires.
« Ce que nous attendons de la nouvelle directive européenne est tout d’abord qu’elle accélère le développement dans la deuxième vague de pays. Mais nous voyons également une troisième vague de pays qui, résultat des conversations autour de la directive mise en place, ont aussi commencé à mettre en place des cadres juridiques », a conclu M. Kjaer, avertissant qu’il faudra néanmoins quelques années avant que les nouvelles législations nationales entrent en vigueur.
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