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Entretien : la troisième révolution industrielle approche [FR][en][de

Publié: jeudi 31 janvier 2008   

Le changement climatique et la diminution des réserves en pétrole ont lieu plus vite que prévu et les politiques que nous mettons en place ne sont pas suffisamment pour contenir ces phénomènes. Dans un entretien accordé à EurActiv France, l’économiste Jeremy Rifkin plaide pour que l’UE ouvre la voie vers une troisième révolution industrielle. 

  • Le « crépuscule du régime énergétique »

« L’économie mondiale est maintenant à la dernière étape d’une ère énergétique », a déclaré Jeremy Rifkin à EurActiv.frexternal . Le régime énergétique actuel, qui repose principalement sur les énergies fossiles, ne subsistera pas au cours du 21ème siècle, dans la mesure où les prix du pétrole vont continuer à augmenter et le « peak oil  » (le plafonnement de la production du pétrole) sera, selon lui, atteint d’ici une trentaine d’années, au plus tard.

Il ne sait pas qui a raison, les optimistes ou les pessimistes. Mais il estime que, de toute manière, cela se produira entre 2010 et 2030 et laissera une très petite marge de manœuvre. 

Il est urgent d’agir. Il souligne le nombre croissant d’études, comme le troisième rapport de l’ONU sur le changement climatique, qui constate non seulement la vitesse et l’accélération du changement climatique, mais également ses conséquences alarmantes. Il avertit que nous devons comprendre l’énormité de ce qui se produit actuellement : il s’agit de la possible extinction de notre espèce.

  • « Une troisième révolution industrielle qui repose sur trois piliers »

Tout d’abord, les formes d’énergies renouvelables (solaire, éolien, géothermal, hydraulique et biomasse) doivent être développées et intégrées partout, dans nos infrastructures, dans nos maisons, dans nos bureaux, nos véhicules. L’UE s’est déjà engagée en ce sens et s’est déjà fixée l’objectif d’augmenter de 20 % la part d’énergies renouvelables dans la consommation énergétique finale de l’UE d’ici 2020 (EurActiv 23/01/08). M. Rifkin estime que c’est une bonne chose, mais ce ne sera pas suffisant. 

La deuxième phase consiste à stocker l’énergie produite. Comme le souligne l’économiste, l’énergie renouvelable est « intermittente ». Le soleil ne brille pas en permanence et le vent ne souffle pas toujours. 

La capacité de stockage des moyens actuels, comme les batteries et le pompage d’eau différencié, est limitée. Mais M. Rifkin affirme que l’hydrogène fournit la solution en tant que « vecteur universel le plus à même de stocker toutes formes d’énergies renouvelables ».

Si une partie de l’électricité produite lorsque les énergies renouvelables sont abondantes peut être utilisée pour extraire l’hydrogène de l’eau, qui peut être stocké pour un usage ultérieur, la société aura un approvisionnement continu en énergie, explique-t-il. Cette technologie peut sembler coûteuse pour le moment, mais c’était également le cas des premières voitures et des premiers ordinateurs. 

  • Un nouveau rôle pour Internet

Le troisième pilier concerne la distribution. Il estime que l’Europe doit établir un réseau multiple, intelligent, totalement intégré sur l’ensemble du continent qui permette à chaque Etat membre européen de produire sa propre énergie et de partager les surplus avec le reste de l’Europe dans une approche de réseau, pour assurer la sécurité énergétique de l’UE. Ainsi, l’Italie pourrait partager son surplus d’énergie solaire avec le Royaume-Uni, qui pourrait à son tour partager son surplus d’énergie éolienne avec le Portugal, etc.

Mais pour y parvenir, la révolution des communications doit s’associer à la révolution énergétique, souligne-t-il. « Les grandes transformations économiques surviennent dès lors que les régimes énergétiques et les systèmes de communications sont bouleversés », constate-t-il, se référant à la convergence entre l’invention de l’imprimerie par Gutenberg avec la vapeur et la première révolution industrielle, ou l’invention du téléphone au 20ème siècle, qui a coïncidé avec le système de combustion interne et le pétrole pour la deuxième révolution industrielle.

Aujourd’hui, nous vivons la révolution informatique, mais nous n’avons pas encore vu tout son potentiel, sa véritable mission dans l’histoire, affirme-t-il. Pour lui, ce potentiel repose sur la convergence avec l’énergie renouvelable, en partie stockée sous la forme d’hydrogène, pour créer le premier régime énergétique distribué.

  • Le nucléaire nous ralentit

Pour répondre aux besoins énergétiques mondiaux par l’énergie nucléaire, M. Rifkin estime qu’il faudrait construire une nouvelle centrale nucléaire tous les 30 jours pendant 50 ans, soit 2 500 nouvelles centrales. Selon lui, cette stratégie n’est pas réaliste. Les investissements dans ce domaine « nous empêchent de nous engager dans la troisième révolution industrielle », ajoute-t-il.

  • Une opportunité pour l'Europe

Tout le monde s’accroche au système actuel, car nous avons peur et personne ne veuille faire les premiers sacrifices, constate M. Rifkin. Pourtant, il considère la troisième révolution industrielle comme la plus grande opportunité économique de l’histoire. De plus, souligne-t-il, l’UE, qui « a le plus grand marché intérieur au monde, avec plus de 500 millions de consommateurs », possède les atouts nécessaires pour ouvrir la voie. 

L’Europe ne doit pas paniquer ou se déconstruire, car les autres économies, comme les Etats-Unis, ne sont pas impliquées, insiste-t-il. L’Europe est à l’origine de la première révolution industrielle, les Etats-Unis de la deuxième. L’Europe peut faire la troisième. 

Pour lire l’entretien dans son intégralité, cliquez ici.

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