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Mettre une annonceL’Allemagne, premier producteur européen d’énergie éolienne, s’est classée derrière les Etats-Unis en capacité totale l’année dernière, malgré le fait de devenir pour la première fois la source principale d’électricité nouvelle en Europe. C’est ce qu’a déclaré le Worldwatch Institute la semaine dernière (7 mai).
Le 23 janvier 2009, la Commission européenne a proposé une nouvelle directive qui assigne comme objectif à l’UE d’avoir 20 % d’énergies renouvelables dans son mix énergétique d’ici à 2020.
La mise en place d’objectifs nationaux pour chaque Etat membre (voir LinksDossier EurActiv), calculé sur la base de leur produit intérieur brut (PIB) respectif, a d’abord irrité certaines capitales, qui mettaient en question les chiffres avancés par la Commission.
Mais ces réserves ont été surmontées pendant les négociations sur la directive, en partie grâce à l’utilisation de mécanismes de flexibilité tels que les projets d’énergies renouvelables transfrontaliers par lesquels une ferme éolienne offshore aux Pays-Bas peut être partiellement financée par le Luxembourg et la Belgique, par exemple, n échange de crédits permettant à ces pays de répondre à leurs objectifs individuels.
L’accord, conclu le 9 décembre 2008 (EurActiv 09/12/08), requiert de chaque Etat membre une augmentation significative de la contribution des énergies renouvelables à leurs mix énergétiques, permettant d’atteindre l’objectif général de 20 % en 2020. Les Etats membres se sont entendus précédemment sur un taux de 10 % de carburants verts dans les transports en 2020, compris dans l’objectif global de 20 % de renouvelables, à condition que les problèmes d’utilisation indirecte des sols et d’autres critères de durabilité soient pris en compte (EurActiv 05/12/08).
L’analyse conduite par l’Institut sur les tendances de l’énergie éolienne depuis 1980 a montré que l’Allemagne continue de montrer la voie à l’Europe pour augmenter sa part d’énergie éolienne. Cependant, moins d’installations nouvelles ont été construites l’année passée qu’en 2007 ; en comparaison avec l’année record 2002, c’est une chute de près de 50 %, a-t-il déclaré.
Cela contraste avec la hausse de 50 % en capacité nouvelles des Etats-Unis, comme l’ont montré les nouveaux chiffres. Les Etats-Unis génèrent maintenant davantage d’électricité à partir du vent que n’importe quel pays au monde, dépassant le précédent leader, l’Allemagne, selon Worldwatch.
Néanmoins, si l’on prend en compte la taille de la population, les chiffres montrent qu’en dépit de sa capacité supérieure, l’énergie éolienne produit à peine plus d’1 % de la demande américaine d’électricité, selon le Conseil mondial de l’énergie éolienne (GWEC). Pour sa part, l’Allemagne satisfait 7,5 % de sa consommation électrique avec l’énergie éolienne.
GWEC attend de la Chine qu’elle devienne le marché de pointe mondial pour les nouvelles installations mises en place cette année, du fait notamment de la récession qui a touché le financement des projets éoliens aux Etats-Unis.
Bien sûr, la crise financière affecte l’industrie de l’énergie éolienne, comme tout autre secteur. En même temps, les perspectives pour l’énergie éolienne restent très positives, a affirmé Arthouros Zervos, le président de GWEC.
Malgré la récession économique, Worldwatch a estimé que 2008 fut une bonne année pour l’énergie éolienne, puisque la capacité mondiale éolienne global a crû de presque 29 %, ce qui dépasse la moyenne annuelle de la dernière décennie. Il en résulte que plus de 1,5 % de l’électricité mondiale provient maintenant du vent a-t-il affirmé.
Pour la première fois, le courant éolien a dépassé le gaz naturel d’une large tête en tant que source principale d’électricité nouvelle en Europe, selon Worldwatch. Celui-ci a soutenu que la région est désormais capable de générer environ 4,2 % de son électricité à partir du vent lors d’une année de vents normaux.
Les chiffres montrent que l’énergie éolienne est sans conteste le choix numéro un parmi les efforts de l’Europe vers une énergie propre, renouvelable et domestique, a affirmé Christian Kjaer, directeur exécutif de l’Association européenne d’énergie européenne (EWEA).
Coopérer pour atteindre les sources d’énergie renouvelables
L’organisme Eurelectric, représentant l’industrie européenne électrique, a appelé les Etats membres à recourir aux mécanismes de coopération internationaux contenus dans la nouvelle directive Energies renouvelables, qui est entré dans le droit communautaire le mois dernier (EurActiv 07/04/09), afin qu’ils puissent satisfaire à leurs objectifs en matière d’énergies renouvelables.
Prenant la parole à la session d’ouverture de la conférence annuelle de l’association, portant sur les énergies renouvelables, le président d’Eurelectric David Porter a déclaré que satisfaire aux objectifs européens de produire 20 % de l’énergie des Vingt-sept à partir de sources renouvelables avant 2020 serait extrêmement ambitieux et demanderait que de nombreux facteurs se combinent de manière positive.
La production électrique à partir de sources renouvelables devrait grimper du taux actuel de 16 % à 34 % en 2020 afin d’atteindre l’objectif énergétique général. La Commission européenne s’attend à ce que l’énergie éolienne remplisse la majeure partie de cet effort, en contribuant à pas moins de 12 % de l’électricité renouvelable en 2020 (EurActiv 21/01/09).
Cependant, Eurelectric met en avant le fait que certains Etats membres vont se trouver dans l’impossiblilité d’augmenter de manière suffisante leurs capacités domestiques de production pour atteindre leurs objectifs nationaux obligatoires. Eurelectric préconise une utilisation maximale des mécanismes de commerce transfrontaliers pour aider l’UE à atteindre ses objectifs.
Les mécanismes optionnels permettent aux Etats membres de s’accorder sur la question de savoir dans quelle mesure le soutien d’un Etat membre pour la production énergétique dans autre pays devrait compter par rapport à ses objectifs nationaux.
Faire en sorte que ces arrangements commerciaux soient complétement flexibles pourrait permettre de réduire le coût de mise en œuvre de la directive d’au moins 17 millirads d’euros par an jusqu’en 2020, selon Eurelectric.