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L'Europe cherche à tirer des leçons de la crise [FR]

Publié 22 janvier 2009
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Le différend gazier entre la Russie et l’Ukraine, qui a causé des interruptions de l’approvisionnement du gaz de 18 pays européens cet hiver, a rappelé clairement le fait que l’Europe a besoin d’agir de concert en matière de sécurité énergétique. C’est ce qu’a souligné la Commission européenne.

Le président de la Commission José Manuel Barroso a salué la reprise de la distribution du gaz en Europe mardi (20 janvier) après deux semaines d’impasse qui ont laissé des millions d’Européens de l’Est sans chauffage au milieu de l’hiver.

Mais il a également averti que des leçons à long terme devront être tirées de la crise. Dans une déclaration, il explique que nous ne devons pas nous permettre de nous retrouver dans une telle position à l’avenir. Le message que je délivrerai au Conseil européen de mars est que désormais, nous devons penser sérieusement à la diversification et investir dans l’avenir de la sécurité énergétique en Europe, peut-on encore lire dans la déclaration. 

M. Barroso s’est référé en particulier aux 5 milliards d’euros de l’UE non dépensés, qui, selon lui, pourraient être utilisés pour les infrastructures, afin d’encourager tant la diversité des sources énergétiques que celle des routes d’approvisionnement. Une proposition visant à débloquer ces fonds est examinée actuellement par le Conseil, et M. Barroso a déclaré qu’il chercherait un accord rapide sur l’identification des projets prioritaires avec les 27 Etats membres.

Le projet de gazoduc Nabucco, qui doit acheminer du gaz de la région caspienne en Europe notamment via la Bulgarie et l’Autriche, devrait refaire surface parmi les projets clés soutenus par la Commission et la présidence tchèque de l’UE (EurActiv 9/01/09). D’autres projets figurent également dans la révision de la stratégie énergétique de la Commission, notamment le projet d’interconnections de la région balte pour l’électricité. 

Mais les gouvernements européens essaient également d’utiliser la crise pour appuyer leurs propres agendas. En Allemagne, Michael Glos, ministre de l’Economie, a récemment déclaré au journal Handelsblatt, que la crise avait montré qu’aucun pays ne pouvait se permettre d’abandonner des sources d’énergie, se référant explicitement au nucléaire. 

« Cette prise de position s’inscrit dans un contexte de bataille pré-électorale », a indiqué Susanne Nies, de l’Institut français des relations internationales (IFRI). Se confiant à EurActiv France dans un entretien, Mme Nies a fait remarquer que la crise avait offert une nouvelle opportunité à la chancelière Angela Merkel, qui a « toujours été favorable » au nucléaire, de soulever la question au cours de la campagne pour les élections législatives du 27 septembre. 

D’autres pays, comme la Bulgarie et la Slovaquie, ont cherché à utiliser le différend pour rouvrir des centrales nucléaires vétustes fermées pour répondre aux critères d’adhésion à l’UE (EurActiv 12/01/09).

En Russie, selon Gazprom, le monopole gazier appartenant à l’Etat, la dispute a souligné le besoin de construire le gazoduc South Stream, qui pourrait acheminer du gaz russe vers l’Italie en passant par les Balkans. Il est clair que le plus vite on élaborera une diversification des routes de transit, le mieux ce sera pour l’Europe, a indiqué le PDG de Gazprom, Alexander Medvedev, faisant remarquer que ce n’est pas seulement à l’égard des risques politiques, mais aussi des risques techniques. 

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