EurActiv Logo
Actualités & débats européens
- dans votre langue -
Click here for EU news »
EurActiv.com Réseau

TOUTES LES RUBRIQUES

François Hollande plaide contre le nucléaire et dit non à la fracturation hydraulique

Version imprimable
Send by email
Publié 17 septembre 2012

Le président français, François Hollande, a promis de fermer les plus anciennes centrales nucléaires du pays d’ici 2016. Lors d’un discours sur l’environnement, il a annoncé que son gouvernement refuserait de développer l’exploitation du gaz de schiste fondée sur la méthode d’extraction controversée de la fracturation hydraulique.

François Hollande, qui est entré en fonction en mai dernier, a annoncé vendredi (14 septembre) qu'il fermerait la centrale nucléaire de Fessenheim en Alsace, près de la frontière allemande, d'ici fin 2016. Lors de sa campagne électorale, il avait en effet promis de mettre fin aux opérations de la centrale avant la fin de son mandat en 2017.

Cette centrale nucléaire, mise en service en 1977, est la plus ancienne centrale du pays. Elle fait souvent l'objet de préoccupations en matière de sécurité depuis le tremblement de terre et le tsunami qui ont frappé Fukushima au Japon en 2011.

La semaine dernière, des organisations de défense de l’environnement ont appelé à la fermeture anticipée de la centrale après qu’une fuite de vapeur a brièvement déclenché l'alarme incendie.

En France, 75 % de l'électricité provient du nucléaire. C'est plus que dans n'importe quel autre pays et la dépendance de la France face à l’énergie nucléaire est devenue un sujet particulièrement sensible depuis la catastrophe de Fukushima. François Hollande a réitéré sa promesse de réduire la part du nucléaire dans le bouquet énergétique à 50 %.

L'annonce du président français a porté un coup dur à l'industrie nucléaire et a suscité des critiques de la part des syndicats qui craignent des suppressions d'emploi.

Lors d’une interview accordée au Journal du Dimanche, Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, le principal syndicat de l’entreprise énergétique EDF, a qualifié cette décision de « précipitée » et a déploré qu'elle ait été prise avant que la France n'ait amorcé le débat sur la transition énergétique.

La fracturation hydraulique demeurera interdite

Lors d'une conférence environnementale à Paris, François Hollande a également annoncé qu'il avait rejeté plusieurs projets d'extraction de gaz et de pétrole de schiste à l’aide de la fracturation hydraulique. Ce procédé consiste à injecter sous très haute pression un mélange de sable, d'eau et de produits chimiques pour extraire le pétrole.

Cette décision a été prise en raison de préoccupations sanitaires et environnementales, rapportent les journaux en citant François Hollande. Son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, avait également interdit la fracturation, une technologie très développée aux Etats-Unis et envisagée dans plusieurs pays de l'Union européenne, notamment en Pologne.

François Hollande a également recommandé une réduction de 40 % des émissions de dioxyde de carbone dans l'Union européenne d'ici 2030 et une réduction de 60 % d'ici 2040, appelant à la conclusion d’un accord mondial sur le changement climatique d'ici 2015.

« Notre prochain objectif doit être de parvenir à un accord global sur le climat en 2015. La France est déterminée à atteindre cet objectif », a déclaré le président français lors d'une conférence environnementale qui a lieu chaque année.

Il a affirmé qu'au cours de son mandat, il avait l'intention de faire pression en faveur d'un dialogue mondial plus constructif sur les questions liées à l’environnement. Il a également souligné que le manque de progrès dans la réalisation des objectifs climatiques rendait urgente la conclusion d’un accord.

L'UE s'est fixé l'objectif contraignant de réduire ses émissions de 20 % d'ici 2020, par rapport aux niveaux de 1990. En octobre 2009, les dirigeants européens ont approuvé un objectif à long terme de réduction des émissions collectives émises par les pays développés de 80 à 95 % d'ici 2050, par rapport aux niveaux de 1990. Cette action est conforme aux recommandations du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, l’organe scientifique des Nations Unies, qui travaille à la prévention des changements climatiques de la Terre.

EurActiv.com avec Reuters - Article traduit de l'anglais
Contexte : 

Le gaz de schiste est un carburant fossile non conventionnel qui se retrouve dans des fissures naturelles et des fractures du sol. Jusqu'à récemment, aucune méthode sûre pour l'acheminer vers la surface n'existait.

Toutefois, en injectant de l'eau, du sable et des produits chimiques dans des formations rocheuses sous haute pression grâce à une technique connue sous le nom de fracturation hydraulique, les entreprises énergétiques pensent avoir trouvé une partie de la réponse aux problèmes de sécurité énergétique de l'Europe.

Cette méthode reste très controversée en raison de ses risques potentiels pour l'environnement, comme la pollution des nappes phréatiques et des émissions de gaz à effet de serre plus importantes que pour le gaz traditionnel.

Les partisans de cette technique affirment que le gaz de schiste représente une alternative aux carburants fossiles traditionnels. Pour le moment, le vieux continent dépend de la Russie pour le gaz et les conflits entre Moscou et Kiev ont entraîné plusieurs interruptions de l'approvisionnement au cours des dernières années.

Aux Etats-Unis, le gaz de schiste représente 16 % de la production de gaz naturel et certains experts prévoient que cette part pourrait grimper à 50 % d'ici 20 ans.

A lire aussi

More in this section

Publicité

Sponsors

Vidéos

Energy Supply News

Euractiv Sidebar Video Player for use in section aware blocks.

Energy Supply Promoted

Euractiv Sidebar Video Player for use in section aware blocks.

Publicité

Publicité