François Hollande, qui est entré en fonction en mai dernier, a annoncé vendredi (14 septembre) qu'il fermerait la centrale nucléaire de Fessenheim en Alsace, près de la frontière allemande, d'ici fin 2016. Lors de sa campagne électorale, il avait en effet promis de mettre fin aux opérations de la centrale avant la fin de son mandat en 2017.
Cette centrale nucléaire, mise en service en 1977, est la plus ancienne centrale du pays. Elle fait souvent l'objet de préoccupations en matière de sécurité depuis le tremblement de terre et le tsunami qui ont frappé Fukushima au Japon en 2011.
La semaine dernière, des organisations de défense de l’environnement ont appelé à la fermeture anticipée de la centrale après qu’une fuite de vapeur a brièvement déclenché l'alarme incendie.
En France, 75 % de l'électricité provient du nucléaire. C'est plus que dans n'importe quel autre pays et la dépendance de la France face à l’énergie nucléaire est devenue un sujet particulièrement sensible depuis la catastrophe de Fukushima. François Hollande a réitéré sa promesse de réduire la part du nucléaire dans le bouquet énergétique à 50 %.
L'annonce du président français a porté un coup dur à l'industrie nucléaire et a suscité des critiques de la part des syndicats qui craignent des suppressions d'emploi.
Lors d’une interview accordée au Journal du Dimanche, Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, le principal syndicat de l’entreprise énergétique EDF, a qualifié cette décision de « précipitée » et a déploré qu'elle ait été prise avant que la France n'ait amorcé le débat sur la transition énergétique.
La fracturation hydraulique demeurera interdite
Lors d'une conférence environnementale à Paris, François Hollande a également annoncé qu'il avait rejeté plusieurs projets d'extraction de gaz et de pétrole de schiste à l’aide de la fracturation hydraulique. Ce procédé consiste à injecter sous très haute pression un mélange de sable, d'eau et de produits chimiques pour extraire le pétrole.
Cette décision a été prise en raison de préoccupations sanitaires et environnementales, rapportent les journaux en citant François Hollande. Son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, avait également interdit la fracturation, une technologie très développée aux Etats-Unis et envisagée dans plusieurs pays de l'Union européenne, notamment en Pologne.
François Hollande a également recommandé une réduction de 40 % des émissions de dioxyde de carbone dans l'Union européenne d'ici 2030 et une réduction de 60 % d'ici 2040, appelant à la conclusion d’un accord mondial sur le changement climatique d'ici 2015.
« Notre prochain objectif doit être de parvenir à un accord global sur le climat en 2015. La France est déterminée à atteindre cet objectif », a déclaré le président français lors d'une conférence environnementale qui a lieu chaque année.
Il a affirmé qu'au cours de son mandat, il avait l'intention de faire pression en faveur d'un dialogue mondial plus constructif sur les questions liées à l’environnement. Il a également souligné que le manque de progrès dans la réalisation des objectifs climatiques rendait urgente la conclusion d’un accord.
L'UE s'est fixé l'objectif contraignant de réduire ses émissions de 20 % d'ici 2020, par rapport aux niveaux de 1990. En octobre 2009, les dirigeants européens ont approuvé un objectif à long terme de réduction des émissions collectives émises par les pays développés de 80 à 95 % d'ici 2050, par rapport aux niveaux de 1990. Cette action est conforme aux recommandations du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, l’organe scientifique des Nations Unies, qui travaille à la prévention des changements climatiques de la Terre.





