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Gaz ukrainien : qui veut gagner des milliards ? [FR][en][de

Publié: mercredi 17 juin 2009   

L’Ukraine a besoin de 4 milliards de dollars de crédit afin d’acheter le gaz russe pour ses aires de stockages souterrains et espère trouver ces fonds auprès des banques européennes, a déclaré la Première ministre Ioulia Timochenko le 16 juin.

Contexte:

Gazprom a besoin de stocker son gaz en Ukraine parce que la capacité du système de transit ne lui permet pas de satisfaire complètement les besoins de l’Europe lors d’un hiver froid, sans recourir à l’utilisation de gaz supplémentaire en provenance des stocks souterrains de l’Ukraine. 

Le gaz doit être injecté dans le stockage durant l’été, quand la demande en Europe est basse, mais Gazprom affirme ne pas pouvoir simplement le stocker en Ukraine de peur que Kiev ne le détourne. 

Ces dernières années, Gazprom s’est donc appliqué à vendre du gaz à Kiev et à le racheter en hiver : un programme qui fonctionne bien quand le prix du gaz est à la hausse, mais qui va causer des lourdes pertes pour Naftogaz cette année, parce qu’ont s’attend à une chute du prix du gaz. 

Le mois dernier, la Russia a rejeté une proposition ukrainienne de différer le paiement d’un montant de 5 milliards de dollars pour le stockage du gaz, alors que les négociations sur l’énergie de vendredi entre les premiers ministres des anciens voisins soviétiques se sont terminées dans l’impasse (EurActiv 25/05/09). 

Le même jour, le président russe Dimitri Medvedev, présent à un sommet UE-Russie dans la ville de Khabarovsk située en Extrême-Orient, a défié les dirigeants européens d’aider l’Ukraine à payer sa note de gaz et ainsi prévenir une nouvelle crise gazière. 

La Russie a affirmé, le 3 juin, qu’elle pourrait couper l’approvisionnement de l’Ukraine si le pays ne payait pas pour le gaz qui doit être pompé dans les stockages souterrains (EurActiv 04/06/09).

A lire aussi:

Autres articles:

Nous parlons ici de quatre milliards de dollars, a déclaré Mme Timochenko lors d’une conférence de presse après une rencontre avec des officiels de l’UE à Luxembourg.

Nous travaillons aujourd’hui sur l’idée d’emprunter ces ressources de crédit dans les banques européennes, ce que la partie européenne favorise ainsi que la partie russe.

Elle a dit croire que Naftogaz allait pouvoir trouver les ressources en crédit nécessaires pour réaliser l’opération.

Mme Timochenko et le Président Viktor Iouchtchenko se sont opposés sur la question de savoir comment financer l’entreprise énergétique d’Etat Naftogaz, l’un des sujets figurant sur la longue liste des désaccords qui opposent les deux anciens alliés de la ‘révolution orange’ pro-occidentale.

M. Iouchtchenko accuse le gouvernement de Mme Timochenko de poursuivre des politiques qui vont mener à la faillite Naftogaz, y compris l’utilisation de crédits pour acheter les importations de gaz russe. Il a expliqué que les dettes de l’entreprise se montaient à un total de 74 milliards de hryvnias (9,7 milliards de dollars) contre 56 milliards en début d’année. 

Mme Timochenko a déclaré qu’elle s’efforçait de faire de Naftogaz une entreprise viable et elle a promis un paiement rapide pour les fournitures afin de prévenir toute répétition de l’impasse dans laquelle son pays s’était trouvé en janvier face au géant russe Gazprom, qui avait coupé les fournitures à l’Europe pendant plus de deux semaines. 

Dans ses commentaires aux reporters, Mme Timochenko a expliqué que le stockage et la fourniture continue de gaz étaient des questions importantes pour toutes les parties en présence – Russie, Ukraine et l’UE. Elle a précisé qu’elle avait assuré au Président de la Commission européenne José Manuel Barroso que l’Ukraine avait déjà commencé à stocker du gaz en avril.

Nous avons toujours payé pour le gaz que nous recevons et nous sommes des partenaires sur lesquels on peut compter, a-t-elle déclaré.

Je voudrais dire que tout va se passer de la meilleure des manières et qu’il n’y a aucune raison de s’attendre à des difficultés pour le transit du gaz vers les pays européens en ce qui concerne le gaz naturel russe.

(EurActiv avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EurActiv.)

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