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Gazprom allie les prix du gaz à la participation au développement de South Stream

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Publié 28 août 2012

L’entreprise russe Gazprom et le gouvernement bulgare ont conclu un accord selon lequel la Bulgarie s’engage à développer le gazoduc South Stream. Un accord tarifaire à long terme pour le gaz naturel russe a également été signé.

Le directeur de l'exportation de Gazprom, Alexander Medvedev, et le ministre bulgare de l'énergie, Delyan Dobrev, ont fait savoir hier (27 août) que deux accords séparés sur le gazoduc et sur le prix de livraison du gaz russe seraient signés le 15 novembre prochain. C'est ce qu'a annoncé la presse bulgare.

Le premier accord concerne la participation de la Bulgarie au projet South Stream favorisé par Gazprom (voir « Contexte »). Le pays est un élément clé de ce projet dans la mesure où la section du gazoduc qui traversera la mer Noire est reliée à la côte bulgare de Varna, au nord (voir carte) et traverse le pays avant de se scinder en deux branches. La première est reliée au terminal gazier de Baumgarten près de Vienne, alors que la seconde passe par la Grèce et la mer Ionienne vers l'Italie.

La Bulgarie devrait signer un accord d'investissement afin de financer sa part du projet. M. Dobrev a déclaré que la part de son pays serait bien plus faible que le milliard de levs bulgares (environ 500 millions d'euros) évoqué auparavant et que le pays aurait du mal à garantir.

La Bulgarie et Gazprom auront une part de 50 % dans le consortium pour les infrastructures du gazoduc. Un taux de profit de 8 % a été fixé pour le consortium South Stream-Bulgarie.

Accord sur le prix du gaz naturel

Le second accord concerne les importations de gaz pour une période de sept ans. L'accord qui régit actuellement les importations de gaz en Bulgarie avec Gazprom prendra fin en 2013.

Aucun détail n'a été fourni concernant cet accord, mais M. Medvedev a confirmé que Gazprom accorderait un rabais de 11 % (promis à la Bulgarie pour la période comprise entre le 1er avril et le 31 décembre) à condition que le pays s'engage dans le projet South Stream.

Les États membres de l'UE ont négocié leurs accords gaziers avec Gazprom de manière individuelle. En conséquence, certains d'entre eux s'en sont mieux sortis que d'autres. Gazprom insiste pour garder confidentiels les accords sur le prix du gaz.

M. Medvedev aurait déclaré que ce n’est pas un hasard si les deux documents étaient signés en même temps, bien qu'ils soient « indépendants l'un de l'autre ».

La construction de South Stream sur le territoire russe a déjà commencé, a indiqué M. Medvedev. Le site Internet du projet montre que le couloir sud du gazoduc sur le territoire russe est long de 834 km et s'étend de la station de compression de Pisarevka dans l'Oblast de Voronej au Kraï de Krasnodar, où quatre stations de compression et une interconnexion seront situées.

M. Medvedev a précisé que la construction de la section en mer débutera en décembre. L'année dernière, le président russe Dmitri Medvedev avait décidé que le gazoduc South Stream devrait être construit en visant « une capacité maximale ». Le PDG de Gazprom, Alexei Miller, avait alors promis que la construction débuterait en décembre 2012.

Livraison en Bulgarie dès 2015

Le directeur de l'exportation de Gazprom aurait déclaré que la première livraison de gaz russe vers la Bulgarie via ce gazoduc serait effectuée en 2015.

Le gazoduc favorisé par Gazprom a été en concurrence avec de nombreux autres projets pour remporter le « corridor Sud pour le gaz » visant à fournir du gaz à l'Europe occidentale depuis le gisement de Shah Deniz en Azerbaïdjan. Le gaz azéri devrait remonter vers le nord dès 2017.

La Commission européenne ne considère par South Stream comme un moyen d'améliorer la sécurité énergétique de l'UE, notamment parce que le gaz concerné proviendrait de la Russie qui est déjà son principal fournisseur. Bruxelles admet néanmoins que les États membres de l'UE sont libres de choisir leurs priorités en matière de projets d'infrastructure, du moment que la législation européenne sur l'énergie est respectée.

Les médias ont indiqué que MM. Medvedev et Dobrev avaient discuté de la construction de centrales au gaz en Bulgarie et de l'extension du réservoir souterrain de gaz de Chiren, près de la ville de Vratsa.

EurActiv.com — Article traduit de l'anglais
Contexte : 

South Stream est un gazoduc qui devrait passer sous la mer Noire vers la Bulgarie, avec une branche allant jusqu'en Grèce et en Italie, et une autre en Roumanie, en Serbie, en Hongrie, en Slovénie et en Autriche.

La Russie a récemment annoncé qu'elle ferait plus que doubler sa capacité prévue de 31 milliards de mètres cubes par an (mmc/an) à 63 mmc/an.

Le site Internet de South Stream précise que ce gazoduc a pour objectif de renforcer la sécurité énergétique européenne en supprimant le transit via l'Ukraine, ce qui constitue une nouvelle étape de la stratégie de Gazprom pour diversifier les voies d'approvisionnement en gaz naturel russe.

Gazprom possède 50 % du projet South Stream de 15 milliards d'euros, contre 20 % pour Eni et 15 % pour EDF et Wintershall. Il est prévu que 30 % des financements soient couverts part les actionnaires et que le reste proviennent de crédits.

Eni est le partenaire de Gazprom pour la construction de la section en mer de South Stream. L'année dernière, la Turquie a approuvé l'itinéraire qui traverse la zone économique de la mer Noire, permettant à ce corridor de contourner l'Ukraine qui s'oppose au projet, dans la mesure où elle perdrait d'importants revenus de transit.

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