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Günther Oettinger fait marche arrière sur les tests de résistance nucléaire

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Publié 26 mai 2011, mis à jour 01 juin 2011

En l'absence d'accord sur l'inclusion des menaces terroristes dans les tests de résistance nucléaire, le commissaire à l'énergie, Günther Oettinger, a déclaré qu'il se contenterait d'une double approche, remettant la décision sur cette question à plus tard.

Devant la presse à Bruxelles, M. Oettinger s'est dit satisfait du compromis atteint la veille au soir avec les délégués nationaux du Groupe des régulateurs européens dans le domaine de la sûreté nucléaire (ENSREG).

Dans le cadre de ce compromis, à partir du 1er juin, les 143 centrales nucléaires de l'UE seront réévaluées en trois étapes. La plus grande nouveauté réside dans une « évaluation par les pairs » effectuée par une équipe multinationale de sept experts reconnus.  

Les autres étapes consistent en un questionnaire, des études et des projets, ainsi qu'en la rédaction d'un rapport par le régulateur national afin de déterminer si les réponses données par les opérateurs des centrales nucléaires sont crédibles ou non. Mais ces mesures ont déjà été prises auparavant, sous une forme ou une autre.

M. Oettinger avait précédemment affirmé qu'il n'apposerait pas son nom au bas d'une proposition pour des tests de résistance allégés. Mais aujourd'hui, le commissaire accepte de remettre à plus tard la partie la plus controversée des tests, sans déterminer de date butoir.

La France et la Grande-Bretagne, les deux pays de l'UE qui disposent des plus grandes industries nucléaires, sont depuis le début opposées à des tests de résistance trop stricts.

Plusieurs pays de l'UE auraient insisté pour que la « sûreté » et la « sécurité » d'une centrale nucléaire soient séparées en deux questions distinctes. Le terme « sûreté » couvre les évènements naturels, alors que la « sécurité » concerne un large éventail d'attaques terroristes, comme l'explosion d'un camion-citerne à proximité d'une centrale nucléaire, le crash d'un avion, ou même une cyberattaque contre les installations.

De nombreux pays ont insisté sur le fait que la Commission n'avait pas de compétences en matière de « sécurité ». Par conséquent, tout accord pourrait être fondé sur des propositions présentées par un groupe d'experts.

Toutefois, dans le même temps, il reste à déterminer quelles autorités dans chaque pays de l'UE seront responsables des questions de « sécurité ». Dans certains pays, il pourrait s'agir des pompiers et dans d'autres, de la fonction publique, a expliqué un expert.

Georgi Gotev

Article traduit de l'anglais par EurActiv

Réactions : 

Le groupe des Verts/Alliance libre européenne au Parlement européen s'est dit inquiet que les tests de résistance nucléaire n'abordent pas les domaines cruciaux « malgré les précédentes promesses du commissaire Oettinger ».

Commentant l'accord, la coprésidente des Verts/ALE, l'eurodéputée Rebecca Harms (Allemagne) a qualifié les propositions de la Commission de « tests d'alibi ».

« Malgré les garanties répétées du commissaire Oettinger, il semble que l'industrie du nucléaire échappera à la rigueur attendue des tests de résistance dans le cadre de la proposition de l'UE. Les Etats membres pro-nucléaires semblent être parvenus à leurs fins en s'assurant que les risques ne fassent pas partie des tests de résistance principaux », a expliqué Mme Harms.

« Le groupe de travail proposé pour l'évaluation des risques potentiels d'attaques terroristes semble être une tentative de sauver la face qui ne testera pas vraiment la capacité des sites clés en Europe à résister à une attaque, comme un crash d'avion, et nous savons qu'ils ne le peuvent pas », a-t-elle ajouté.

L'eurodéputé luxembourgeois et porte-parole pour l'énergie chez les Verts/ALE, a ajouté : « Nous ne savons toujours pas ce qu'il arrivera si un réacteur échoue au test de résistance. La promesse de la transparence totale dans l'évaluation des réacteurs nucléaires a également été rompue. Les évaluations par les pairs auront également lieu bien trop tard, longtemps après la fin du débat politique sur le sujet ».

« Le commissaire Oettinger tente de promouvoir cet accord, mais personne ne devrait être dupe, il est revenu sur ses promesses », a continué M. Turmes.

Le ministre autrichien à l'environnement, Nikolaus Berlakovich, a salué l'accord qui lancera les évaluations de sécurité dans l'UE pour les centrales nucléaires, affirmant que c'était le début d'une nouvelle ère en termes de sécurité nucléaire en Europe, a rapporté l'AFP.

Cet accord fut « un succès complet » et a respecté toutes les attentes de l'Autriche, a déclaré M. Berlakovich lors d'une conférence de presse.

L'Autriche ne possède aucune centrale nucléaire en fonctionnement et fut l'instigateur de l'introduction de tests de résistance nucléaire rigoureux à l'échelle de l'UE.

Prochaines étapes : 
  • 15 août : les opérateurs nationaux fourniront à la Commission leur premier rapport.
  • 15 sept. : les régulateurs nationaux livreront leur premier rapport.
  • 31 oct. : le rapport final des opérateurs sera disponible; les rapports nationaux finaux seront disponibles d'ici la fin de l'année.
  • 9 déc. : le Commission fera son rapport au cours du sommet de l'UE.
Contexte : 

Suite au tremblement de terre et au tsunami du 11 mars au Japon et à la catastrophe nucléaire de Fukushima, les dirigeants européens ont accepté le 25 mars d'établir des « normes plus strictes » de sécurité nucléaire et de soumettre toutes les centrales à des « tests de résistance ».

Les 143 centrales nucléaires qui fonctionnent en Europe ainsi que les six en construction et les 15 en projet, devraient pouvoir résister à toutes les menaces possibles, y compris au crash d'un avion comme lors des attaques terroristes du 11 septembre aux Etats-Unis, une cyberattaque ou les agissements d'un opérateur qui aurait perdu l'esprit, ont décidé les dirigeants en mars.

Toutefois, les experts nationaux et les régulateurs de plusieurs pays de l’UE possédant des réacteurs nucléaires se sont opposés à l’ajout des attaques terroristes dans la révision de sécurité de leurs installations nucléaires.

La Commission européenne souhaite également que ces tests de résistances soient réalisés dans d'autres pays, en particulier en Suisse, en Russie, en Ukraine et en Arménie.

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