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La Belgique ferme deux réacteurs nucléaires pour des raisons de sécurité

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Publié 17 août 2012

L’organisme belge de réglementation nucléaire a remis en cause la sécurité du réacteur Doeil 3, exploité par Electrabel, après avoir constaté des fissures dans une cuve à pression, ce qui avait déjà suffi à ordonner la fermeture d’une autre unité de ce type dans la centrale nucléaire de Tihange.

Après avoir découvert des fissures dans la cuve à pression du réacteur Doel 3 de 1 006 mégawatts, la Belgique a décidé d'arrêter ce réacteur au moins jusqu'à fin août. Il est toutefois possible que ce réacteur soit définitivement fermé.

Willy De Roovere, le directeur général de l'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN), a déclaré qu'il était toujours difficile pour une entreprise de se conformer aux exigences de sécurité des centrales nucléaires.

Lors d'une conférence de presse, il a expliqué qu'Electrabel, la branche belge du groupe français GDF Suez, devrait prouver que sur la période de vie du réacteur, il n'existe aucun risque que ces fissures ne puissent entraîner des fuites.

Les propos d'une porte-parole d'Electrabel ont été relayés par Reuters : « Peut-on poursuivre la production à Doel 3 en toute sécurité ? C'est ce que nous devrons prouver à l'AFCN ».

La cuve en question a été construite par l'entreprise néerlandaise Rotterdamsche Droogdok Maatschappij, qui n'existe plus aujourd'hui. Cette société avait également fourni des cuves à une autre centrale belge, Tihange 2, ainsi qu'à d'autres centrales nucléaires à travers l'Europe et le continent américain.

L'agence belge BELGA a rapporté que le réacteur Tihange 2 a été fermé hier, dans la mesure où il utilise la même cuve que Doel.

« Je voudrais rappeler que Doel 3 et Tihange 2 ont été fermés et ne présentent aucun danger pour la population, les travailleurs et l'environnement », a souligné M. De Roovere.

Rotterdamsche Droogdok Maatschappij a également fourni deux cuves à l'Allemagne qui ne fonctionnent plus, deux aux Pays-Bas, deux à l'Espagne, une à la Suède, deux à la Suisse, dix aux États-Unis et une à l’Argentine, a indiqué l'Agence pour l'énergie nucléaire basée à Paris. Cette agence fait partie de l'Organisation de coopération et de développement économiques.

Les experts en nucléaires des pays qui utilisent les cuves néerlandaises devraient se réunir à Bruxelles aujourd'hui (17 août).

M. De Roovere estime qu'il est peu probable que le réacteur Doel soit relancé avant fin septembre et que les organismes de réglementation se réuniraient à nouveau en octobre pour faire le point.

Tests de résistance

Le réacteur Doel 3 devait être fermé dans dix ans, selon un plan de sortie du nucléaire adopté par le gouvernement belge en juillet dernier.

GDF Suez devrait alors largement réduire les activités nucléaires qu'elle mène depuis 47 ans. La Belgique, qui souhaite réduire sa dépendance au nucléaire, est en effet le seul pays où l'entreprise exploite des centrales nucléaires.

Le pays envisage depuis longtemps une sortie complète de l'énergie nucléaire (voir « Contexte »), mais cela dépendra des autres sources d'énergie sur lesquelles il pourra compter.

Chaque État membre de l'UE est responsable de sa propre politique nucléaire et doit définir sa stratégie énergétique globale.

La Commission européenne a toutefois entamé une série de tests de résistance volontaires dans un effort pour assurer la sécurité des centrales suite à la catastrophe nucléaire de Fukushima, au Japon.

Ces tests devaient être terminés avant les congés d'été de la Commission en août, mais les gouvernements ont obtenu un délai supplémentaire pour poursuivre leurs évaluations.

Le commissaire européen à l'énergie, Günther Oettinger, a déclaré depuis Essen en Allemagne qu'il souhaitait que les tests de résistance soient terminés en octobre et qu'ils incluent une évaluation des organismes de réglementation sur les risques associés aux fissures dans la centrale belge.

« Nous attendons dans les semaines à venir des résultats clairs des autorités de réglementation belges quant aux risques potentiels », a-t-il déclaré.

EurActiv.com — Article traduit de l'anglais
Contexte : 

La Belgique dispose de sept réacteurs nucléaires dans deux centrales, Doel et Tihange, exploitées par Electrabel, une branche de GDF Suez. En 2009, 55 % de l'électricité du pays étaient tirés de l'énergie nucléaire.

La Belgique a décidé cette même année de prolonger la durée de vie de ses plus anciens réacteurs de 10 années supplémentaires par rapport à ce qui avait été prévu en 2003. Toutefois, cet amendement n'est jamais entré en vigueur, étant donné que le gouvernement qui avait pris cette décision a perdu le pouvoir.

En 2011, les partis politiques du pays ont conclu un accord conditionnel visant à fermer les trois plus vieux réacteurs d'ici 2015 et à abandonner définitivement l'énergie nucléaire d'ici 2025. Ce projet deviendra réalité à la condition que le pays parvienne à trouver suffisamment d'énergie à partir d'autres sources, et ce afin d'éviter une pénurie.

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