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La Bulgarie commence à travailler sur sa deuxième centrale nucléaire [FR]

Publié 03 septembre 2008 - Mis à jour 04 mars 2010
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La première étape dans la construction de la deuxième centrale nucléaire du pays à Belene a été franchie aujourd’hui. D’après Dnevnik, le partenaire d’EurActiv en Bulgarie, cela pourrait aider la Bulgarie à retrouver une position stratégique en tant qu’exportateur d’électricité vers l’Europe du Sud-Est.

Après des années de revers, le Premier ministre bulgare Sergei Stanishev a posé la première pierre de la centrale nucléaire de 2 000 mégawatts de Belene le 3 septembre.

Le ministre bulgare de l’Energie Petar Dimitrov a affirmé que la nouvelle installation serait l’un des plus importants projets de toute l’Union européenne.

La nouvelle centrale, qui est la deuxième en Bulgarie et qui survient 20 ans après la construction de la première centrale à Kozloduy, devrait devenir opérationnelle en 2013-2014, pour un coût estimé à 4 milliards d’euros. Mais la centrale devrait réduire le prix de l’électricité, dans la mesure où le coût de production d’un kilowatt dans la centrale de Belene est inférieur à 3,7 centimes d’euros.

Le projet a été longuement soutenu par la Commission européenne, qui approuve tout particulièrement l’énergie nucléaire comme une technologie fondamentale pour construire un système énergétique à faible teneur en carbone dans l’UE (EurActiv 15/10/07).

La nouvelle centrale bulgare comprendra deux réacteurs VVER-1000/V-446B de troisième génération construits sur le modèle russe. Le principal contractant (avec 51 %) est le russe Atomstroyexport, dont les sous-traitants sont le français Areva SA et l’allemand Siemens. 

En ce qui concerne les 49 % restants, l’entreprise publique d’électricité nationale (NEC) de la Bulgarie cherche un partenaire européen. Le géant allemand RWE AG et l’entreprise belge de services publics Electrabel, qui fait également partie d’un consortium, figurent parmi les entreprises sélectionnées. NEC a également désigné la banque française BNP Paribas comme candidat à la collecte de fonds et à la gestion du projet. 

Alors que le ministre Dimitrov a récemment déclaré que son gouvernement privilégierait les banques européennes pour financer le projet, il a néanmoins ajouté qu’il n’écarterait pas l’option consistant à tirer parti de la proposition de la Russie, qui a proposé un prêt issu de son budget pour subventionner la construction de Belene.

Les critiques affirment que le projet ne fera qu’augmenter la dépendance énergétique du pays à la Russie. Mais le gouvernement bulgare indique que les pressions énergétiques mondiales rendent le projet indispensable. La Bulgarie espère également retrouver sa place de principal exportateur d’énergie dans la région des Balkans, qui a subi d’importantes pénuries d’électricité depuis la fermeture progressive des unités quatre et cinq de la centrale nucléaire de Kozloduy le 31 décembre 2006.

Face aux critiques des écologistes qui insistent sur la situation géographique dangereuse de Belene, située dans une zone sismique, l’Académie bulgare des sciences a récemment déclaré que la centrale et son périmètre de 30 km sont situés dans les zones les plus sûres du pays en termes de menace sismique.

Contexte : 

Il existe actuellement plus de 400 centrales nucléaires dans le monde qui produisent près de 14 % de l’électricité mondiale. 197 d’entre elles se trouvent en Europe et en 2005, l’énergie nucléaire répondait à 35 % de la demande européenne en électricité. La France occupe la première place avec une production de 78,5 %, suivie par la Lituanie (70 %), la Belgique et la Slovaquie (56 %) et la Suède (46,7 %). Le nucléaire a connu des débuts particulièrement prometteurs dans les années 1950. Mais l’optimisme est retombé avec le temps, et les accidents de Three Mile Island et de Tchernobyl (en 1979 et 1986 respectivement) ont entraîné le rejet de la technologie. Dernièrement, la production d’énergie nucléaire a toutefois commencé à se rétablir, une conséquence des efforts destinés à réduire les émissions de CO2, à diminuer la dépendance au pétrole et au gaz et à abaisser le coût de la production énergétique. La Commission a également indiqué qu’elle était prête à se détacher de son approche traditionnellement « agnostique » sur la question pour adopter une position plus favorable au nucléaire (EurActiv 03/10/07). Depuis les années 1980, époque à laquelle la centrale nucléaire de Kozloduy construite à l’époque soviétique est devenue opérationnelle, la Bulgarie dépend essentiellement de l’énergie nucléaire. Mais face aux pressions de l’UE durant les négociations d’adhésion, le pays a accepté de fermer deux unités de la centrale – un engagement qui doit encore être finalisé et pour lequel la Bulgarie cherche toujours une compensation de l’UE (EurActiv 22/04/08). Avant la fermeture des unités quatre et cinq, la centrale de Kozloduy produisait 44 % de l’électricité du pays, dont 20 % étaient destinés à l’exportation. Cette situation donnait à la Bulgarie une position stratégique, et aujourd’hui perdue, dans la région.

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