Areva en France, Westinghouse Electric Company aux Etats-Unis et le consortium tchéco-russe MIR.1200 ont tous envoyé des propositions pour la construction du troisième et du quatrième réacteurs de la centrale de Temelín, a annoncé hier (3 juillet) l'entreprise énergétique tchèque ČEZ.
L'appel d'offres de la centrale de Temelín est l'un des plus considérables du secteur énergétique européen et le plus important jamais émis en République tchèque. Il représente 7,95 milliards d'euros, voire plus étant donné les retards et les coûts supplémentaires souvent légions dans le secteur.
L'importance de ces coûts a poussé l'entreprise ČEZ à entrer en discussion avec le gouvernement pour s'assurer de la définition de prix minimum pour l'énergie que génèrerait cette nouvelle centrale.
ČEZ, dont l'Etat possède 70 % des parts et qui vaut 15,1 milliards d'euros, doit remplacer certaines de ses centrales à charbon qui rejettent beaucoup de carbone et devront sans doute fermer après 2020.
Le directeur exécutif de ČEZ, Daniel Beneš, aurait déclaré qu’ une fois terminé, le projet de Temelín serait « un pilier de la stratégie de ČEZ ». Il s'est dit satisfait que l'entreprise ait reçu trois offres de la part de géants du nucléaire.
Areva a proposé son réacteur EPR de conception évolutionnaire. EPR est un réacteur de génération III+ à eau sous pression, dont quatre exemplaires sont actuellement en construction en Finlande, en France et en Chine.
Westinghouse, une filiale de Toshiba au Japon, propose quant à elle son réacteur à eau pressurisé qui est muni de deux boucles et est également considéré comme un réacteur de génération III+.
Le consortium MIR.1200 rassemble l'entreprise énergétique Škoda JS et les sociétés russes Atomstroyexport et OKB Gidropress. Son offre concerne des réacteurs VVER-1200, eux aussi de génération III+.
Avantage à la Russie ?
Les entreprises russes ont fourni les six réacteurs encore en fonction dans le pays, bien que deux d'entre eux aient été améliorés par Westinghouse. Elles pourraient donc jouir d'un certain avantage, selon les experts tchèques.
A l'inverse, certains verraient la victoire des Russes d'un mauvais œil, dans la mesure où la République tchèque importe la plus grande partie de son pétrole et de son gaz de la Russie, un pays soupçonné de se servir de l'approvisionnement énergétique comme d'un outil politique.
ČEZ devrait prendre sa décision fin 2013.
« Il est important que nous entamions la construction des prochains réacteurs européens dès que possible. [Temelín] permettrait certainement aux consommateurs européens de pouvoir se sentir plus confiants », a déclaré à Reuters le vice-président régional de Westinghouse pour les relations clientèle et les ventes, Mike Kirst.
L'Autriche, depuis longtemps opposée au nucléaire, partage une frontière avec la République tchèque à tout juste 50 km au sud de Temelín et est contre ce projet. Selon les experts, l'Allemagne pourrait également faire pression sur les Tchèques après qu'eux-mêmes ont décidé d'abandonner l'énergie atomique.





