« Il y aura un autre grand débat [avec Bruxelles], à savoir sur la transformation des services publics », a déclaré M. Orbán lors de sa réunion annuelle avec les diplomates hongrois.
« Le transport, la distribution et le commerce de l'énergie dans le secteur des ménages peuvent facilement devenir des activités sans but lucratif », a-t-il précisé, selon l'agence de presse Reuters.
M. Orbán a affirmé que le gouvernement devait trouver une solution qui n'enfreigne pas les principes du marché unique et de la libre circulation des capitaux. Il n'a pas fourni plus de détails.
Le gouvernement conservateur de M. Orbán a souvent pris le contre-pied de Bruxelles sur des politiques controversées comme la plus importante taxe bancaire en Europe ou les lourdes taxes imposées à certains secteurs d'activité.
Ces nouvelles taxes ont permis de stabiliser le budget, mais elles ont également contribué à l'érosion de la confiance des investisseurs dans les politiques non conventionnelles du gouvernement.
La Hongrie est en pleines négociations avec l’Union européenne et le Fonds monétaire international pour le financement d'un filet de sécurité dont le pays a besoin pour faire baisser ses coûts d'emprunt.
Limiter l'augmentation des prix de l'énergie était l'une des grandes promesses du parti Fidesz de M. Orbán avant les élections de 2010, lors desquelles le Fidesz a remporté les deux tiers de la majorité parlementaire (voir « Contexte »).
Le secteur énergétique hongrois est principalement aux mains d'entreprises étrangères, notamment des entreprises allemandes E.ON et RWE et des françaises EDF et GDF Suez. Ces entreprises ne sont pas disposées à commenter la situation pour l'instant, selon Reuters.
Pas de réduction des retraites
Dans son discours, M. Orbán a écarté la possibilité d'une réduction du montant des retraites. Il a expliqué que les 3 millions de retraités du pays (soit un tiers de sa population) représentaient un segment démographique clé et que leur soutien à la démocratie était l'un des piliers des politiques hongroises.
Depuis l'arrivée au pouvoir de M. Orbán, la Hongrie a été confrontée à plusieurs controverses sur certaines de ses politiques économiques. Le gouvernement a par exemple nationalisé 10 millions d'euros de fonds de pension privés sans que la Commission ne lui oppose une quelconque résistance.
Les actes et déclarations de M. Orbán peuvent sembler inhabituels pour un membre politique du Parti populaire européen, généralement considéré comme favorable aux entreprises. A de nombreuses reprises, le dirigeant a pourtant semblé être animé par une motivation pragmatique et nationaliste, plutôt que par la plateforme de son groupe politique.
La distribution d'énergie aux foyers, que ce soit pour l'électricité, le gaz ou le chauffage central, est un domaine pour lequel l'UE a clairement préconisé l'application des règles du marché libre. Tous les opérateurs sont des entités privées soumises au contrôle des régulateurs nationaux. Toute tentative de retirer à ces activités leur but lucratif devrait en faire sourciller plus d'un dans ce secteur.
Interrogé sur le fait que le projet de M. Orbán pourrait entrer en contradiction avec les règles du marché unique, le porte-parole de la Commission Olivier Bailly a répondu que l'exécutif européen ne ferait aucun commentaire à ce stade, dans la mesure où il ne s'agissait que de simples déclarations. Il a ajouté qu'il n'était pas au courant d'une quelconque consultation de la Commission par les autorités hongroises avant que M. Orbán exprime ses propositions en public.
M. Bailly a précisé que conformément à la procédure normale, l'UE devra faire part de sa position une fois que le gouvernement hongrois l'aura consultée sur ses propositions de loi.
« Pour l'instant, nous ne pouvons rien commenter ou évaluer d'un point de vue juridique », a-t-il conclu.



