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La Roumanie rejette une motion contre l'exploitation du gaz de schiste

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Publié 25 juin 2012, mis à jour 26 juin 2012

Le sénat roumain a largement rejeté une motion visant à interdire l’exploration du gaz de schiste et son exploitation par fracturation hydraulique. Cette décision est un coup dur pour le Parti social-démocrate (PSD) du premier ministre, Victor Ponta, qui avait introduit ce projet de loi en mars dernier.

Ce vote qui s'est tenu le 21 juin a donné lieu à 53 voix pour le rejet, 11 voix contre et 9 abstentions. Il s'est tenu sept semaines après la prise de fonction du gouvernement Ponta. Le parti de M. Ponta avait proposé ce texte lorsqu'il était encore dans l'opposition.

Des manifestations avaient eu lieu dans tout le pays en avril et mai derniers, y compris au sud-est de la Roumanie, où l'exploration du gaz de schiste par Chevron devait commencer. Des manifestations de l'autre côté de la frontière, en Bulgarie, ont également entravé les projets de l'entreprise énergétique américaine Chevron qui souhaitait commencer à forer.

La coalition de gauche USL, menée par le PSD, a remporté les élections du 10 juin en misant surtout sur le respect de l'environnement. L'ancien gouvernement de Mihai Răzvan Ungureanu soutenait l'exploitation du gaz de schiste.

Lors d'un entretien accordé à la presse le 22 juin, M. Ponta a expliqué la position adoptée par le gouvernement.

« Il y a un moratoire [sur le gaz de schiste] jusqu'à décembre », a déclaré le premier ministre. Il a ajouté que son gouvernement ferait connaître sa position à l'issue de cette période moratoire, après les élections législatives d'automne.

La date du scrutin n'a pas encore été définie.

M. Ponta, cité dans la presse, a affirmé qu'il tenterait d'établir un équilibre entre la protection de l'environnement et les besoins énergétiques du pays.

Il a ajouté que les opérations d'exploration qui avaient débuté l'an dernier ne se termineraient pas avant 2018.

« Dans six ans, les techniques auront évolué en Europe et notre décision sera prise en fonction de ces découvertes », a-t-il expliqué aux journalistes.

M. Ponta a également insisté sur le fait que la Roumanie souhaitait s'aligne sur la législation européenne. « Nous ne voulons pas être le seul pays à accepter l'exploitation du gaz de schiste, ni être le seul à s'y opposer. »

L'UE s'abstient pour l'instant de commenter les décisions prises par les Etats membres sur l'interdiction ou l'exploitation du gaz de schiste. Selon une récente étude publiée par la Commission européenne, il n'est pas nécessaire de rédiger un texte de loi spécifique sur le gaz de schiste pour l'instant.

L'ambassadeur américain en Roumanie, Mark Gitenstein, a récemment expliqué sur le site Internet Ziare.com que la Roumanie devait d'abord déterminer si elle disposait ou non de réserves de gaz de schiste pour ensuite décider de payer, comme les consommateurs américains, un prix cinq fois moins élevé pour son gaz.

« Si vous voulez continuer à payer ces prix exorbitants pour le gaz, alors pas la peine d'exploiter le gaz de schiste », a-t-il déclaré.

EurActiv.com - traduit de l'anglais par Amandine Gillet
Victor Ponta va-t-il changer d’avis ?
Contexte : 

Le gaz de schiste est un carburant fossile non conventionnel qui se retrouve dans des fissures naturelles et des fractures du sol. Jusqu'à il y a peu, aucune méthode sûre pour l'acheminer vers la surface n'existait.

Toutefois, en injectant de l'eau, du sable et des produits chimiques dans des formations rocheuses sous haute pression grâce à une technique connue sous le nom de fracturation hydraulique, les entreprises énergétiques pensent avoir trouvé une partie de la réponse aux problèmes de sécurité énergétique de l'Europe.

Cette méthode reste très controversée en raison de ses risques potentiels pour l'environnement, comme la pollution des nappes phréatiques et des émissions de gaz à effet de serre plus importantes que pour le gaz traditionnel.

Les partisans de cette technique affirment que le gaz de schiste représente une alternative aux carburants fossiles traditionnels. Pour le moment, le vieux continent dépend de la Russie pour le gaz et les conflits entre Moscou et Kiev ont entraîné plusieurs interruptions de l'approvisionnement au cours des dernières années.

Aux Etats-Unis, le gaz de schiste représente 16 % de la production de gaz naturel et selon certains experts cette part pourrait grimper à 50 % d'ici 20 ans.

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