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La Russie attaque la Bulgarie en justice pour accélérer la construction d'une centrale nucléaire

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Publié 22 juillet 2011

La Russie tente à nouveau sa chance en poursuivant la Bulgarie en justice dans le but d'accélérer la construction de la centrale nucléaire de Belene, la première dans l'UE qui soit totalement dépendante de la technologie russe. Un reportage de Dnevnik, le partenaire d'EurActiv en Bulgarie.

Atomstroyexport, une filiale de la corporation détenue par l'Etat russe, Rosatom, réclame 58 millions d'euros à l'entreprise nationale électrique (NEK) bulgare pour des retards de paiement concernant le travail effectué sur deux réacteurs nucléaires, a rapporté RIA Novosti hier (21 juillet).

Atomstroyexport accuse la Bulgarie de ne pas respecter les clauses du contrat pour les travaux achevés avant que la construction d'un réacteur de mille mégawatts ne soit interrompue en avril.

L'entreprise a déclaré qu'elle avait introduit une action devant la Cour internationale d'arbitrage de la Chambre de commerce internationale car les retards de paiement pourraient causer des problèmes avec les autorités fiscales et des créditeurs.

Les représentants de la NEK et le ministère bulgare de l'énergie ont déclaré à Dnevnik qu'ils attendraient d'être officiellement informés de ce recours avant de faire des commentaires.

Un représentant du gouvernement a affirmé que si la Russie avait bel et bien introduit une action en justice, la Bulgarie ferait de même, mais pour un plus grand montant.

La catastrophe nucléaire au Japon a intensifié les pressions sur la Bulgarie pour qu'elle abandonne ce projet qui, selon les environnementalistes et certains lobbys, serait en construction sur une zone sismique et coûterait trop cher, rappelle Reuters.

Début juillet, Sofia a annoncé qu'elle interrompait les travaux sur la centrale de Belene jusqu'en septembre, annonçant trois mois de retard supplémentaires pour revoir la sécurité et clarifier les conditions du financement russe du projet.

La Bulgarie a engagé Atomstroyexport en 2006, mais le projet s'enlise dans des différends avec Moscou sur les coûts et des problèmes de financement. La Russie affirme que la construction de la centrale coûtera 6,3 milliards d'euros, alors que Sofia assure quant à elle que les coûts ne dépasseront pas les 5 milliards.

En 2010, Moscou a proposé d'augmenter la capacité d'un prêt pour que le projet continue d'avancer, mais Sofia a rejeté cette proposition, affirmant qu'elle tenterait de trouver un investisseur stratégique.

Les alliés du gouvernement bulgare à Bruxelles et à Washington affirment que ce projet amplifiera la dépendance énergétique de la Bulgarie face à la Russie qui contrôle déjà sa seule raffinerie pétrolière et lui fournit près de 100 % de son gaz naturel.

Le site de Belene, photo Dnevnik
Contexte : 

La Bulgarie dépend fortement de l'énergie nucléaire depuis les années 1980, lorsque la centrale nucléaire Kozloduy, construite par l'Union soviétique, est devenue opérationnelle. Toutefois, suite à la pression exercée par l'UE lors de ses négociations d'adhésion, le pays a accepté de fermer quatre de ses six unités de la centrale, un engagement pour lequel la Bulgarie attend toujours une compensation de l'Union.

Avant que les unités quatre et cinq ne soient fermées, la centrale Kozloduy produisait 44 % de l'électricité du pays, 20 % desquels étaient exportés. Cette situation procurait à la Bulgarie une position stratégique dans la région, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui.

Dans ce contexte, le projet Belene était devenu une priorité sous le précédent gouvernement du premier ministre socialiste Sergey Stanishev. Après des années de déboires, M. Stanishev a donné le premier coup de bêche pour la construction de la centrale Belene de deux mille mégawatts en septembre 2008.

Cependant, le nouveau premier ministre bulgare, Boyko Borissov, a déclaré qu'il demanderait l'avis de la Commission européenne sur les trois principaux projets énergétiques avec la Russie qui avaient été négociés par les gouvernements précédents : le projet de gazoduc South Stream, l'oléoduc Burgas-Alexandroupolis et la nouvelle centrale nucléaire de Belene.

Cette dernière pourrait être opérationnelle en 2013-2014.

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