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L'abandon du nucléaire en Allemagne frappe le géant E.ON

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Publié 11 août 2011, mis à jour 30 août 2011
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Germany, nuclear energy

E.ON, premier groupe mondial de services aux collectivités de par son chiffre d'affaires, a tout comme beaucoup d'autres entreprises publié un bénéfice semestriel faible. Cette mauvaise nouvelle fait suite à la décision de l'Allemagne d'abandonner l'énergie nucléaire, ce qui a terni les perspectives de rentabilité du groupe, réduit son dividende et entraîné la perte de 11 000 emplois. L'entreprise est clairement considérée comme l'une des victimes des projets du pays quant à l'abandon du nucléaire.

Le directeur financier de l'entreprise, Marcus Schenck, a également déclaré lors d'une conférence téléphonique que les bénéfices d'E.ON ne se rétabliraient pas à court terme.

« Selon nos prévisions actuelles, les résultats de 2012-2014 seront beaucoup moins bons qu'en 2010 », a-t-il affirmé.

A 5 h 48 (heure de l'Est), les actions d'E.ON, qui ont perdu environ un tiers de leur valeur depuis le début de l'année, perdaient 0,5 % atteignant leur plus bas niveau depuis fin 2003.

E.ON a affirmé mercredi qu'elle s'attendait à des gains avant intérêts, taxes, dépréciation et amortissement (EBIDTA) de 9,1-9,8 milliards d'euros par rapport aux prévisions précédentes de 10,7-11,4 milliards.

L'entreprise a également revu ses perspectives à la baisse s'agissant de ses bénéfices nets ajustés de 3,0-3,7 milliards d'euros à 2,1-2,6 milliards.

« Même si le prix des actions a déjà reflété l'ajustement anticipé des directives financières d'E.ON ces dernières semaines, nous pensons que le réel résultat des ajustements de ces directives représentera tout de même un choc pour le marché », a expliqué Sebastian Zank, analyste chez Silvia Quandt.

Restructuration

E.ON a affirmé qu'elle procéderait à une restructuration en supprimant notamment 11 000 emplois à moyen terme (14 % de son personnel). L'entreprise est la dernière victime en date de la décision allemande de fermer toutes les centrales nucléaires d'ici 2022.

« Nous ne sommes pas immunisés contre les évolutions négatives de nos marchés », a déclaré Johannes Teyssen, le patron du groupe.

E.ON, qui a également abaissé son dividende de 1,30 à 1,00 euro pour 2011, a ajouté que les suppressions d'emplois concerneraient en premier lieu les postes administratifs.

Mardi, son concurrent RWE a annoncé un recul de 40 % de son bénéfice d'exploitation brut au premier semestre, ce qui serait également dû à l'abandon du nucléaire qui a précédemment frappé de plus petites entreprises, telles que EnBW et Vattenfall VATN.UL.

Les analystes s'inquiètent également à propos de la dette nette élevée d'E.ON (actuellement à 33,6 milliards d'euros) qui est le résultat d'acquisitions majeures ces dernières années. L'agence de notation S&P a d'ailleurs qualifié de négatives les perspectives de l'entreprise suite à la décision de l'Allemagne d'abandonner l'énergie atomique.

L'EBITDA ajusté du groupe a plongé à 4,3 milliards d'euros au premier semestre et son bénéfice net ajusté a baissé pour atteindre 900 millions. Les analystes avaient précédemment prévu un EBITDA ajusté de 4,69 milliards d'euros et un bénéfice net ajusté de 1,16 milliard.

EurActiv avec Reuters Article EurActiv traduit de l'anglais par Amandine Gillet

Contexte : 

L'Allemagne fermera tous ses réacteurs nucléaires d'ici 2022. C'est ce qu'a décidé le gouvernement de coalition de la chancelière Angela Merkel le 30 mai, suite à la catastrophe de Fukushima au Japon qui a entraîné un important revirement politique.

Le gouvernement de coalition allemand souhaite que les huit plus vieux réacteurs du pays (sur 17 en tout) restent définitivement fermés. Sept réacteurs ont été temporairement fermés en mars, juste après le séisme et le tsunami qui ont frappé Fukushima. Le huitième ne fonctionne plus depuis des années.

Jusqu'à récemment, l'Allemagne tirait 23 % de son énergie des centrales nucléaires. La politique nucléaire est très controversée en Allemagne et a permis aux Verts de remonter dans les sondages. Ils ont d'ailleurs pris le contrôle d'un des bastions du CDU, le Bade-Wurtemberg, lors des élections du mois de mars.

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