L’ International Renewable Energy Agency (IRENA) a été créée pour contrebalancer l’Agence internationale de l’Energie, qui a été critiquée pour favoriser les carburants fossiles au détriment des énergies vertes. IRENA devrait offrir des conseils à la fois aux pays industrialisés et aux pays en développement sur la manière d’atteindre une part d’énergies renouvelables plus élevée et de promouvoir des mécanismes financiers et des transferts de technologies de meilleure qualité pour les nations en développement (EurActiv 03/11/08).
L’initiative a été fortement soutenue par l’Allemagne, qui a invité tous les pays des Nations Unies à se rendre à la conférence de lancement. 75 pays ont signé le traité constitutif.
Les Etats-Unis et le Royaume-Uni, toutefois, ont décidé de ne pas s’engager pour l’instant auprès du nouvel organe. Les Etats-Unis devraient rejoindre l’agence à un stade ultérieur, dès que la nouvelle administration du président Obama aura fixé des objectifs plus ambitieux quant à la part des énergies renouvelables dans la production énergétique. En effet, M. Obama a promis que dans le nouveau plan de relance des Etats-Unis, 100 milliards seraient destinés aux politiques relatives à l’énergie propre et à l’environnement.
Quant au Royaume-Uni, il semble peu disposé à signer une initiative qui, selon lui, entrave le pouvoir de l’Agence internationale de l’Energie soutenue par l’ONU. Toutefois, Londres n’a pas exclu la possibilité de rejoindre l’IRENA par la suite si d’autres pays pollueurs majeurs comme la Chine, les Etats-Unis et le Japon s’engageaient à l’égard des objectifs de l’agence.
Même la France aurait hésité jusqu’à la dernière minute à adhérer à l’agence, après que le ministre de l’Environnement Jean-Louis Borloo a exprimé des réserves par rapport à cette idée, notamment en ce qui concerne la décision de choisir l’anglais comme langue de travail de l’agence.
Parallèlement, d’autres responsables politiques ont accueilli l’initiative avec enthousiasme. La ministre allemande du Développement, Heidemarie Wieczorek-Zeul, a déclaré que les énergies renouvelables offraient un potentiel important pour l’industrie allemande, étant donné que les technologies environnementales sont bien développées dans le pays. Les politiques de l’énergie et du climat sont désormais des composantes fixes des politiques allemandes en matière d’affaires étrangères et de sécurité, a-t-elle indiqué, soulignant qu’avec IRENA, l’Allemagne souhaite soutenir la percée internationale des énergies renouvelables et réduire les rivalités mondiales entre les énergies fossiles et les autres sources d’approvisionnement.
Le commissaire à l’Energie Andris Piebalgs a demandé aux Etats membres de l’UE de participer à l’agence et a ajouté qu’il cherchait à obtenir un mandat pour que la Commission y prenne également part. Il a déclaré que la portée mondiale de l’organe et le fait qu’il dispose d’un budget de 25 millions de dollars pouvaient faire une réelle différence. L’agence peut, selon le commissaire, aider les pays de l’UE à atteindre des objectifs individuels conformément à leur obligation commune d’accroître la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique de l’UE de 20 % d’ici à 2020 (voir LinksDossier EurActiv).
L’eurodéputé vert Claude Turmes, qui était le négociateur en chef du Parlement sur la nouvelle législation relative aux énergies renouvelables approuvée le mois dernier (EurActiv 09/12/08), a adopté un pont de vue similaire. L’Europe a tout à gagner en jouant activement un rôle international pour développer les énergies renouvelables, a-t-il indiqué, relevant que cela aidera à faire des énergies renouvelables la priorité du bouquet énergétique européen. Il a ajouté qu’un rôle actif permettra à la fois d’accroître l’indépendance énergétique de l’UE et de créer des emplois, deux éléments dont l’UE a instamment besoin.
Une réunion préparatoire sera tenue en juin afin de décider du siège de l’agence et du nom de son premier directeur général. Ces décisions devraient causer une nouvelle controverse étant donné qu’un certain nombre de pays, notamment l’Allemagne, l’Espagne et le Kenya, souhaitent accueillir l'IRENA.



