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L'annulation du projet de centrale nucléaire russe en Bulgarie pourrait coûter 1 milliard d'euros au pays

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Publié 11 septembre 2012, mis à jour 12 septembre 2012

L’entreprise russe Atomstroyexport espère obtenir 1 milliard d’euros de compensation suite à la décision de la Bulgarie d’annuler son projet de construction d'une centrale nucléaire à Béléné, près du Danube. Un reportage de Dnevnik, le partenaire d’EurActiv en Bulgarie. 

En mars dernier, la Bulgarie a abandonné son projet de construire une seconde centrale nucléaire fondée sur la technologie russe.

Le quotidien russe Vzglyad a cité l'ambassadeur bulgare à Moscou, Boyko Kotsev, affirmant que la Bulgarie avait annulé le projet pour des raisons budgétaires.

La centrale de Béléné pourrait toutefois coûter un os au pays, et ce même si le projet n'est pas mené à terme. Selon Dnevnik, Atomstroyexport a porté sa demande de compensation auprès de l'entreprise nationale d'électricité (NEK) à 1 milliard d'euros. Le quotidien a fait savoir aujourd'hui (11 septembre) qu'une procédure avait été engagée auprès de la Cour internationale d'arbitrage à Paris. L'entreprise russe avait déjà réclamé 58 millions d'euros.

L'agence de presse russe ITAR-TASS a rapporté que les nouvelles demandes d'Atomstroyexport reprenaient les coûts de construction, d'équipement, de stockage et les dépenses occasionnées par les tests de résistantes de l'UE suite à la catastrophe de Fukushima au Japon. L'entreprise souhaite également obtenir une compensation pour les services contractés après que la Bulgarie a interrompu les paiements.

Les relations entre la Bulgarie et la Russie dans le secteur de l'énergie sont plus que complexes. La Bulgarie dépend de la Russie pour 89 % de son pétrole, 100 % de son gaz naturel et 100 % de l'énergie nucléaire nécessaire pour la centrale électrique de Kozloduy dont deux réacteurs sont en activité.

La Bulgarie est par ailleurs en train de négocier un accord avec Gazprom sur l'approvisionnement de gaz naturel à long terme. Dans le même temps, l'accord conclu cet été, conformément auquel Sofia associe son engagement envers le gazoduc South Stream à l'obtention d'un prix plus intéressant pour le gaz, a fait sourciller Bruxelles.

En plus de Béléné, la Russie a des intérêts dans la construction du gazoduc South Stream et du pipeline Burgas-Alexandroupolis sur le territoire bulgare (voir « Contexte »). Le projet de pipeline serait apparemment en suspens.

Contexte politique

Lorsque le projet de Béléné a été annulé, le Parti socialiste bulgare dans l'opposition (BSP) a fustigé le gouvernement pour avoir pris une décision « influencée par certaines ambassades, dont l'ambassade américaine ».

Le premier ministre, Boyko Borissov, a quant à lui reproché aux socialistes d'avoir décidé de poursuivre le projet sans connaître son prix final. Le pays surendetté peut difficilement se permettre des investissements à grande échelle, selon la plupart des économistes.

L'avenir du projet de Béléné reste incertain. Le BSP affirme avoir rassemblé 800 000 signatures en faveur de la tenue d'un référendum sur la construction de la centrale nucléaire conformément aux plans initiaux. Les signatures sont actuellement analysées par les autorités du pays. Si le nombre requis est atteint (500 000 signatures), le référendum pourrait être organisé au printemps 2013.

Selon de nombreux experts, le BSP prévoit de profiter de cette campagne en faveur de Béléné pour accroître sa base électorale en amont des élections législatives de l'été 2013.

EurActiv.com - traduit de l'anglais par Amandine Gillet
The Belene site (photo: Dnevnik)
Contexte : 

La Bulgarie dépend fortement de l'énergie nucléaire depuis les années 1970, lorsque la centrale nucléaire Kozloduy, construite par l'Union soviétique, est devenue opérationnelle. Toutefois, sous la pression de l'UE lors des négociations d'adhésion, le pays a accepté de fermer quatre des six réacteurs de la centrale.

Avant la fermeture de ces unités, Kozloduy produisait 44 % de l'électricité du pays et 20 % de cette énergie était exportée. Cette situation procurait à la Bulgarie une position stratégique dans la région, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui.

Dans ce contexte, le projet de Béléné est devenu une priorité du précédent gouvernement du premier ministre socialiste Sergueï Stanishev. Après des années de difficultés, M. Stanishev a finalement lancé la construction de la centrale de 2000 mégawatts de Béléné en septembre 2008.

L'actuel premier ministre bulgare, Boïko Borissov, a toutefois affirmé qu'il interromprait tous les grands projets énergétiques impliquant une participation des Russes négociée par les précédents gouvernements tant qu'il n'aurait pas reçu le feu vert de ses pays partenaires de l'Occident. En plus de Béléné, les projets en question sont le gazoduc South Stream et le pipeline Burgas-Alexandroupolis.

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