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Le Parlement allemand appelle à des règles plus strictes sur la fracturation

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Publié 04 février 2013, mis à jour 05 février 2013

La Chambre haute du Parlement allemand a approuvé une résolution non contraignante vendredi (1er février). Elle exhorte le gouvernement de la chancelière Angela Merkel à renforcer les règles des techniques de forage modernes mais controversées, à savoir la fracturation, pour le gaz non traditionnel.

Cette résolution augmente la pression sur le gouvernement afin qu'il rédige des règles claires pour cette pratique, qui pourrait augmenter les risques liés aux séismes et même polluer l'eau potable, selon des critiques.

La Chambre haute, le Bundesrat, qui représente les 16 États fédérés d'Allemagne, a approuvé une résolution qui demande une appréciation de l'impact environnemental de la fracturation et une consultation publique avant de lancer ce processus.

« Il s'agit de rejeter l'utilisation de cette technologie tant que les risques ne sont pas clairs à 100 % », a déclaré au Bundesrat Torsten Albig, le ministre-président social-démocrate (SPD) du Schleswig-Holstein, un land du nord du pays. Il a ajouté que la sécurité des personnes devait être l'une des priorités principales.

Le commissaire en charge de l'énergie, Günther Oettinger, a toutefois exhorté l'Allemagne à faire preuve d’ouverture d’esprit quant à la fracturation. Il a déclaré que l'UE souhaitait développer cette pratique afin de réduire la dépendance européenne à des importations de réserves conventionnelles.

Un puissant groupe de pression du secteur en Allemagne a déploré que des entreprises puissent perdre leur avantage compétitif par rapport aux concurrents américains, en raison de l'essor qui a mené à une forte chute des prix du gaz aux États-Unis.

Les coûts de l'énergie, et non les coûts salariaux, constituent désormais un facteur décisif pour certaines entreprises énergivores dans le choix du lieu d'établissement, a déclaré M. Oettinger lors d'une conférence à Munich. Il a prévenu que l'Europe pourrait être confrontée à une désindustrialisation.

Essor du schiste

Aux États-Unis, de nouveaux procédés industriels ont contribué à un essor du gaz de schiste ces dernières années. Le pays n'est plus dépendant des besoins d'importation et a changé les flux gaziers sur le marché mondial.

Les industries gazière et pétrolière américaines tenteraient d'apaiser les craintes environnementales en développant des fluides de forage non toxiques à utiliser dans le projet. Des questions liées aux techniques et aux coûts pourraient toutefois restreindre l'implantation de l'industrie. Des associations de défense de l'environnement ont souligné que des problèmes tels que l'émission de méthane et le rejet d'eau polluée pourraient ne pas être abordés.

>> Lire : L’UE redoute la hausse de l’exploitation du gaz de schiste aux États-Unis

Certains analystes estiment qu'un besoin moindre en ressources énergétiques du Moyen‑Orient pourrait réduire l'implication des États-Unis dans la région et libérer une capacité militaire à déployer ailleurs.

D'autres affirment que la région constituera toujours un centre énergétique indispensable pour d'autres États dont les États-Unis ne peuvent pas se passer complètement.

Dans un cas comme dans l'autre, l'économie russe axée sur le gaz sera confrontée aux défis causés par l'essor du schiste américain. La Russie a déjà commencé à offrir des rabais après que le bénéfice d'exploitation de Gazprom a chuté de plus de 25 % au cours des neuf premiers mois de l'année dernière.

Résolution

Cette résolution a été proposée par les États fédérés dirigés par des partis de l'opposition à la Chambre, le SPD et les Verts. Dans le Bundesrat, la coalition de centre droit d'Angela Merkel n'a pas la majorité.

Des permis de fracturation, délivrés par les États fédérés, peuvent seulement être accordés s'il est absolument clair qu'il n'existe aucun risque pour l’approvisionnement d'eau, selon cette résolution.

L'Allemagne produit seulement 14 % du gaz qu'elle utilise et le gaz de schiste pourrait permettre d'atténuer les effets des ressources en baisse. Certaines entreprises, dont ExxonMobil, insistent pour que l'Allemagne explore ces possibilités.

Selon l'Institute for Geoscience and Natural Resources (BGR) en Allemagne, l’extraction de 0,7 mille milliard à 2,3 mille milliards de mètres cubes de gaz pourrait être techniquement faisable. L'essentiel des réserves est situé dans la plaine d'Allemagne du Nord.

La fracturation hydraulique implique l’injection de grandes quantités d'eau et de produits chimiques sous haute pression à travers des trous de forage afin d'ouvrir les roches bitumeuses et de libérer le gaz piégé en dessous.

L'Allemagne ne dispose pas de règles nationales sur la fracturation, ce qui laisse aux États fédérés le choix de délivrer des permis ou non. Au cours des derniers mois, il y a toutefois eu un gel de fait de l'octroi des licences en Allemagne.

Certains autres pays européens, dont la Grande-Bretagne, la Pologne et l'Ukraine, commencent également à explorer les possibilités du gaz de schiste.

Prochaines étapes : 
  • 2013 : possible réglementation européenne sur le gaz de schiste

EurActiv.com avec Reuters - Article traduit de l'anglais
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Contexte : 

Le gaz de schiste est un carburant fossile non conventionnel qui se retrouve dans des fissures naturelles et des fractures du sol. Jusqu'à il y a peu, aucune méthode sûre pour l'acheminer vers la surface n'existait.

Le gaz de schiste est extrait à la surface grâce à la fracturation hydraulique. Ce processus consiste à briser des couches de schiste en injectant des liquides et un certain nombre d'additifs chimiques sous haute pression, ce qui libère les réserves de gaz.

Alors que les entreprises énergétiques pensent avoir trouvé une partie de la réponse aux problèmes de sécurité énergétique de l'Europe, cette méthode reste très controversée en raison de ses risques potentiels pour l'environnement, comme la pollution des nappes phréatiques et des émissions de gaz à effet de serre plus importantes que pour le gaz traditionnel.

Les partisans de cette technique affirment que le gaz de schiste représente une autre solution aux carburants fossiles traditionnels. Pour le moment, le vieux continent dépend de la Russie pour le gaz et les conflits entre Moscou et Kiev ont entraîné plusieurs interruptions de l'approvisionnement au cours des dernières années.

Aux États-Unis, le gaz de schiste représente déjà 16 % de la production mondiale de gaz naturel et certains experts prévoient que cette part pourrait grimper à 50 % d'ici 20 ans.

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