Le ministère lituanien de l'énergie a précisé dans un communiqué que la centrale de Visaginas serait le premier projet régional pour l'énergie nucléaire dans la région balte.
Ce projet implique trois entreprises énergétiques des États baltes et les investisseurs stratégiques Hitachi et General Electric, via leur entreprise commune Hitachi-GE Nuclear Energy Ltd.
L'avis de la Commission publié le 8 juin autorise les dirigeants des projets d'énergie nucléaire à demander des financements à l'UE, peut-on lire dans ce communiqué. Ce document confirme également la volonté du pays d'atteindre, grâce à ce projet, son objectif premier en matière de politique énergétique : l'indépendance énergétique d'ici 2020.
Contactée par EurActiv, la Commission européenne a insisté sur le fait qu'elle n'apporterait pas son soutien financier à la production d'énergie nucléaire en Lituanie ou dans d'autres pays de l'UE. Un fonctionnaire de la Commission a déclaré que les projets nucléaires ne pouvaient être estampillés « projets d'intérêt européen » dans le cadre du réseau transeuropéen d'énergie (RTE-E).
L'avis favorable de l'exécutif européen est toutefois une condition sine qua non à l'allocation de prêts de la Banque européenne d'investissement (BEI) pour ces projets.
La centrale de Visaginas sera construire sur le site de la centrale nucléaire Ignalina bâtie lors de la période soviétique et fermée en 2009 (voir « Contexte »).
Concurrence russe
L'un des propos de la Commission relayés dans cet avis risque toutefois de poser problème. L'exécutif européen affirme que la centrale de Visaginas devra rester viable sur le plan économique « même lorsque d'autres centrales nucléaires seront ouvertes dans la région ».
Le Bélarus serait justement en train de planifier la construction d'une centrale nucléaire avec la technologie russe à Astraviec, à une cinquantaine de kilomètres de Vilnius. La Russie serait prête à financer la construction de cette centrale pour aider son voisin en difficulté économique, selon la presse. Un contrat général de construction devrait être signé ce mois-ci, ont rapporté les médias bélarusses.
En outre, la Russie a récemment entamé la construction d'une centrale électrique nucléaire dans son enclave de Kaliningrad, région limitrophe avec la Lituanie. La centrale de Kaliningrad est considérée comme un projet en concurrence avec Visaginas. Selon Rosatom, l'entreprise nucléaire russe, 49 % des parts de la centrale de Kaliningrad seront proposées à des entreprises européennes, ce qui en ferait la première centrale nucléaire russe avec des participations étrangères.
La centrale de Visaginas sera équipée d'un réacteur à eau bouillante avancé (ABWR) de chez Hitachi-GE, décrit comme le seul réacteur de troisième génération éprouvé à l'échelle mondiale avec un niveau de sécurité renforcé et une capacité nette de 1 340 mégawatts. Une convention de concession a été conclue avec l'entreprise le 30 mars dernier.
L'investissement total est estimé à 5 milliards d'euros et la construction devrait débuter en 2015. Les opérations commerciales devraient quant à elles débuter en 2020-2022.
Selon les données disponibles, la centrale de Kalingrad sera équipée de deux réacteurs VVER-1200 à eau pressurisée, avec une capacité de 1 150 par réacteur. Le premier réacteur devrait être opérationnel d'ici 2017 et le second l'année suivante. Le coût total de cette centrale devrait s'élever à 6,8 milliards d'euros.
La Lituanie a exprimé à plusieurs reprises ses inquiétudes quant au projet russe de construction de centrales nucléaires dans la région. Darius Semaška, conseiller de la présidente lituanienne, Dalia Grybauskaitėn a récemment démenti l'information selon laquelle les Russes avaient apporté des réponses à Vilnius.





